Les préadamites (hominidés) et les étapes de la formation de la planète Terre expliqués par le Seigneur Jésus Christ

Extrait du Grand Évangile de Jean  ( de Jacob Lorber )

En version audio

Comme nous étions ainsi assemblés en toute tranquillité, le Romain Marc, que nous connaissons déjà pour un penseur d’une grande profondeur, Me dit : « Seigneur et Maître, puisque nous en avons le loisir, me permets-Tu encore une question ? Quelque chose m’oppresse encore sur quoi j’aimerais des explications plus précises que celles que Tu nous as données au mont des Oliviers. » Je lui dis : « Parle donc, car en toi demeure une âme éclairée ! Je sais certes ce que tu veux, mais il Me plaît que tu formules ta question toi-même, afin que les autres aussi sachent de quoi il s’agit ; car il y a ce grand défaut chez les hommes que bien peu s’aperçoivent de ce qui leur manque. Car s’ils remarquaient et sentaient cela, ils se mettraient en quête avec le plus grand zèle et découvriraient ainsi bien des choses. Mais, parce qu’ils sont paresseux et qu’ils ne savent ni ne sentent ce qui leur fait défaut, ils ne le cherchent pas et ne le trouvent donc pas. Mais cherchez, et vous trouverez ; demandez, et l’on vous donnera, frappez, et l’on vous ouvrira ! À présent, dis-nous sur quoi tu voudrais être éclairé davantage qu’au mont des Oliviers. » Notre Marc dit alors : « Voici, Seigneur et Maître : Tu nous as dit Toi-même que l’homme ne pouvait vraiment aimer Dieu par-dessus tout s’il ne s’efforçait pas autant que possible de Le connaître ; j’ai beaucoup réfléchi à cela, et j’ai trouvé qu’il me manquait encore beaucoup de choses à cet égard ! En Illyrie et dans les grands territoires qui dépendent de nous, je possède plusieurs mines d’où l’on extrait toutes sortes de métaux qui nous sont fort utiles, comme l’or, l’argent, le plomb, et une grande quantité de fer. Mais, alors qu’on creusait ces mines, j’y ai trouvé des choses fort étranges et mémorables, cela très profondément en dessous de la surface du sol ordinaire. Il s’agissait d’ossements et de squelettes d’animaux gigantesques ayant vécu jadis sur la terre. Quand donc peuplaient-ils la terre, et comment ont-ils pu s’enfoncer si profondément, même sous de hautes montagnes ? En Égypte et en Hispanie, on a même trouvé des ossements et des squelettes qui ressemblaient fort à ceux d’un être humain, mais ils étaient au moins quatre à cinq fois plus grands et plus robustes que ceux des hommes actuels. Et j’ai trouvé de même bien d’autres curiosités que je ne crois pas nécessaire de détailler davantage. Sur la montagne, Tu as certes brièvement mentionné la présence sur terre, bien avant Adam, d’une sorte d’êtres humains qui n’avaient cependant que peu de libre arbitre, mais étaient plutôt mus par l’instinct, comme les bêtes, et agissaient également par instinct. Selon l’Écriture des Juifs, ce n’est qu’il y a environ quatre mille ans qu’est apparu Adam, le premier homme pourvu d’un libre arbitre total et d’une raison tout aussi libre, et qu’il a donné de lui-même à sa postérité des lois et des règles sages. Et j’ose ici poser une grande question : au temps d’Adam, cette terre n’était-elle pas peuplée encore par endroits de ces êtres préhumains, et cette race ne se serait-elle pas maintenue jusqu’à nos jours en certains points de la terre, où elle subsistera peut-être encore quelque temps ? Et puis, comment les ossements des animaux de ce monde antérieur, ainsi que les restes gigantesques des préadamites, ont-ils pu arriver jusque sous la base des montagnes ? Dis-m’en davantage à ce sujet. ô Seigneur ; car ce que nous avons découvert jusqu’ici, nous, Romains qui cherchons, nos descendants le trouveront aussi, et assurément davantage. Les livres connus de Moïse ne nous donnent aucune indication sur les conditions d’existence de la Terre avant Adam. Moïse commence par une histoire hautement mystique de la Création, mais celle-ci n’a aucun rapport avec ce que nous trouvons aujourd’hui sur la terre – et elle le contredit même grandement. Si Tu ne nous éclaires pas davantage là-dessus, cela suscitera une grande confusion, surtout chez nos lointains descendants, et Ta doctrine connaîtra de terribles divisions. Car elle repose sur la loi mosaïque, et si celle-ci demeure obscure en quoi que ce soit, Ta lumière ne se répandra pas sur la terre dans toute sa clarté. Aussi, éclaire-nous un peu là-dessus, nous T’en supplions ! »
Je dis : « Écoute-Moi, Mon très cher Marc, Je vous ai déjà dit et montré bien des choses, et vous en montrerai encore ; mais tout cela sera sans grand effet sur vos proches descendants, parce que les hommes de ce monde ne conçoivent ni ne comprennent cela, et ils ne le croiront donc pas. Tu as certes fourni un fort bon motif pour que l’explication que tu demandes sur les conditions d’existence de cette terre semble tout à fait nécessaire à la consolidation de la foi des hommes en Ma doctrine. Cependant, ne vous ai-Je pas dit aussi que l’Esprit révélerait toutes ces choses qui arrivent dans Ma Création à tout homme qui renaîtrait en esprit ? Et ces hommes comprendront alors de la manière la plus claire ce qu’il en est de toutes ces choses qui te paraissent encore si inconcevables. Cependant, vous croirez ce que Je vais vous dire là-dessus parce que vous l’aurez entendu de Ma bouche : mais quant à le concevoir en profondeur, vous ne le pourrez pas, et encore moins en donner une juste idée aux autres hommes dont l’esprit est encore tout à fait aveugle. Les hommes devront donc attendre encore longtemps pour recevoir à toutes ces grandes questions des réponses qu’ils soient capables de comprendre. Les Juifs eux-mêmes, qui, outre que Moïse en personne leur a expliqué tout cela par la bouche de son frère Aaron dans les deux livres additionnels, étaient jadis le peuple le plus éclairé de la terre, en sont venus