Satan, l’Enfer et la « damnation éternelle »

Révélation de Jésus Christ reçue par Bertha Dudde :

«Damnation éternelle» – Lumière – la volonté de Lucifer ? | 9 décembre 1955

Dans Mon Royaume la Lumière est continuellement reçue et rayonnée. Le Courant de Lumière coule sans interruption et béatifie tous les êtres qui sont réceptifs à la Lumière. Leur béatitude augmente continuellement, elle agrandit même continuellement sa plénitude d’amour, et ainsi ces êtres de Lumière doivent être sans interruption actifs parce qu’ils y sont poussés par l’amour. Leur activité consiste à rayonner au-delà la Lumière qu’ils reçoivent de Moi, parce qu’ils connaissent le tourment de l’obscurité et veulent aider toutes les âmes à lui échapper, ils répandent la Lumière même dans les sphères obscures où ils doivent seulement trouver des âmes de bonne volonté pour l’accueillir, des âmes qui désirent la Lumière. Chaque âme de bonne volonté reçoit la Lumière. Je n’impose pas d’autres Conditions que celle que l’âme doive vouloir que lui soit donné la Lumière, pour ensuite la pourvoir richement avec la Lumière directement ou bien au travers des messagers de la Lumière et de l’amour qui sont actifs sur Mon Ordre. Pour combien une âme demeure dans l’obscurité la plus profonde, son désir pour la Lumière est toujours satisfait et cela signifie déjà une libération de l’obscurité, parce que Mon Assistance constante est pour la libération de l’âme de l’abîme, pour le Retour dans Mon Royaume où règnent Lumière et Béatitude. Croyez-vous peut-être que Je laisserais dans l’abîme une âme de bonne volonté ? Croyez-vous que Je la laisserais languir, que Je ne M’attendrirais pas d’elle si elle demande d’échapper à l’obscurité ? À vous les hommes il est enseigné la «damnation éternelle». Et cette Parole équivaut à un verdict de juge d’un Dieu irascible et punitif que Je ne Suis pas. Je Suis un Dieu d’Amour et de Justice et vu que Ma Justice doit vous pourvoir selon l’état de votre âme qui est souvent si terrible que seulement l’abîme le plus profond peut être votre séjour, donc Mon Amour se donne du mal pour vous préserver de ce sort. Mon Amour vous enlève de cette obscurité si seulement vous ne Me prêtez aucune résistance. C’est la résistance qui empêche à Mon Amour de S’approcher des âmes parce que Je ne les force pas à la Béatitude. Mais là où la résistance cède ou bien est entièrement déposée, là Mon Rayon d’Amour peut exercer son effet, là il peut influer la Lumière en plénitude et un état atroce sera terminé dans l’éternité. Et maintenant vous savez aussi que Je ne veux aucune damnation éternelle, que Je libère chaque âme qui désire la libération ; parce que pour cela Je suis mort sur la Croix, pour que cette Libération, cette libération du pouvoir de Satan, puisse avoir lieu, parce que selon la Justice divine le péché devrait vous retenir dans l’abîme et il ne pourrait y avoir aucune libération si la faute des péchés n’était pas éteinte justement par le Sacrifice de la Croix, et ce Sacrifice de la Croix a été porté pour tous. Aucun être n’est exclu et donc il peut être aussi une libération de l’enfer pour l’âme qui veut le fuir. Croyez-vous peut-être que Mon adversaire ait été exclu de cette Libération ? Croyez-vous qu’il ne pourrait pas arriver à la Bénédiction de Mon Sacrifice de la Croix, si cela était sa volonté ? Mais le fait qu’il fasse rage toujours encore contre Moi, qu’il emploie tous les moyens pour éloigner de Moi les hommes, qu’il influence l’humanité au point qu’elle soit arrivée à un état spirituel qui rend nécessaire une dissolution des Créations sur la Terre est un signe que sa volonté n’est pas encore