L’Urim et le Thummin – Les Pierres Précieuses

Le Grand Évangile de Jean, Jacob Lorber :

« Mais puisque J’ai mentionné cette pierre, Je dois te dire quelque chose à propos de ses propriétés particulières. Parce que ses facettes sont aussi polies que des miroirs, une sorte de feu électromagnétique se développe continuellement à sa surface, ou, pour que tu Me comprennes mieux : sur ses facettes remarquablement polies se jouent continuellement une multitude d’esprits de la nature qui se pressent et s’amassent autour de lui. L’activité incessante de ces esprits qui l’entourent de tous côtés produit sur ses facettes un éclat particulier, et c’est ce qui donne à cette pierre sa grande valeur, même aux yeux des hommes. Quant à l’urim (rubis), qui est d’ailleurs une variation du diamant, il a presque autant de valeur ; la différence entre eux est que le diamant est un amas difficilement dissociable, et qui ne crée aucune illusion, d’éons d’esprits naturels de sagesse, d’où son extrême dureté, tandis que l’urim est un amas d’esprits naturels d’amour, d’où sa couleur rouge et sa dureté un peu moins grande ; autour de ses facettes, surtout lorsqu’il est très bien et joliment poli, sont toujours assemblées des multitudes d’esprits naturels d’amour, et c’est ce qui donne à cette pierre un éclat lumineux tout particulier dont il n’est pas rare qu’il soit perceptible, tel le rougeoiement d’une braise mourante, même par un œil mortel et dans la plus noire des nuits. Si tu suspends à ton cou les deux sortes de pierres dont j’ai parlé, tu mets ainsi automatiquement en relation très étroite avec la sphère de vie extérieure(C’est-à-dire l’aspect manifesté, « matériel » de l’âme, le « corps subtil » d’où rayonne l’énergie dont il est question ensuite. (N.d.T.)) de ton âme une multitude d’esprits naturels d’amour et de sagesse ; ces esprits, stimulés par les émanations vitales de ton âme, deviennent fort actifs, faisant ainsi croître la lumière dans ton âme, et, dans cette lumière, les intelligences particulières des esprits naturels produisent à leur tour dans ton âme un reflet semblable à celui d’un miroir qui met momentanément l’âme dans un état de connaissance plus profonde et plus grande et la rend ainsi plus clairvoyante que dans son état terrestre normal. C’est pour cette raison que Moïse, par le truchement de son frère Aaron, a ordonné au grand prêtre de porter sur sa poitrine, lorsqu’il officiait, les plaques de thummim et d’urim, afin qu’il fût alors lui aussi capable de prophétiser.
Désormais, cependant, le véritable amour de Dieu et la sagesse qui en découle remplaceront ces tablettes et produiront le même effet, mais à un degré bien supérieur ; et si, malgré cela, Je t’ai expliqué les propriétés particulières de ces deux pierres précieuses, c’est uniquement pour les besoins de ta science. D’autres corps pourraient avoir ces mêmes propriétés et cet effet si l’on pouvait les amener à un poli parfait ; mais comme cela est difficilement réalisable sur les autres corps, à cause de leur dureté insuffisante, seuls peuvent servir le diamant et le rubis. Les anciens Égyptiens le savaient fort bien, qui utilisaient à cet effet les deux mêmes sortes de pierres. C’est pourquoi les anciens sages et pharaons portaient toujours ces pierres sur la poitrine ainsi que sur la tête, dans un diadème d’or. Ainsi, en ce temps-là, le peuple considérait toujours comme un patriarche et un sage celui qui portait de telles pierres. Aussi la parure royale avait-elle alors une vraie et authentique raison d’être. Mais elle n’est plus aujourd’hui que l’enseigne frivole où s’affiche la richesse terrestre, l’orgueil, mais aussi le goût du faste, l’égoïsme et, plus condamnable que tout, le désir de pouvoir. Les empereurs, rois, princes et généraux sont certes encore ornés des anciens insignes de la sagesse ; mais qu’est devenue leur ancienne et vraie raison d’être ?! — Aussi ce qui était autrefois, chez les Anciens, une vertu cardinale, est-il devenu aujourd’hui le plus grand des vices ! Dans les temps anciens, régner était une grande vertu : tout d’abord, il n’y avait jamais, dans un pays, pléthore d’hommes vraiment sages et expérimentés, et celui à qui l’on confiait la charge de diriger le peuple tout entier ne ménageait pas sa