Personne ne le sait, ni les anges des cieux, ni le Fils, mais le Père seul

« Mais seul le Père sait ce qui doit encore arriver,

et nul être à part Lui dans tout l’infini ! Mais celui à qui Il le révélera en temps utile, celui-là le saura également ! Cyrénius dit alors : « Mais Toi, ô Seigneur, Tu dois le savoir très exactement ; car dans Ton esprit, Tu es le Père Lui-même ! » Je dis : « Tu as fort bien parlé ! Le Père est en Moi dans toute Sa plénitude ; mais sous mon apparence extérieure d’homme, Je ne suis pourtant que Son fils et ne sais dans Mon âme que ce qu’il Me révèle ! Je suis certes la flamme de Son amour, et Mon âme est la lumière issue du feu de l’amour du Père ; mais vous savez bien comment la lumière agit merveilleusement en tout temps et en tout lieu ! Le soleil d’où vient la lumière a une organisation intérieure et profonde merveilleuse ; mais celle-ci n’est connue qu’au plus profond du soleil lui-même. Sa lumière extérieure, bien qu’elle vivifie toute chose, n’en sait rien, et elle ne projette nulle part d’image qui permettre d’observer l’organisation intérieure et profonde du soleil. Oui, le Père est en Moi de toute éternité ; mais ce qui est au plus profond de Lui ne se révèle à Mon âme que lorsqu’il le veut Lui-même. Je sais pourtant tout ce qui fut dans le Père de toute éternité ; mais le Père garde au plus profond de Lui-même bien des choses que le Fils ne sait pas. Et s’il veut les savoir, Il doit Lui aussi les demander au Père ! Mais l’heure viendra bientôt où le Père en Moi s’unira pleinement à Moi, Son unique fils de toute éternité, avec tout ce qui est au plus profond de Lui, de même que l’esprit du Père dans vos âmes s’unira bientôt pleinement à l’âme qui est dans votre corps ; et c’est alors seulement que vous sera révélé, à travers l’esprit du Père, tout ce qu’il est encore impossible de vous révéler à présent ! C’est ainsi que le Père en Moi sait encore beaucoup de choses que le Fils ne sait pas. — Comprenez-vous bien cela ? »
Plusieurs disciples disent alors : « Oh, c’est là de nouveau une bien dure leçon, et il nous faut encore Te prier de nous l’expliquer ! Car si Toi et le Père ne faites qu’un, comment le Père en Toi peut-Il en savoir davantage que Toi ? Et n’es-Tu pas, selon tes autres leçons, le Père Lui-même ?! Oh, comprenne cela qui peut — mais nous ne le comprenons pas ! Cela devient de plus en plus compliqué ! Il y a sans doute quelque chose là-derrière ; mais à quoi bon, si nous ne le comprenons pas ! Seigneur, nous T’en prions, dis-nous cela plus clairement ; car pour l’instant, nous ne sommes pas plus avancés ! »
Je dis : « Ô Mes enfants, Mes enfants ! Combien de temps encore devrai-Je supporter votre incompréhension ?! Je vous parle à présent comme un homme, à vous qui êtes des hommes, et vous ne comprenez pas cet homme ; comment pourrez-vous comprendre plus tard une pure parole de Dieu ?! Mais afin que vous le puissiez malgré tout davantage, Je vais vous expliquer cela un peu plus en détail ; aussi, écoutez-Moi bien ! Représentez-vous le « Père » comme le corps de notre soleil, où se trouvent réunies toutes les conditions qui produisent sans relâche et à l’identique l’enveloppe lumineuse d’une intensité extraordinaire que vous voyez. Cette enveloppe lumineuse autour du soleil est à peu près semblable à ce qu’est pour cette terre l’atmosphère aérienne, qui entoure elle aussi la terre régulièrement sur plusieurs milliers de hauteurs d’homme, formant avec la terre, lorsqu’on la regarde par exemple de la lune, un grand disque apparent d’une assez forte intensité lumineuse. Mais comment se constitue l’air terrestre ? À partir des processus vitaux qui se déroulent au plus profond de la terre ! L’intérieur de la terre se remplit donc d’air en premier lieu, et c’est seulement le très important surplus qui s’accumule ensuite régulièrement autour d’elle. Mais pour que l’intérieur de la terre continue à produire de l’air, il faut que s’y active un feu perpétuel, produit de la grande activité des esprits centraux. Représentez-vous donc les choses ainsi : le feu de l’intérieur correspond à ce que Je nomme « Père », et de tous les éléments dissociés par le feu intérieur naît l’air, qui, lui, correspond à ce que nous nommons « âme ». Mais le feu ne pourrait exister sans l’air, et l’air ne pourrait naître sans le feu. Par conséquent, le feu est également air, et l’air également feu : car la flamme n’est en vérité que de l’air dont les esprits sont dans un état de très grande activité, et l’air n’est en soi rien d’autre que du feu dans l’état où les esprits qui le constituent se reposent. Il vous est donc facile maintenant de voir qu’en réalité, le feu et l’air ne font qu’un. Mais tant que les esprits de l’air ne sont pas animés jusqu’à un certain degré, l’air demeure de l’air, et il y a donc une grande différence entre l’air-feu échauffé, qui est déjà du feu, et l’air proprement dit, encore à l’état de repos. Dans le feu est la lumière, et donc, au sens spirituel, le savoir et la connaissance les plus purs et les plus élevés ; dans l’air, qui est imprégné de la lumière du feu, sont également présents tout le savoir et la connaissance, mais à l’évidence à un moindre degré. Mais quand l’air calme s’anime jusqu’à devenir lui-même feu et lumière, le savoir et la connaissance suprêmes sont alors également présents partout en lui.