à ne plus rien savoir ni rien comprendre à toutes ces choses concernant le monde primitif. Tout ce qu’ils trouvent de ces vestiges primitifs, ils le prennent pour un effet du Déluge de Noé, qu’ils ne comprennent plus, et, si tu veux les détromper, ils te condamneront comme hérétique ! Quant à vous, païens, vous avez dans votre mythologie divine le récit de deux grandes submersions de la Terre dont vous faites la cause première de tous ces phénomènes, et le peuple y croit dur comme fer. Dites-leur la vérité, et ils vous riront au nez, ou, au mieux, vous diront : « Hé, qui peut savoir cela ? Les dieux seuls ! » Que leur répondrez-vous alors ? C’est pourquoi les hommes ne seront capables de comprendre les vérités de cette sorte que lorsque, tout d’abord, ils seront versés dans toutes sortes de sciences, et ensuite, quand leur esprit les leur aura révélées ! Cependant, Je veux bien vous donner quelques indications sur ce qu’il en est de ces choses, bien que Je ne sache que trop clairement que votre entendement actuel ne vous permet pas de toutes les comprendre, d’abord parce qu’il vous manque la notion des très grands nombres, ensuite parce que vous ne savez des astres, de leur éloignement et de leur mouvement que ce que Je vous en ai dit Moi-même : tout cela ne sera pour vous aussi qu’une connaissance extérieure tant qu’elle ne sera pas transformée dans votre esprit en une vérité lumineuse, née par elle-même. Que cette terre ait un âge si élevé que, quand bien même Je vous le dirais, vous ne pourriez concevoir le nombre de ses années d’existence, Je vous l’ai déjà montré au mont des Oliviers. Mais enfin, en bref, cette terre existe en tant que corps céleste depuis un temps quasi incommensurable selon vos concepts, et sa surface a connu bien des changements pour en venir à son aspect présent. Le feu, l’eau, les tremblements de terre et autres grandes tempêtes ont été, surtout dans les premiers temps, les moyens qui ont fait d’elle, selon Ma volonté, ce qu’elle est aujourd’hui. Et, pour qu’elle se perpétue et devienne encore plus apte à nourrir temporairement bien d’autres hommes et d’autres créatures, il faudra que le feu, les flots, les tremblements de terre et les tempêtes petites et grandes œuvrent encore, selon les besoins, en elle, sur elle et au-dessus d’elle. »

(Le Seigneur : ) « Quand la Terre, dans les temps primitifs, se fut développée jusqu’au point où seules quelques îles, petites ou grandes, s’élevaient au-dessus des eaux, Ma sagesse et Ma volonté disposèrent, dans le limon fertile de la mer dont elles étaient recouvertes, toutes sortes de graines de plantes. Et c’est ainsi que sur ces îles poussèrent bientôt toutes sortes de plantes curieuses et d’arbustes, et même, par la suite, des arbres immenses. Quand ces îles furent ainsi couvertes de végétation, J’y disposai des œufs ou des semences pour former un monde animal adapté à cet état de la Terre, et qui ne fut donc d’abord constitué que de vermisseaux de toute sorte, et, par la suite, de vers plus grands, puis d’insectes, et enfin, quand une nourriture abondante poussa sur le sol devenu plus sec, d’animaux géants dont la tâche était de se nourrir des plantes encore grossières et des branches des arbres, et ainsi d’engraisser le sol par leurs déjections, puis, après leur mort, par leurs corps gigantesques, dont vous pouvez encore trouver les os dans les plus profondes des cavités de la terre. Sur la pourriture de ces animaux se développèrent encore, selon Ma volonté, une foule de nouvelles bêtes sous la forme de vers petits ou grands qui donnèrent naissance à toutes sortes d’insectes. Appelons cela une période de la formation de la Terre. Bien sûr, il va de soi que cette planète a dû subir au préalable un nombre quasi infini de transformations de toute sorte, sans lesquelles cet état n’aurait jamais pu survenir. Mais tous ces événements ne vous concernent pas plus que, par exemple, l’évolution, à partir du germe, du grain de blé mis en terre, tant qu’il n’a pas fructifié à coup sûr pour votre plus grand bien. Bref, Je ne vous décris ici la Terre qu’au début de sa fécondité, quand furent déposés dans son sol toutes sortes de graines de plantes et d’arbres et les œufs de toutes sortes de bêtes, toutes choses dont l’origine avait été disposée depuis bien longtemps dans les eaux : car certaines plantes et bêtes aquatiques d’une grande variété sont à l’évidence bien plus anciennes que les animaux de la terre ferme et de l’air. Je viens ainsi de vous dépeindre une première période de formation sur la Terre d’un sol fertile, et vous pensez bien que, sur ce sol fertile primitif, l’existence d’animaux meilleurs était impossible, encore moins celle de l’homme. Mais cet état de rudesse était nécessaire, car, sans lui, un second état plus parfait n’aurait pu s’ensuivre, de même qu’un arbre ne portera jamais de fruits mûrs sans avoir d’abord porté des bourgeons amers. Mais bien sûr, pour que les fruits d’un arbre atteignent la maturité parfaite, il faut encore, après l’étape des bourgeons, une quantité d’événements dont Mon œil seul peut observer tous les détails : et c’est assurément une condition d’autant plus nécessaire encore pour la maturation de toute une planète. Nous avons donc décrit cette terre à l’étape des premiers bourgeons. Mais que se passe-t-il lorsque, au début du printemps, les petits bourgeons commencent à se gonfler et à s’emplir de sève ? Eh bien, poussés de l’intérieur, ils éclatent, jetant en quelque sorte pardessus bord leur première enveloppe dans la mer du passé et de la dissolution, et, tout en grossissant, ils vont vers une perfection plus grande, afin que les feuilles puissent apparaître en leur sein et accompagner la floraison nécessaire à la formation des fruits. Et, quoique cette image de l’arbre soit bien pauvre pour figurer le développement d’un