peine, devant sans cesse instruire et conseiller des milliers de gens ! On ne se battait pas pour une telle position. Convaincu de la nécessité d’être dirigé par un homme sage, le peuple lui bâtissait une splendide demeure dont les salles s’ornaient d’une quantité de pierres précieuses, d’or, de perles et de coquillages rares, il pourvoyait son chef de tout ce dont il avait besoin pour mener une vie agréable, et chaque parole de sa bouche était une loi. Aujourd’hui encore, le grand respect dont jouissent les souverains se fonde là-dessus, mais avec une différence considérable : Autrefois, le souverain n’avait besoin d’aucune arme ; sa parole était tout. Ce qu’il conseillait ou demandait, tous unissaient leurs forces pour l’accomplir, et cela avec beaucoup d’amour et de joie. Celui qui trouvait quelque trésor ou bien qui fabriquait une chose particulièrement belle l’apportait au chef de son peuple. Car chez les Anciens, on avait la sage habitude de penser ceci : « II faut donner au souverain tout ce qui peut contribuer à accroître sa sagesse ; car c’est la sagesse du souverain qui fait régner l’ordre et le bonheur dans le peuple ! »
Aujourd’hui, tout cela a disparu, et l’humanité a remplacé l’ancienne vertu par le pire des péchés. Où sont les patriarches ? Ô Babel, grande prostituée du monde, tu as empoisonné la terre ! Mais Je suis venu à présent pour délivrer les hommes du péché originel, pour jeter la malédiction sur tous les précieux trésors de la terre et bénir les hommes de bonne volonté. Désormais, Ma parole sera pour les hommes la première des pierres précieuses, Ma doctrine l’or véritable et le plus pur, et un vrai palais et un temple vivant le cœur de tout homme qui sera empli du pur amour envers Dieu, et de là envers son prochain, et celui dont le cœur sera le plus rempli d’amour, celui-là sera un vrai roi dans Mon royaume ! Aussi, nul métal sonnant et nul diamant poli ne couronnera plus votre vie, mais seulement Ma parole et vos actes conformes à cette parole ! Car aucune matière n’aura plus désormais de valeur dans vos cœurs, mais uniquement Ma parole et l’action librement décidée selon Ma parole. Les empereurs et les rois doivent certes encore se parer des anciens ornements ; mais s’ils veulent être sages et puissants, ils ne doivent attacher de valeur qu’à Ma parole, et non à ces ornements ! Et ceux qui ne le feront point seront bientôt assiégés par une multitude d’ennemis ! L’on peut cependant attacher une valeur aux pierres précieuses et à l’or, mais il faut le faire à cause des propriétés particulières qui tiennent à leur nature, et qui sont une réalité, et non à cause de leur valeur imaginaire de ce monde, qui est un mensonge ! Si un prince faisait entièrement plaquer sa chambre d’or nu et parfaitement poli afin de pouvoir ainsi, par l’influence des plus purs esprits de la nature se rassemblant en nombre toujours plus grand auprès de l’or dont la surface brillante fait naître la lumière, entrer dans un état de clairvoyance prophétique grâce auquel il pourrait voir, dans les difficiles affaires de son gouvernement, bien des choses que, sans cela, même le plus malin des espions ne saurait lui rapporter, ce prince ferait bien ; car il est tout à fait certain que l’or pur a un tel effet, et c’est bien là la seule et unique valeur de ce métal. Mais, bien sûr, il ne faut procéder à un tel aménagement que si l’on en connaît la vraie raison intelligente, et non par simple ouï-dire, donc pure superstition ; car Dieu a donné l’entendement aux hommes pour qu’ils examinent toutes les choses et en reconnaissent la vraie raison d’être, avant de conserver ce qui est bon et utile avec les meilleures intentions envers tous et chacun. Celui qui agit ainsi fait bien selon Mon ordonnance, et ne se fourvoiera jamais dans aucun des domaines de son activité. Mais si un homme, fort seulement de ce qu’il en a entendu dire et d’une croyance aveugle qui n’est en vérité que de la superstition, tombe sur une telle installation et en ressent plus ou moins les effets, mais sans connaître leur origine ni la manière dont ils agissent naturellement, et sans en mesurer l’étendue ni les limites nécessaires, un tel homme, qui peut fort bien, de par sa constitution originelle, être réceptif à de telles influences subtiles, aura tôt fait de considérer ses fantasmes matériels et ses folles inventions de toute espèce comme des impressions reçues d’esprits naturels, grâce à quoi il pourra devenir un faux prophète de la pire espèce et faire beaucoup de mal, surtout s’il est déjà un prince puissant et dispose donc de la force ; car alors, mille égarements de la pire espèce deviennent possibles. »