Par cette organisation, la terre est donc semblable à l’homme. Le feu central est l’esprit d’amour de l’âme en activité, et l’air est semblable à l’âme, qui peut devenir entièrement feu-esprit, lorsqu’elle est entièrement imprégnée de l’amour de l’esprit, c’est-à-dire de son activité, et qu’elle ne fait alors plus qu’un avec l’esprit ! Et c’est ce que devient l’âme par la régénération spirituelle. Et, voyez-vous, c’est exactement le même rapport que l’on trouve dans le soleil. En son centre, il est le feu le plus intense, dont la puissance de lumière surpasse au-delà de toute expression l’intensité lumineuse de son atmosphère extérieure. De cette lumière naît continuellement l’air le plus pur, et cet air devient lui-même à la surface feu et lumière, mais à un degré moindre que le feu du grand noyau solaire et sa toute-puissante lumière. Mais dans son essence, l’atmosphère extérieure lumineuse du soleil n’en est pas moins parfaitement identique au feu central du grand soleil ! Elle n’a besoin que de la même extrême agitation pour devenir exactement semblable au feu central. Ce feu central du soleil est donc semblable au Père en Moi, et Je suis la lumière qui jaillit continuellement du feu central, et donc également le feu par lequel tout ce qui existe a été créé, vit et persiste. C’est ainsi que, dans Mon existence présente, Je suis la partie extérieure et agissante du Père qui est au plus profond de Moi, et c’est pourquoi tout ce qui est du Père est Mien, et tout ce qui est Mien est au Père, aussi ne fais-Je nécessairement et parfaitement qu’un avec le Père, avec cette seule différence qu’il doit toujours se trouver un savoir et une connaissance plus profonds dans le feu central que dans la lumière extérieure, qui n’est jamais échauffée par le feu central que dans la mesure nécessaire. Et Je pourrais Moi-même M’échauffer dans la même mesure ; mais ce qu’il adviendrait alors de vous serait ce qu’il adviendrait de tous les corps célestes qui tournent autour de ce soleil si son atmosphère lumineuse extérieure s’enflammait soudain avec toute la force de la lumière et du feu centraux, dont la puissance agiterait de telle sorte tous les esprits du vaste espace de la Création que cet espace se changerait en une mer de feu infinie et toute-puissante, où toute matière serait instantanément dissoute ! Bien sûr, la matière intérieure du soleil est ainsi faite qu’elle peut endurer ce feu, et les puissants courants qui s’écoulent continuellement à sa surface par suite de sa révolution constante — tout comme le sang circule dans le corps de l’homme — occupent sans cesse le feu à dissoudre et à reformer l’air et l’eau tour à tour, et c’est pourquoi ce feu ne peut attaquer et détruire le corps même du soleil ; et même si certaines parties en sont détruites, elles sont bientôt remplacées par l’eau qui y afflue. Ainsi tout demeure-t-il dans un ordre constant. Si vous voulez bien considérer cette image d’un peu plus près, vous comprendrez sans doute un peu plus clairement ce qu’est le « Père » et ce qu’est le « Fils », ce qu’est l’âme et ce qu’est l’esprit qui est en elle ! — Dites-Moi à présent si vous n’y voyez pas encore tout à fait clair, ou presque ! »
Simon Juda dit : « Seigneur, lorsque, devant moi, Tu as reçu de Jean le baptême de l’eau dans le Jourdain, nous avons vu planer au-dessus de Ta tête une flamme en forme de colombe, et l’on a dit que c’était là l’Esprit saint de Dieu ! Et l’on a entendu alors une voix qui semblait venir du ciel : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, qui a toute ma faveur ; c’est lui que vous devez écouter! » Qu’était-ce donc? D’où venait cette flamme sacrée, et qui a prononcé ces paroles que nous avons distinctement entendues ? Comment devons-nous comprendre pareille chose ? » Je dis : « D’où cela pouvait-il bien venir, sinon de Moi seul ?! Ou crois-tu qu’il demeure quelque part dans l’espace infini, derrière les étoiles, un Père qui aurait fait descendre cette flamme sur Ma tête et qui aurait ensuite laissé tomber ces paroles sur cette terre du haut de l’infini ? Ô suprême aveuglement des hommes ! Si le Père éternel demeure en Moi, Son Fils également éternel, de la manière que Je vous ai désormais suffisamment expliquée, d’où cette flamme et cette voix pouvaient-elles venir ? Regarde, et tu verras à nouveau cette flamme au-dessus de Ma tête ! Écoute, et tu entendras encore les mêmes paroles ! » Alors, tous aperçurent, suspendue dans les airs, la flamme en forme de croix de feu, qui pouvait passer pour une colombe, celle-ci ayant au fond également l’aspect d’une croix, et au même instant, tous entendirent aussi les paroles que l’on sait.
Et Je leur dis : « C’était la voix du Père en Moi, et la flamme est née de Ma sphère de vie extérieure infinie, qui est l’expression de Mon Esprit saint ! — Comprends-tu bien cela à présent, Simon Juda ? » Et tous dirent : « Oui, Seigneur, à présent, tout cela nous paraît clair, bien qu’infiniment merveilleux !» »

Le Grand Évangile de Jean, Jacob Lorber