monde, elle peut cependant vous aider à concevoir, en très petit, toutes les choses par quoi un monde doit passer avant de devenir apte à porter et à nourrir des hommes de votre espèce. Cette première période où la Terre est devenue féconde d’une manière encore très brute et inculte a duré bien des milliers de milliers d’années telles qu’on les compte actuellement – car il n’y avait pas encore sur cette terre de saisons fixes, et celles qui existaient duraient un peu plus longtemps qu’aujourd’hui. Ce que nous avons vu dans cette première période a été détruit par des tempêtes de feu sorties des entrailles de la terre, qui ont été permises ou, mieux encore, ordonnées, et, au bout d’un grand nombre de nos années actuelles, de plus grandes étendues de terre se sont élevées depuis les grandes profondeurs des mers, déjà ornées de montagnes et couvertes d’un limon déjà bien plus fertile. En temps utile, Ma sagesse et Ma volonté ont déposé dans ce limon des semences plus parfaites, et les grandes étendues de cette terre encore jeune ont bientôt pris une apparence déjà fort belle. Comme la nourriture était de nouveau en abondance sur ces immenses contrées, Je les ai pourvues, toujours selon la plus sage ordonnance, d’un plus grand nombre de consommateurs grands et petits, eux aussi plus parfaits. Et les eaux entre ces étendues de terres furent peuplées d’animaux plus grands, et les grandes contrées eurent des animaux pour manger les nouvelles plantes et les arbres qu’elles portaient désormais. Une partie de ces herbes, plantes, arbustes et arbres tout à fait gigantesques produisaient déjà des graines et se reproduisaient ainsi : mais la plupart continuaient de pousser à la manière des champignons à partir du sol fertile, et les animaux naissaient à peu près comme les dragons du Nil que vous connaissez en Égypte, c’est-à-dire à partir des œufs, et pouvaient vivre aussi bien dans l’eau que dans l’air, et de même se nourrir des plantes aquatiques ou de celles de la terre ferme, qui était loin d’être aussi sèche qu’elle l’est à présent. Car, dans cette période de formation qui était en quelque sorte une période de progression de la vie végétale et animale, la Terre ne pouvait pas être plus sèche que ne le sont les bourgeons en pleine croissance des arbres ; car si l’on voit à ces derniers un aspect desséché, cela augure mal des fleurs et des fruits qui doivent les suivre. »

(Le Seigneur : ) « La deuxième période de formation a duré elle aussi un temps que vous ne sauriez exprimer en années actuelles. Mais la Terre était encore loin de pouvoir porter des animaux à sang chaud, encore bien moins des hommes, si inférieurs soient-ils ; c’est pourquoi cette période a pris fin comme la première, et beaucoup de temps se passa encore avant la venue d’une troisième période préparatoire. Bien sûr, entre ces différentes grandes périodes préparatoires, il y eut une quantité de périodes intermédiaires très tourmentées dont Je suis seul à connaître le sens, Moi le Créateur, et ensuite l’esprit à qui Je veux le révéler. De tous ces événements nécessaires naquit donc la troisième période. Cette fois, ce sont vraiment d’immenses terres qui surgissent des eaux, poussées, selon Ma volonté, bien sûr, par le feu intérieur de la Terre. La végétation devient plus abondante encore et toujours plus gigantesque, et les animaux de même. Mais, comme les deux précédentes, cette période que l’on peut comparer à la floraison de l’arbre était cependant bien loin de pouvoir offrir un gîte à l’être humain ; c’est pourquoi elle a pris fin elle aussi et ses productions tant animales que végétales se sont enfouies dans le sol, tout comme les précédentes, mais moins profondément. Il y eut alors à nouveau un grand nombre de périodes intermédiaires avant l’apparition, au bout d’un temps très long, d’une quatrième période préparatoire. Les terres émergées devinrent encore plus étendues, la végétation plus luxuriante, et l’eau, la terre déjà plus sèche qu’auparavant et l’air commencèrent à s’animer de toutes sortes d’animaux petits et grands, parmi lesquels il y avait même déjà des mammifères à sang chaud, qui venaient au monde par les voies de la conception naturelle et non plus par des œufs, et qui mettaient donc au monde des petits vivants, ce que ne faisaient pas les animaux marins, certains grands amphibiens et les oiseaux, les vers et les insectes. Cette quatrième période de formation préalable dura un temps considérable. Le soleil éclairait déjà par moments le sol terrestre, et certains arbres commençaient à porter des fruits, qui n’eussent certes guère flatté vos palais, mais qui procuraient une bonne nourriture aux animaux de ce temps-là. Dans cette quatrième période encore, il n’y avait rien qui ressemblât à l’homme. De grands bouleversements survinrent à nouveau, qui enfouirent la plus grande partie de ce qu’on pouvait désigner sous le nom de créature, et c’est pourquoi l’on trouve aussi dans le sol beaucoup de restes de cette période, cependant bien différents de ceux des trois premières. Après une longue période où la Terre s’apaisa et s’ordonna davantage, et après de nouveaux bouleversements également considérables, nous voyons apparaître une cinquième période de formation de la Terre. Du fond des mers s’élèvent de nouveaux territoires qui se joignent à ceux qui subsistaient des périodes précédentes pour former de vrais continents. C’est au cours de cette cinquième période que se forment la plupart des montagnes de la Terre, et les plus hautes. Leurs pics immenses sont détruits par les éclairs, et emportés dans les profondes vallées et les fosses terrestres par de violents tremblements de terre et par des cours d’eau nés de pluies torrentielles. Ainsi se formèrent les immenses plaines, les vallées plus étroites et les prairies sur quoi toute chose prospéra par la suite.