changée, qu’il est encore dans la plus forte adversité contre Moi, qu’il n’est pas intéressé de revenir à Moi. Il est toujours rempli de fausseté et ce qu’il entreprend est toujours seulement dans l’intention de conquérir les âmes qu’il croit perdre. Parce qu’en Vérité, le changement de sa volonté serait soutenu par Moi au travers d’un inhabituel Rayonnement d’Amour et l’œuvre de Salut de cet être premier-tombé aurait réussi. Mais cet instant est encore infiniment loin. Un jour cependant Je le conquerrai aussi, parce que Mon Amour ne condamne aucun être dans l’éternité. Amen

Extrait du Grand Évangile de Jean, Jacob Lorber:

Rocle dit : « Pour te faire une confession parfaitement sincère, pas entièrement ; car je t’ai entendu mentionner l’inspiration de Satan ! N’est-ce pas là l’esprit très méchant de qui proviendraient à l’origine, selon la religion juive, tout mal et toute corruption sur terre ? Jusqu’ici, je considérais cela comme une allégorie juive, et suis donc tout surpris d’entendre soudain ce mot dans ta bouche! En vérité, je te tiens pour le plus sage d’entre les hommes, et je crois désormais fermement qu’il y a un Dieu très sage et tout-puissant qui a créé tout ce que contient l’espace infini, et que tu portes en toi aujourd’hui l’essentiel de l’esprit de ce Dieu ; mais je m’étonne fort que tu te mettes à présent à me parler de cette vieille fable juive qu’est Satan, et bientôt peut-être, qui sait, de toutes sortes de diables, ou même de l’enfer des Juifs. Satan, les démons ou l’enfer ont-ils donc vraiment quelque réalité ? Je t’en prie, explique-moi un peu cela ! »
Je dis : « Tu trouveras dans le livre que le jeune homme t’a remis par l’intermédiaire de Ruban la manière dont il faut entendre toutes ces choses qui te paraissent encore incompréhensibles ; au reste, considère les opposés que sont l’esprit et la matière, la vie et la mort, l’amour et la haine, la vérité et le mensonge, et tu commenceras sans doute à concevoir que toutes ces choses doivent bien apparaître sur un terrain quelconque, sans quoi elles ne se manifesteraient jamais d’une manière perceptible ! Si le mal n’avait pas un terrain sur lequel se développer, comment viendrait-il à l’esprit des hommes ? Si tu réfléchis à cela, toi qui es un homme intelligent, tu te rendras compte, peut-être, que l’on ne peut mettre toutes ces choses — tels la vérité et le mensonge, et d’autres opposés de cette nature — sur le dos d’un Dieu très grand et très bon ! Ou peux-tu vraiment supposer que Dieu, qui est Lui-même la vérité suprême, aurait mis un sens du mensonge au cœur de l’homme afin que celui-ci puisse ensuite pécher contre l’ordre divin et faire et dire toutes sortes d’obscénités ? Oh, il n’en est rien ! En esprit, Dieu a créé l’homme à Son image, c’est-à-dire pur, véridique et bon. Mais, parce que l’homme spirituel devait aussi, comme condition de son existence ultérieure, suivre le chemin de la chair, il devait, selon les dispositions supérieures de l’Esprit divin, tirer celle-ci de la matière de la terre ; et c’est dans la chair que l’esprit de l’homme trouve le contrepoids qui le met à l’épreuve, et qui a nom tentation ! Mais cette tentation réside non seulement dans la chair de l’homme, mais dans toute matière ; et c’est parce que la matière n’est pas ce qu’elle paraît être qu’elle est, pour l’homme qui s’éprouve lui-même, mensonge et tromperie, donc un faux semblant d’esprit, à la fois présent et absent. Présent, parce que la matière existe pour la chair de l’homme qu’elle séduit ; absent, parce que la matière n’est pas ce qu’elle paraît être. Comprends bien cela : cet esprit trompeur, parce qu’il est en soi un mensonge