(Le Seigneur : ) « Tu connais à présent la véritable valeur de l’or et des pierres précieuses ; uses-en de la manière que Je viens de t’indiquer, et tu seras aussi parfaitement dans Mon ordonnance qu’un patriarche des premiers temps. Ces anciens patriarches connaissaient l’or eux aussi et en faisaient un bon et juste usage ; et ceux qui, les premiers, ont commencé à s’en servir selon une valeur imaginaire, ont bientôt connu les plus grands malheurs. Car c’est à cause de la valeur imaginaire de l’or, des perles et des pierres précieuses que sont apparus les voleurs et les bandits de grand chemin, et qu’un roi devenait l’ennemi de son voisin dès qu’il apprenait que celui-ci avait peut-être amassé un peu trop de ce métal jaune. Ainsi donc, seule la folie des hommes est à l’origine de ces persécutions mutuelles, et c’est elle qui est finalement la cause de tous les vices concevables : envie, avarice, cupidité, orgueil, despotisme, gloutonnerie, ivrognerie, luxure et fornication en tout genre — et enfin, l’homicide, le meurtre et toutes les cruautés que les hommes s’infligent les uns aux autres. Et à qui la faute ? Principalement et la plupart du temps, à la complète méconnaissance de ce que sont l’or, les perles et toutes les pierres précieuses ! Les hommes ont entrepris de se différencier selon la quantité d’or qu’ils possédaient : le fort en amassait beaucoup, le faible n’avait rien. De plus, celui qui était riche d’or avait bientôt une foule d’amis intéressés, tandis que le pauvre était dès l’abord considéré au moins comme un voleur en puissance à qui l’on ne pouvait se lier, et donc méprisé ! Quoi d’étonnant si, ainsi montré du doigt, il devenait véritablement un voleur à la première occasion ?! Mais Je ne poursuivrai pas sur ce sujet fâcheux, car tu peux aisément, Mon cher Cyrénius, imaginer toi-même la suite. Pourtant, J’ajouterai ceci : si vous voulez, avec le temps, être délivrés des ennemis de toute sorte, des voleurs et des assassins, estimez l’or et les pierres précieuses à leur vraie valeur, et vous verrez peu à peu le nombre de vos ennemis se réduire considérablement ; car votre sagesse servira d’exemple à bien d’autres, qui reconnaîtront alors l’ordonnance divine en toute chose. Et, avec la sagesse, ils deviendront des hommes d’honneur et de cœur dont vous n’aurez plus rien à redouter. Mais si, vous ou vos descendants, vous recommencez à attribuer à l’or, à l’argent et aux pierres précieuses une valeur imaginaire, vous retomberez dans les vieilles rivalités où vous êtes à présent. Je te le dis, quand les choses ont leur vraie valeur, tout est bien sur terre, et, par le bon usage qui en est fait, tout profite au corps, à l’âme et à l’esprit, tout est pur à celui qui est pur, et il ne peut y avoir de nuit pour celui qui est lui-même devenu lumière ; mais même les meilleures choses, lorsqu’on en use stupidement et à mauvais escient, donc contre l’ordonnance, deviennent nécessairement mauvaises et, au lieu de la bénédiction et du salut, n’apportent que malheur et malédiction ! Tu le sais, l’eau possède des qualités immenses et multiples, et aucun élément n’est plus indispensable à la vie physique des hommes, des animaux et des plantes ; mais si l’homme voulait bâtir sa demeure au fond des mers afin d’y vivre avec les poissons, une telle demeure tuerait bien vite son corps. — De même, le feu est très nécessaire à la vie ; mais celui qui se jetterait dans le feu en croyant y trouver davantage de vie sera bientôt réduit en cendres, sans la moindre étincelle de vie physique ! Il en va ainsi de toutes choses sans exception ! Même les plus venimeuses des plantes et des bêtes sont d’une grande utilité pour cette terre, car elles attirent à elles les poisons de l’air, et elles sont ainsi faites que le poison, qui est constitué des esprits vitaux naturels les plus immatures, ne peut leur causer aucun dommage. »