C’est aussi au commencement de cette période que la Terre se met à suivre autour du Soleil un cours bien ordonné. Jours et nuits se succèdent régulièrement, et de même les saisons, bien que celles-ci changent encore beaucoup, parce que les pôles terrestres varient encore significativement, ce qui reste nécessaire dans cette période. Dans cette période de formation d’une terre ferme permanente commencent aussi les reflux réguliers des mers, de quatorze mille en quatorze mille ans. Les mers submergent peu à peu tantôt la moitié sud de la Terre, tantôt la moitié nord, rendant leur fertilité aux déserts pierreux, souvent fort étendus. Car, au bout de quatorze mille ans environ, la mer a déposé tant de limon fertile sur les plaines et les vallées désertiques et pierreuses que, lorsqu’elle se retire à nouveau et que le sol s’assèche, celui-ci est alors extraordinairement fécond. Pendant cette cinquième période, il a certes fallu plus de mille fois mille ans jusqu’à ce que le sol déposé convînt tout à fait à la création nouvelle d’un grand nombre de plantes, herbes, arbustes et arbres des plus divers, puis de toutes sortes d’animaux, et enfin des hommes d’avant Adam. Il existe déjà dans cette période une quantité d’arbres fruitiers et autres végétaux à fruits de toute espèce destinés aux animaux et aux préhumains d’alors. Il n’est pas encore question d’agriculture, mais les préhumains utilisent déjà certains animaux qui vivent en troupeaux. Ils mènent une vie nomade fruste, n’ont pas de vêtements et ne bâtissent ni maisons, ni huttes, mais, comme les oiseaux, construisent sur les branches maîtresses des arbres des sortes de nids où ils habitent et se reposent, et font des réserves de nourriture qu’ils mangent peu à peu. Lorsque la réserve est épuisée, ils s’en vont de nouveau par groupes en quête de nourriture. Quand le gel survient, car c’est dans cette période que la neige est apparue durablement, ces hommes s’en allaient vers des régions plus chaudes avec leurs animaux domestiques, qui consistaient en mammouths, grands cerfs, vaches, chèvres et moutons – et aussi l’éléphant, le rhinocéros et l’unicorne, et toutes sortes de singes et d’oiseaux. Plus tard dans cette période apparurent également l’âne, le chameau, le cheval et le cochon, animaux que ces préhumains maîtrisèrent aussi. Car ils avaient une raison instinctive supérieure qui leur permettait de dominer ces animaux et de les utiliser, les uns pour porter, d’autres comme gibier, d’autres pour prendre leur lait ou leur laine, dont ils se servaient pour se faire une couche moelleuse. Ils n’ont pas de langue au sens de celles qui existent aujourd’hui entre les hommes ; mais, étant eux-mêmes les plus parfaits des animaux, ils se servent entre eux de certains sons articulés, de signes et de gestes pour se communiquer leurs besoins et s’entraider. Lorsque quelqu’un est malade, souvent à cause du grand âge, il connaît déjà l’herbe qui peut le secourir, et, s’il ne peut marcher, les autres vont la chercher pour lui. Cependant, ils ne savent pas faire de feu ni s’en servir : mais s’ils avaient pu voir comment faisaient les adamites, ils les auraient imités, car l’esprit d’imitation était très développé chez eux, et leur intelligence, possédant déjà un certain degré de libre arbitre, dépassait déjà de beaucoup celle du singe le plus parfait. Ainsi, ils auraient pu apprendre à parler à notre manière, mais jamais créer par eux-mêmes un langage savant. Ces hommes étaient des géants d’une force extraordinaire, et leurs mâchoires étaient si fortes qu’ils pouvaient s’en servir comme d’outils coupants. De même, leur odorat et leurs sens étaient très développés, et ils percevaient de loin l’approche d’un ennemi : ils domptaient les animaux, et parfois aussi les esprits de la nature, par le regard et par la volonté. Cependant, si cette cinquième période préparatoire dura un grand nombre de milliers de milliers d’années, il n’y avait chez les hommes de cette période aucune trace d’une culture du progrès ; leur vie nomade se poursuivait uniformément, et ils ne furent donc pour la Terre qu’un amendement préalable à la venue de l’espèce humaine actuelle, en tout semblable à Moi. Leur peau, encore assez velue, allait du gris foncé au gris pâle, et il y avait aussi des races sans poils, au sud seulement. Par la forme, ils ressemblaient assez aux Noirs actuels, Jusqu’à Adam, ils se perpétuèrent dans les basses plaines et dans les forêts touffues, mais n’allèrent jamais vivre sur les montagnes. »