du début à la fin, c’est précisément l’esprit du monde de la matière, et c’est cela qu’on appelle « Satan » ou « le maître de tous les diables ». Quant aux diables ou démons, ce sont les esprits du mal individuels émanant de cet esprit du mal universel que Je viens de te décrire. Ainsi, un homme qui s’éprend de la matière sous toutes ses formes et fonde sur elle toute son existence pèche contre l’ordonnance divine, qui n’a mis la matière à sa disposition que temporairement, afin qu’il la combatte et se fortifie en vue de l’immortalité par l’usage d’un libre arbitre total. Et la conséquence du péché est la mort ou l’anéantissement de tout ce que l’âme de l’homme s’était approprié dans la matière, parce que, comme Je te l’ai montré, toute matière n’est rien sous sa forme apparente. Ainsi donc, quand tu aimes le monde et son agitation et que tu cherches à t’enrichir de ses trésors, tu es pareil, en vérité, à un fou à qui l’on présenterait une belle fiancée parée et qui, n’en voulant pas et n’en éprouvant nul désir, se jette au contraire avec toute l’ardeur d’un fanatique aveugle sur l’ombre de la fiancée et la couvre de baisers ! Mais quand la fiancée s’en ira, elle emportera assurément son ombre avec elle ! Que restera-t-il alors à ce fou ? À l’évidence, rien ! Et qui plaindra ce fou d’avoir perdu ce qu’il aimait tant ? Au contraire, on lui dira : « Pauvre idiot, pourquoi n’as-tu pas embrassé la vraie plutôt que son ombre, qui n’était évidemment rien ?! » Et l’ombre peut-elle être autre chose que l’absence de lumière qui résulte nécessairement de la présence d’une forme dense opposée à une quelconque lumière, parce que le rayonnement lumineux ne peut traverser un corps solide et dense ? Et ce que ton ombre est à ton corps lorsque tu te tiens ou que tu marches sous une lumière, la matière avec tous ses trésors l’est à l’esprit ! Elle est une tromperie inévitable, et en soi un mensonge, puisqu’elle n’est pas telle qu’elle apparaît aux sens du corps. Mais ce mensonge et cette tromperie sont déjà jugés en ce sens que la matière se révèle nécessairement aux yeux de l’esprit comme une chose transitoire, qui n’est que le reflet extérieur, l’ombre d’une vérité intérieure profonde, alors que l’âme, dans son amour aveugle du monde, préférait la voir dans une réalité où elle demeurerait en permanence ce qu’elle paraît être. »
« Mais s’il en est ainsi, quel bénéfice l’âme trouvera-t-elle à conquérir pour l’homme de chair tous les trésors matériels de la terre, si, ce faisant, elle s’enfonce dans la chair avec ses désirs animaux et ordinaires, et que sa sphère spirituelle en souffre et perde la réalité de la vraie vie ?! Où prendra-t-elle, dans l’au delà, de quoi devenir véritablement quelque chose, elle qui se sera dissoute dans le néant de la matière ? ! Oui, ami, à celui qui a déjà, on peut toujours donner quelque chose, et il y gagnera ! Mais il en va tout autrement de celui qui n’est lui-même rien et n’a rien ! Comment donner à ce qui, s’étant laissé prendre au mensonge, est devenu néant ?! Peux-tu verser un liquide dans un récipient qui n’existe que dans ton esprit et nulle part ailleurs, ou, s’il existe, est percé de tant de trous qu’on ne peut les compter ? Pourra-t-il en garder ne serait-ce qu’une goutte ? Ah, si la matière telle qu’elle est était une réalité permanente et immuable — ce qui est impossible —, elle serait aussi une vérité en tant que ce qu’elle est, et celui qui la conquerrait et la posséderait serait alors en possession d’une vérité ; et quand l’âme se changerait en matière, elle deviendrait aussi une réalité authentique et durable ! Mais, parce que la matière n’est que du spirituel