Mon successeur le plus glorieux croîtra parmi vous et en vous, et moi, Jean, je décroîtrai!

Extrait du recueil Robert Blum (Jacob Lorber) :

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Regarde là où dans les Évangiles il y a la mention de Jean le Baptiste, il dit parmi d’autres choses : « Je suis seulement la voix qui crie dans le désert, je prépare la voie du Seigneur; je ne suis pas digne de défaire les lacets des chaussures de Celui qui vient après moi. Je baptise seulement avec de l’eau, mais Lui Il vous baptisera avec l’esprit de vérité, avec l’esprit de Dieu, pour la vie éternelle! Mon successeur le plus glorieux croîtra parmi vous et en vous, et moi, Jean, je décroîtrai! Que penses-tu que le plus grand des prophètes a voulu signifier par cela ?
Robert dit : En effet, mon Ami le meilleur! Si j’avais compris cela je n’aurais pas atteint l’état désolé où je suis maintenant. Ma non-compréhension de ces textes fut la raison même pour laquelle j’ai commencé à douter de Ta Déité; c’est aussi la raison principale du pourquoi je suis devenu un Nouveau Catholique. Oblige-moi donc avec une explication de ces textes des plus mystiques, car tout seul je ne les comprendrai jamais, ni même tout à fait les autres.
Je dis : Bien, aussi écoute-Moi ! Par rapport à l’église, Jean Baptiste est physiquement ce que dans chaque homme est l’intellect extérieur temporel, et l’intellect de chaque personne doit être comme celui de Jean. De même que Jean a préparé la voie pour Moi, de même le vrai intellect extérieur doit s’affaiblir devant l’intellect compréhensif du cœur – cette compréhension du cœur provient de Moi. Parce que Moi-même Je tire de Mon esprit cette compréhension du cœur et comme un bon semeur, J’ai semé même dans le sol du cœur qui est l’amour juste, superbement fumé par l’humilité et la douceur. Jean est une voix criant dans le désert et un juste intellect extérieur doit être cela, parce que le monde duquel l’intellect tire ses premiers concepts est un désert et cela parce qu’autrement aucun homme ne pourrait être complètement séparé de Dieu et être mis en liberté. Et donc l’intellect extérieur, qui tire ses concepts, idées et jugements en partie de ce désert, et en partie de la révélation indirecte et directe du ciel, acceptant de ce fait les vérités révélées est la voix qui crie dans le désert, préparant par la foi la voie à la compréhension du cœur. Cet intellect véridique extérieur baptise alors l’âme avec l’eau de l’humilité et l’obéissance volontaire. La compréhension du cœur cependant, dans laquelle réside l’Esprit éternel de Dieu doit, par le réveil de cet esprit baptiser nécessairement avec cet Esprit, parce que l’Esprit de Dieu est la vraie lumière, la vérité la plus entière, l’amour et avec cela la vie éternelle elle-même. Il parle donc pour lui-même quand il dit que l’intellect extérieur doit nécessairement s’affaiblir et en fin de compte être en effet arrêté et décapité, si la vraie compréhension du cœur, qui Me représente doit croître dans chaque homme, grandissant à l’arbre le plus glorieux de la vie éternelle, dans laquelle réside la reconnaissance suprême. Ce qui rendra évident que la connaissance extérieure n’est pas digne de défaire les lacets des souliers de la compréhension du cœur comme l’est la lumière d’une lampe totalement insignifiante comparée à la lumière du soleil à midi. Je n’ai pas maintenant l’intention de mentionner tes actes terrestres – qu’ils aient été justes ou injustes – parce qu’ils provenaient tous de ton intellect extérieur, dans lequel la voix du crieur ne pouvait pas pénétrer, parce que le bruit du désert – le monde sans Jean – a dû noyer le vrai Jean – Ma doctrine révélée -. Parce que là où de grands ouragans et le roulement du tonnerre traverse le désert, alors la voix du crieur va facilement. Alors le Jugement et la mort prennent leur moisson sans entrave. Mais alors Je viens aussi là, sauver ce qui peut encore être sauvé, non cependant sur la voie préparée par Jean, mais comme l’éclair brillant d’Est en Ouest, comme c’est maintenant le cas avec toi. Qui accepte la lumière de cet éclair sera sauvé. Mais celui qui ne l’accepte pas périra, c’est-à-dire qu’il part sur un chemin sur lequel il sera dur de réaliser le but voulu par Dieu. Tu as cependant correctement saisi la lumière de l’éclair et de là le Rédempteur Lui-même est venu à toi, te guidant le long de la voie juste. Mais tu dois maintenant volontairement suivre ce Sauveur, ne plaçant pas n’importe quel obstacle sur Son chemin par ton intellect extérieur, sinon tu retarderas le fait d’atteindre le but. Que feras-tu maintenant que J’ai clarifié ces textes qui, selon ton aveu, ont trait à Celui que tu as dû clairement reconnaître ?
Robert dit, pensif : Oh Ami, – infiniment plus en effet que seulement un ami! Je commence uniquement maintenant à ressentir cette puissante aube en moi! Oh Seigneur, Seigneur! Comment peut-Tu demeurer avec moi, car je suis un pécheur! Qu’est-ce qui a tenu mes yeux liés, m’empêchant de Te reconnaître ? Mon amour puissant envers Toi m’a en effet dit que Tu devais être plus que ce que mon intellect me disait que tu étais; mais un diable ou quelque chose tenaient constamment un voile sur mes yeux. Mais maintenant je reconnais l’abîme infini entre moi et Toi! Maintenant je peux dire : Oh mon grand Seigneur et Dieu! Sois gracieux et charitable envers moi, le pécheur le plus pauvre et le plus idiot devant Toi!