(Le Seigneur : ) « Au temps d’Adam, avec qui commence la sixième période, la Terre subit de nouveau pour une part de grands bouleversements par le feu et l’eau, au cours desquels l’espèce préadamite déjà décrite disparut presque entièrement avec ses animaux domestiques, ainsi que les vastes forêts et les autres animaux qui n’étaient pas domestiques ; seules subsistèrent quelque espèces d’oiseaux, et les animaux des montagnes et des eaux. Au temps d’Adam, il existait certes encore ici et là, en Asie, quelques-uns de ces pré-humains, mais fort clairsemés, et ils dépérirent peu à peu, parce qu’ils ne trouvaient pas en suffisance la nourriture qui leur convenait. On rencontre cependant encore, dans quelques régions lointaines du sud de l’Afrique et sur certaines grandes îles du vaste monde, quelques survivants affaiblis de la cinquième période, mais ils sont tout à fait sauvages, n’ayant acquis que par endroits, grâce aux descendants de Caïn, une culture un peu supérieure. On peut les dresser à divers travaux, mais ils n’inventent rien par eux-mêmes. L’état d’une partie d’entre eux, issus du mélange avec les descendants de Caïn et plus tard aussi de Lamech, s’est un peu amélioré, mais même ceux-là sont inaptes à une éducation supérieure et plus profonde de l’esprit. Ces hommes vont se maintenir et se perpétuer encore longtemps là où ils existent, et recevoir peu à peu des adamites un peu plus de culture, mais ils ne deviendront jamais un grand peuple. – Voici donc pour les préadamites de la cinquième période de formation de la Terre. Au commencement de la Terre, la Lune lui a été donnée pour l’accompagner et la réguler dans son mouvement autour du Soleil et autour de son propre axe ; bien sûr, la Lune non plus n’eut pas tout de suite son aspect actuel. Avant cela, elle aussi dut traverser de longues périodes tourmentées, mais qui ne durèrent pas aussi longtemps que celles de la Terre. Ne Me demandez pas pourquoi il faut un temps si inconcevable pour parachever une planète : la cause réside dans Ma sagesse et dans Mon ordonnance. Cependant, si le maître d’une vigne pouvait accomplir tout son travail en un instant, que ferait-il le reste de l’année ? Le sage possesseur d’une vigne répartit son travail en sorte d’avoir à faire toute l’année, et cette activité quotidienne lui procure sans cesse de nouvelles joies. Voyez-vous, il en va de même pour Moi ; car Je suis dans tout l’infini l’être le plus actif, mais aussi le plus parfaitement heureux. Lorsque les enfants d’un père de famille voient au printemps les cerisiers, les pruniers, les poiriers et les pommiers en fleurs, ils s’en réjouissent certes, mais ils aimeraient mieux voir et goûter les fruits mûrs qu’admirer la seule beauté des fleurs. Mais le sage père dit aux enfants impatients : « Prenez patience, mes chers petits. Chaque chose vient en son temps dans ce monde ordonné par Dieu, et tout finit par mûrir ! Attendez seulement, et, dans peu de mois, ces arbres aujourd’hui en fleurs seront couverts de fruits mûrs et sucrés, et nous les goûterons avec le Père céleste. » Et les enfants sont apaisés. Vous aussi, soyez tranquilles, même si vous ne voyez pas encore partout sur cette terre les fruits bien mûrs de Ma doctrine ; ils viendront en leur temps. Car vous pensez bien que Je n’ai pas semé en vain parmi vous la semence vivante de Ma parole. Mais elle ne peut venir pleinement à maturité du jour au lendemain. Et si, selon Mon ordonnance, cela prend déjà un certain temps pour un arbre, il en faudra à coup sûr d’autant plus pour un monde ! Car il ne suffit pas pour un monde d’exister dans le grand espace de l’éther comme Lui énorme amas de pierre, de terre et d’eau une telle masse serait absolument morte, et rien ne pourrait y pousser ni y vivre. Pour porter et nourrir la vie, un monde doit d’abord être vivant lui-même, et pour cela, il doit, tel un grand animal, avoir achevé sa formation organique à travers toutes sortes d’influences et de processus. Il est vrai qu’un corps céleste en devenir renferme déjà, tel l’embryon dans le sein maternel, toutes les conditions d’une forme de vie animale et organique parfaite, mais, au commencement, ces conditions sont en quelque sorte réunies pêle-mêle, et ne s’ordonnent que peu à peu pour former un tout organique vivant. Quant à la manière dont procède cette organisation. Moi seul la connais, qui suis le grand ordonnateur de toute chose. Mais vous comprendrez cela vous aussi, quand vous serez vous-mêmes parfaits en esprit.