jugé et n’est destinée à durer qu’aussi longtemps que l’élément spirituel originel s’y amasse, s’y reconnaît, puis, gagnant peu à peu en force, dissout la matière qui l’entoure et la transforme en spirituel, une âme devenue mondaine et matérielle ne peut que finir par partager le sort de la matière. Une fois que la matière est dissoute, l’âme subit le même destin. Elle se dissout, au moins pour sa plus grande part, dans les atomes de substance psycho-éthérique de la force originelle, et, après la mort de la chair, il ne reste plus de l’âme proprement dite que, peut-être, une forme animale squelettique sans intelligence, souvent presque totalement sans vie, et n’ayant plus la moindre ressemblance avec un être humain. Une telle âme se trouve alors dans un état que les premiers patriarches ayant le don de vision spirituelle nommaient SHE OUL A (enfer = soif de vie), expression qui décrivait fort justement cet état. Ainsi, la terre elle-même, et, en somme, tout ce que tes sens matériels pourront jamais percevoir, est un véritable SHEOULA. C’est la mort de l’âme, qui est ou plutôt doit devenir esprit ; car toute chose qui cesse d’exister en tant que ce qu’elle était, est morte en tant que ce qu’elle était. L’âme aussi meurt donc, après la mort du corps, si, pour les raisons déjà décrites, elle a presque entièrement perdu son essence humaine et qu’il ne reste d’elle tout au plus qu’un squelette animal. Avant que cette âme enfouie dans la matière retrouve quelque ressemblance avec un être humain, il faudra que s’écoulent des temps d’une durée que tu ne saurais concevoir, et que de temps passera encore avant qu’une telle âme redevienne enfin pleinement humaine ! Tu te dis, bien sûr, que Dieu devrait pouvoir faire tout cela en un instant. À cela, Je réponds que tout est certes possible à Dieu, et que si Dieu voulait des pantins et des automates, il suffirait d’un instant pour que tout l’espace visible en soit rempli ! Mais ces êtres n’auraient aucune volonté propre et libre, aucune vie propre existant et agissant par elle-même. La volonté divine seule, en les traversant, commanderait leurs faits et gestes. Leur vision serait la vision de Dieu, leurs pensées celles de Dieu. De telles créatures seraient pareilles aux membres de ton corps, qui ne sauraient se mouvoir et agir d’eux-mêmes, sans que tu le saches et le veuilles. Mais n’en va-t-il pas tout autrement de tes enfants, qui sont pourtant issus eux aussi de ta chair et de ton sang ? Ils ne dépendent plus de ta volonté, mais ont une vie, une conscience et une volonté qui n’appartiennent qu’à eux. Ils t’obéiront sans doute et suivront tes enseignements et tes commandements, mais toujours par leur volonté parfaitement propre, et non par la tienne, sans quoi tu ne pourrais leur enseigner plus de choses qu’à une statue ou à une pierre ! Et, vois-tu, les créatures qui ont une conscience et une volonté libres et qui doivent se déterminer et se perfectionner par elles-mêmes afin de demeurer à jamais des êtres libres et autonomes, il faut bien que Dieu les ait faites en sorte qu’elles aient la capacité de parvenir à cela ! C’est donc en quelque sorte la graine seule que Dieu doit créer, pourvue de toutes les facultés vitales possibles, comme enfermées dans une gousse ; la suite du libre développement et de l’évolution de la vie doit être laissée à la graine elle-même. Celle-ci doit travailler à attirer à elle la vie qui émane extérieurement de Dieu, et la transformer en sa propre vie indépendante. Et cela ne va pas aussi vite que tu le crois, car une vie embryonnaire n’est pas aussi puissante ni active que la vie toute parfaite qui est en Dieu de