Cet exposé aussi clair et simple que possible des différentes périodes de formation vous permet de conclure encore autre chose, qui est la vraie raison pour laquelle Moïse a divisé la Création en six jours. Ces six jours sont les six périodes décrites, que tout être créé doit traverser une fois, d’abord selon la nature, ensuite, comme c’est le cas chez les hommes que vous êtes, moralement et spirituellement, pour atteindre la maturité et la perfection. Ce n’est qu’après cela que vient la septième période du repos, qui est la vie éternelle bienheureuse. Et si cette septième période s’appelle le repos, c’est parce qu’aucune contrainte, aucun jugement ni aucune angoisse ne pèse plus sur l’esprit parfait, et que son être est entré pour toujours dans la connaissance parfaite et la puissance du libre arbitre absolu. Dis-Moi à présent, Mon cher Marc, ce que tu as compris de Mon explication. »

Plein d’étonnement, Marc répondit : « Seigneur et Maître éternel, J’ai certes bien compris, et tous les autres aussi, je l’espère, l’explication dont Tu nous as fait la grâce, mais, bien sûr, on ne peut parler d’une vraie compréhension profonde, précisément parce qu’il nous manque ce que Tu as dit. Cependant, nous avons maintenant de ces choses une vue assez claire, dans la mesure où, tout d’abord, nous savons désormais que penser des reliques découvertes dans les profondeurs de la terre et comment elles sont arrivées là au travers de ses multiples bouleversements périodiques et des migrations ultérieures des mers, et ensuite, pour moi du moins, j’ai compris ce que le grand prophète Moïse sous-entendait par les six jours de la Création. Cela nous suffit pour le moment, et nous pouvons attendre paisiblement d’en savoir davantage lorsque nous serons plus parfaits en esprit. Cependant, je comprends aussi que c’est là un enseignement destiné à un petit nombre, et qu’il en sera toujours ainsi. Mais il reste une dernière question, du moins selon moi. Me permettras-Tu, Seigneur et Maître, de T’importuner encore une fois ? » Je dis : « Tu sais déjà que Je t’écouterai volontiers ! Parle donc. » Le Romain Marc : « Seigneur et Maître, les préadamites dont Tu nous as parlé, bien que pourvus seulement d’une intelligence instinctive et d’un libre arbitre réduit, devaient bien avoir une âme, qui, en tant que telle, devait être immortelle, sinon immuable. Qu’en est-il exactement de ces âmes ? Où sont-elles, que sont-elles devenues dans la sixième période où nous sommes, et que peut-il encore advenir d’elles ? Cette question peut certes sembler présomptueuse et sacrilège ; mais je suis encore un Romain assoiffé de savoir et non un Juif assoupi, et j’espère donc que Tu voudras bien porter cette question à mon crédit et y répondre brièvement. » Je dis : « Mais oui, pourquoi pas ? Nous avons encore tout notre temps. Écoute-Moi bien : de même que les âmes des pierres, des plantes et des bêtes peuvent survivre et, libérées de la matière, s’unir jusqu’à devenir, Je le dis, des âmes humaines, et par la suite, une fois incarnées dans un corps humain, des hommes véritables, ainsi les âmes des préadamites survivent-elles, tout comme les âmes des hommes des autres planètes vivent éternellement dans l’espace infini de la Création. Cependant, dans le royaume des esprits, ces âmes sont amenées à une connaissance plus profonde de Dieu, de Sa puissance et de Sa sagesse sur quelque grande planète, c’est-à-dire sur le sol spirituel qui lui correspond, où elles sont fort heureuses et peuvent le devenir plus encore. Mais il serait bien inutile que Je t’explique où se trouve cette grande planète dans notre gousse globale, parce que tu ne pourrais la percevoir par tes sens, et il ne saurait de toute façon être question, dans cette vie, de te convaincre par toi-même qu’il en est bien comme Je le dis, à moins que tu n’atteignes la complète régénération de ton esprit. Jusque-là, tu dois te contenter de ce que Je te dis : il y a bien des demeures dans la maison de Mon Père ! Un jour, dans Mon royaume, vous verrez clairement tout cela. – M’as-Tu compris ? » Marc : « Oui, ô Seigneur et Maître. Mais encore une question, puisque chaque chose en entraîne une autre. Cette terre était-elle déjà, au temps des préadamites, le petit centre vital dont Tu nous as parlé au cœur du Grand Homme de la Création ? » Je dis : « Oui, elle était déjà destinée à le devenir, si elle ne l’était pas encore pleinement dans la réalité. Car c’est un autre corps céleste qui occupait cette place en ces temps primitifs mais, par orgueil, les hommes de cette autre planète en sont venus à oublier tout à fait Dieu, et ceux qui y croyaient encore ne Le respectaient pas, Le défiaient et, dans leur aveuglement, cherchaient en quelque sorte à détrôner Sa puissance éternelle. Ils Le cherchèrent, et de méchants philosophes prétendirent qu’Il demeurait au centre de leur planète, et qu’il fallait creuser des mines pour l’emprisonner. Ils creusèrent donc dans cette terre des trous si profonds que beaucoup y périrent. Quand Je leur envoyais des messagers pour les avertir, ils les étranglaient et ne s’amendaient pas. Voilà pourquoi J’ai permis que cette planète soit brisée de l’intérieur en mille morceaux ! Cela arriva au début de la sixième période de notre Terre, qui devint le centre vital. Quant à savoir où se situait cette autre planète autour du Soleil, nous en dirons bientôt quelque chose. Mais fais-nous d’abord apporter du vin frais, Lazare, après quoi nous parlerons encore. »