toute éternité ! Et c’est parce que toute âme, même la plus corrompue, conserve toujours sa vocation, que, même dans l’au-delà, elle ne peut et, selon l’ordonnance éternelle de Dieu, ne doit trouver le salut qu’en s’aidant elle-même par le peu de moyens dont elle dispose encore. J’espère à présent t’avoir suffisamment expliqué ce que sont exactement Satan, l’enfer et la mort éternelle, et tu ne devrais plus guère avoir de questions pour ce qui est de la clarté de ce sujet. Mais si tu y trouves encore quelque obscurité, dis-le ; car le soleil se couchera bientôt, et nous partagerons alors le repas du soir. »

Rocle dit : « Seigneur et Maître, je vois à présent que ta sagesse et ton intelligence de toute chose sont d’une profondeur insondable, et je dois confesser ouvertement que tu ne pourrais savoir et comprendre toutes ces choses si tu n’étais qu’un homme, si tu n’avais, en tant qu’esprit, pris une part essentielle à toute la Création — et tout est pour moi désormais d’une clarté et d’une évidence que je n’eusse jamais rêvées ! Mais puisque tu as déjà été assez bon pour m’expliquer toutes ces choses extraordinaires, je t’en prie, éclaire encore un peu pour moi cette expression de « Sheoula » et peut-être de mort éternelle, car je ne les comprends pas encore tout à fait. C’est-à-dire que je comprends sans doute la chose à peu près, mais de là à prétendre que je m’y sens tout à fait à l’aise, ce serait me mentir à moi-même ! Aussi, veux-tu bien m’expliquer un peu plus ces deux choses ? » Je dis : « Très bien, écoute-Moi. SHE’, ou encore SHEI ou SHEA, signifie : « a soif [de] » ; OUL ou VOUL, « l’homme abandonné à lui-même », ou, pourrait-on dire, « l’homme-bête » (l’idiot) ; A, « [l’homme-bête a soif de] la consistance [substance] de ce qui fait la sagesse intérieure et la conscience ». Quant au fait que la lettre A ait ce sens, en témoigne la forme des anciennes pyramides d’Egypte, qui représentent à grande échelle les pyramides du cerveau et qui avaient pour vocation d’être des écoles de sagesse, ce dont témoignent aujourd’hui encore leur nom et leur disposition intérieure. Car PIRA MI DAI signifie très clairement : « Donne-moi la sagesse », et leur disposition intérieure était telle que l’homme, y étant entièrement coupé du monde extérieur, devait regarder en lui même pour y trouver la lumière de la vie intérieure. C’est la raison pour laquelle il régnait toujours, dans les vastes couloirs de ces pyramides, une obscurité totale, et la lumière ne s’y faisait que lorsque l’homme se mettait en devoir de tout éclairer par la lumière de sa vie intérieure. Cela te paraît certes un peu étrange ; et pourtant, il en est ainsi ! Car lorsque la vision intérieure d’un homme s’ouvre, il n’y a plus pour lui de nuit ni de ténèbres sur cette terre. Une preuve pour ainsi dire tangible en est donnée par les grands sensitifs lorsqu’ils entrent en extase. Les yeux parfaitement clos, ces gens y voient bien mieux que mille autres avec les meilleurs yeux et les plus perçants ; car ils voient même à travers la matière la plus solide et la plus opaque, ils regardent sans peine de l’autre côté de la terre, et les étoiles mêmes ne sont pas si éloignées que ces hommes plongés dans une extase (magnétique) [C’est-à-dire hypnotique — de même que « magnétisme » est synonyme d’« hypnotisme », et l’était plus encore à la grande époque des expériences spirites. La parenthèse explicative est dans le texte original. N.d.T.] ne puissent les observer par le menu. Quant à la manière dont ces hommes pouvaient entrer dans cet état d’extase bienheureuse — et cela aussi souvent qu’ils le voulaient —, c’est précisément à l’intérieur