Avec quelques serviteurs, Lazare alla chercher du vin fraîchement tiré. qui était d’un goût excellent. On en emplit nos gobelets, et nous en bûmes tous. Chacun se sentit fortifié dans son corps et d’excellente humeur, et tous Me louèrent d’avoir mis sur cette terre des choses si bonnes et si fortifiantes. Je leur dis : « Oui, oui, un tel vin est une boisson fortifiante, mais seulement lorsqu’on le boit avec mesure ! Pour celui qui en prend sans modération et s’enivre, il ne le fortifie plus, mais affaiblit tout son être. Aussi, buvez toujours de ce breuvage avec modération et en Mon nom, et il vous fortifiera même pour la vie éternelle de l’âme c’est dans son usage immodéré que réside l’esprit malin de la concupiscence et de la luxure. Et cet esprit, loin de vivifier l’âme, la tue pour l’esprit de la vraie vie des cieux et rend quasiment impossible la régénération spirituelle de l’âme dans l’esprit divin. Ne l’oubliez pas ! Or, Je ne disais pas cela pour le seul amour de la vérité, car Je l’avais déjà dit bien des fois, mais parce que Judas l’Iscariote, buvant à grands traits, était bien près de l’ivresse. L’ayant remarqué, il se leva de table, sortit et s’en alla visiter la petite ville de Béthanie. Lorsqu’il fut dehors, le disciple André dit : « Je suis bien content qu’il s’en soit allé : car, depuis quelque temps, je le trouve de plus en plus inquiétant et suspect, et pas plus Tes enseignements que Tes grands signes ne lui font la moindre impression. Il n’a donc rien à gagner, et pourtant, il ne veut pas nous quitter ! Si j’avais Ta puissance, Seigneur, il y a longtemps qu’il ne serait plus en notre compagnie ! » Je dis : « Mais il a lui aussi un libre arbitre qui lui permet de rester ou de s’en aller où et quand il veut. Vous avez bien vu que même les diables, s’ils le veulent, Je les laisse se rouler dans la fange, et Je permets donc à cet homme, qui est un diable parmi nous, de rester ou de s’en aller : car tout homme et tout esprit est parfaitement libre en ce qui Me concerne, et ce sont ses propres actions qui lui vaudront sa récompense. À chacun de choisir s’il veut devenir ange ou diable. – Mais n’en parlons plus, car nous avons bien d’autres choses à dire. Au commencement de la sixième période, nous avons vu une planète se détruire de l’intérieur, et cette terre devenir, avec Adam, le centre de vie du Grand Homme de la Création. Je vais maintenant vous décrire l’état de ce monde détruit, tel qu’il était jadis et tel qu’il est aujourd’hui. Je vous expliquerai aussi quelle était jadis la relation de cette terre avec le Grand Homme, selon les correspondances spirituelles, bien sûr, et non dans la réalité matérielle. Mais, comme cela ne peut vous être expliqué simplement par des mots sans une représentation imagée, Je vais vous montrer en petit le Soleil avec toutes ses planètes. En regardant cette image, vous comprendrez aisément Mes paroles, aussi, soyez tous bien attentifs. » Dès que J’eus achevé ces mots, une boule d’un empan de diamètre apparut dans les airs, figurant le Soleil. Puis toutes les planètes furent représentées avec leurs lunes dans des rapports aussi exacts que possible de taille et de distance – car, bien sûr, la salle était trop petite pour les représenter tout à fait selon les vraies proportions -, telles qu’elles étaient au début de la sixième période, quand la planète détruite existait encore avec ses quatre lunes. J’expliquai à tous la position des planètes, les nommai tant dans la langue juive qu’en grec, et ils virent flotter entre Mars et Jupiter la planète en question, ses quatre lunes tournant autour d’elle. Par la taille, elle était semblable à Jupiter, mais elle avait davantage de terres fermes et une couche atmosphérique plus épaisse, et aussi une plus forte inclinaison des pôles, donc une course plus oblique autour du Soleil. Quand tous eurent bien saisi cela, Je poursuivis : « Voilà ce qu’était l’ordre des choses il y a environ quatre mille ans. C’est alors que survint la destruction de cette planète – Je vous ai déjà dit comment et pourquoi. À présent, voyez ce qu’est devenue cette planète après sa destruction. Ils regardèrent tous la planète, qui était maintenant divisée en un grand nombre de morceaux assez gros. Seules les quatre lunes étaient encore entières, mais, ayant perdu leur planète centrale, elles se désorganisèrent et s’éloignèrent de plus en plus les unes des autres, parce que l’explosion de la planète principale leur avait donné une secousse fort sensible. Quant aux morceaux de la planète, ils se répartirent dans le très large espace entre les trajectoires de Mars et de Jupiter. Une quantité de débris plus petits s’en furent même au-delà de ces deux trajectoires, et quelques-uns tombèrent sur Jupiter, d’autres sur Mars, d’autres sur la Terre elle-même, Vénus, Mercure et aussi le Soleil. Lors de l’explosion de cette planète, ses hommes aux corps gigantesques ont été jetés en grand nombre dans l’espace libre, de même que les autres créatures. Quelques-uns de leurs cadavres desséchés flottent encore dans le vaste éther, d’autres gisent morts et desséchés dans leurs maisons sur les plus gros débris qui subsistent encore : quelques-uns de ces cadavres humains sont même tombés sur cette terre, où ils se sont cependant dissous au bout de quelques siècles, et de même sur les autres planètes. Lors de l’explosion, les grandes mers de cette planète se sont également divisées, avec leurs hôtes de toute espèce, en parties petites ou grandes, dont certaines, de plusieurs lieues de diamètre, renferment des terres et portent encore des animaux nombreux. Quant aux quatre lunes, leurs anciennes créatures y vivent encore, mais se sont quelque peu étiolées, et de même sur un petit nombre des plus gros morceaux de la planète. mais celles-ci dans un état encore plus affaibli : sur les débris plus petits, il n’y a plus aucune vie organique, sinon celle de la décomposition et de la lente dissolution. »

Quand J’eus montré et expliqué cela aux personnes présentes, le Romain Marc Me dit : « Oh, Seigneur et Maître, cela dut être pour les hommes de cette planète une chose vraiment terrible ! Ils ne pouvaient que périr tous de désespoir ! Mais qu’est-il advenu de leurs âmes ? » Je répondis : « Il est certain que ce fut une très grande catastrophe pour ces hommes, mais ils en étaient responsables. Ils avaient d’abord été enseignés, exhortés et avertis pendant de très longues périodes, et on leur avait montré ce qui les attendait. Mais, dans leur grande sagesse mondaine, ils prenaient tout cela pour les élucubrations et les fables de voyants qui n’annonçaient ces choses à un peuple crédule qu’afin d’en tirer prestige et subsistance matérielle. Non seulement les riches et les puissants ne les croyaient pas, mais ils les persécutaient de toutes les façons, y compris par le feu et le glaive : et même, pour finir, ils se sont si violemment opposés à tout ce qui avait quelque apparence de spirituel qu’ils tuaient sans pitié tout homme qui osait formuler à voix haute ou écrire quoi que ce fût qui se rapportât de près ou de loin à l’esprit, aussi était-il devenu impossible de résister à leur orgueil et à leur cruauté impitoyable. Ces hommes étaient fort inventifs dans les choses du monde, et ils avaient inventé, il y a bien des milliers d’années terrestres, une sorte de grenaille explosive qui, lorsqu’on l’enflammait, détruisait toute chose. Si vous entassiez environ dix mille livres de cette méchante grenaille dans une cavité profondément enfouie à quelque mille toises sous le mont Liban, et que vous y mettiez le feu, elle s’enflammerait tout entière en un instant, et cette haute montagne partirait en morceaux innombrables, ce que les Hanochites d’avant Noé ont d’ailleurs fait de plus d’une montagne, ouvrant ainsi les écluses des eaux souterraines qui les firent tous périr, submergés par la montée des flots. Or, avec de telles inventions inspirées par les démons, les hommes de la planète aujourd’hui détruite faisaient toujours davantage de mal. Ils se faisaient la guerre, chacun creusant toujours plus profondément et plus loin sous le pays de l’autre et emplissant les mines de grandes quantités de cette grenaille explosive. Et, lorsqu’ils y mettaient ensuite le feu par quelque artifice, tout un grand pays était détruit. Allant toujours plus loin dans ces entreprises destructrices, ils faisaient des trous de plus en plus profonds dans les entrailles de leur grande planète, qui était près de deux mille fois plus grosse que cette terre, et ils y descendirent finalement si loin que les cavités profondes de la planète, naturellement occupées par la matière du feu central, s’embrasèrent d’un feu violent qui jaillit dans toutes les directions. La puissance de ce feu central disloqua toute cette énorme planète et la fit exploser, ce qui marqua la fin de ces méchants hommes avec leur terre. Je savais certes fort bien que cela arriverait, et c’est pourquoi J’avais prévu que cette terre-ci devienne ce qu’elle est à présent. Or, dès son origine, la Terre correspondait à la dernière et la plus humble des parties du corps humain, à savoir la dernière petite extrémité nerveuse de la peau du petit orteil du pied gauche – certes pas par sa localisation, mais, comme Je l’ai dit, par l’humilité de sa signification spirituelle -, et c’est ainsi qu’elle porte à présent Mes vrais enfants, qui doivent se régler librement sur Ma volonté révélée et s’en instruire. Cependant, même au sens physique, il existe une relation et une correspondance entre l’important point vital du cœur et la dernière extrémité nerveuse de la peau du petit orteil du pied gauche, et c’est pourquoi l’on peut dire, surtout du point de vue de l’humilité spirituelle, que cette terre qui, déjà auparavant, correspondait dans le Grand Homme de la Création à ce petit nerf du pied, est désormais et demeurera, à travers vous qui êtes devenus les enfants de Mon amour et de Ma sagesse, le centre vital au cœur du Grand Homme. Mais elle pourra aussi le demeurer physiquement pour une durée que vous ne sauriez concevoir, quand bien même de grandes transformations surviendraient sur son sol. Car vos lointains descendants redécouvriront à leur tour la malfaisante grenaille explosive et une foule d’autres instruments de destruction, et causeront à la Terre une multitude de dévastations : mais Ma providence les empêchera de descendre en elle à de trop grandes profondeurs. Je ne laisserai donc plus jamais orphelins les Miens sur cette terre et demeurerai auprès d’eux en esprit jusqu’à la fin de leurs temps, et c’est pourquoi la Terre ne sera jamais détruite de cette façon : mais il y aura assurément des destructions et des dévastations locales qui causeront aux hommes beaucoup d’angoisses, de terreurs et de tribulations, et beaucoup mourront de peur dans l’attente angoissée de ce qui pourra survenir à la Terre. Mais ils seront eux-même cause de tout ce qui leur arrivera. Je vous ai ainsi dévoilé ce qu’il en fut en son temps de cette planète maintenant détruite et ce que signifie désormais cette terre-ci : à présent, demandez-vous si vous avez bien tout compris. »