des pyramides qu’elle était enseignée et surtout activement pratiquée. Et c’est parce que les pyramides servaient à cela qu’on leur a fort justement donné le nom très révélateur de SHE’ OUL A. Les anciens Hébreux en ont tiré l’abréviation SHEOL’, les Grecs leur SCHOLE, les Romains la SCHOLA et les Perses et les Indiens leur SCHEHOL. Mais c’est aussi parce que les anciens sages savaient fort bien, par leurs visions d’extase, combien lamentable était dans l’au-delà, après la mort du corps, la situation des âmes très matérielles, aimant par trop le monde et elles-mêmes, qu’ils ont également appelé ce déplorable état SHE OUL A, enfer ! Qu’un tel état, comparé à l’état de vie d’un véritable sage selon l’ordonnance divine, ait été désigné par le terme de « mort » est assurément tout à fait conforme à la vérité. Et, parce que c’était là une qualité nécessairement constante et durable de tout ce qui a nom « monde » et « matière », il est clair que cet état devait être appelé « mort éternelle » ! Ainsi donc, tant qu’une âme demeure dans un tel état, ici-bas ou dans l’au-delà, elle est de toute évidence dans un état de mort éternelle dont elle ne pourra s’extraire qu’avec la plus grande difficulté ! Bien des âmes devront sans doute travailler des ères entières avant d’atteindre un quelconque résultat ! — Dis-Moi à présent si cela est clair pour toi. »
Rocle dit : « Oui, Seigneur et Maître de toute chose, cela aussi est parfaitement clair désormais ; mais j’ai encore une petite question : comment un homme peut-il se mettre dans cet état d’extase clairvoyante ? Si seulement je pouvais encore savoir par quel moyen on y parvient, je donnerais tout ce qui se peut concevoir pour entrer moi-même de temps en temps dans cet état assurément des plus heureux ! Seigneur et Maître de toute chose, aie la bonté de me donner encore quelques bons conseils à ce sujet. »
Je dis : « Les écoles d’Égypte ont disparu, et il y avait déjà bien longtemps qu’elles n’existaient plus de cette manière ; car dès l’époque de Moïse, elles commençaient à n’aller plus très bien. On n’y dispensait plus qu’un enseignement superficiel, et Platon et Socrate furent à peu près les derniers à avoir quelque vague notion de ce qu’étaient ces écoles de la vie intérieure. Mais si Je suis venu dans la chair de ce monde, c’est bien pour vous donner, à vous les hommes, un précepte de vie encore meilleur, grâce auquel chacun peut atteindre à la plus haute sagesse. Et ce précepte est, en résumé : « Aime Dieu pardessus tout de toutes tes forces, et ton prochain comme toi-même. » Celui qui met pleinement en pratique ce précepte est pareil à Moi et sera ainsi conduit à la sagesse parfaite et à la force qu’elle engendre ! Car en celui qui est plein d’amour envers Dieu, Dieu est présent avec Son amour sans limites et Sa lumière suprême. Avec l’esprit qui est en elle, l’âme s’enivre de toute la lumière de la sagesse divine, aussi doit-elle nécessairement voir et connaître tout ce que cette lumière voit et connaît. Et c’est parce que la toute-puissance éternelle de Dieu consiste précisément dans Son amour infini et illimité que l’âme, dans cet amour divin, n’a qu’à vouloir par la volonté de l’amour de l’Esprit divin qui règne en elle pour que ce qu’elle a voulu arrive ! — C’est là l’évidence la plus vraie qui puisse jamais exister en ce monde. Mais il ne suffit pas, loin de là, de savoir cela et d’y croire, si fermement que ce soit ; il faut aussi le mettre pleinement en pratique dans toutes les circonstances de la vie, même les plus difficiles, et s’y exercer en tout temps ; car seule une pratique zélée et ininterrompue peut faire du disciple un maître ! »