Les Écritures perdues | la Charité et la Foi

Les livres Guerres de Jéhovah, les Ennoncés et celui de Jashar (livre du juste) | extrait des écrits de Swedenborg :

Les livres Guerres de Jéhovah, les Ennoncés et celui de Jashar (livre du juste)

Il y a sept ans, quand je recueillais ce que Moïse avait écrit d’après les deux livres nommés guerres de Jéhovah et énoncés, nombre chapitre 21, des anges étaient présents, et ils me dirent que ces livres étaient la parole ancienne, dont les historiques étaient appelés les guerres de Jéhovah, et les prophétiques, les énoncés; et ils ajoutèrent que cette parole était encore conservée dans le ciel, et en usage chez les anciens, chez qui elle avait été quand ils vivaient dans le monde. Ces anciens, chez qui cette parole est encore en usage dans le ciel, avaient pour la plupart habité la terre de Canaan, et les contrées environnantes, telles que la Syrie, la Mésopotamie, l’Arabie, la Chaldée, l’Assyrie, l’Égypte, Sidon, Tyr, Ninive, royaumes dont les habitants avaient été dans le culte représentatif, et par suite dans la science des correspondances; la sagesse de ce temps venait de cette science, et par elle ils avaient une perception intérieure, et une communication avec les cieux: ceux qui connaissaient les correspondances de cette parole ont été appelés sages et intelligents, et plus tard devins et mages. Mais comme cette parole était remplie de ces correspondance, qui signifiaient d’une manière éloignée les célestes et les spirituels, et qu’en raison de cela elle avait commencé à être falsifiée par plusieurs, la divine providence du seigneur la fit disparaitre par la succession du temps; et une autre parole, écrite par des correspondances moins éloignées, fut donnée, et cela, par les prophètes chez les fils d’Israël. dans cette parole ont été retenus plusieurs noms de lieux, qui étaient non seulement dans la terre de Canaan, mais aussi à l’entour en Asie, lesquels signifiaient tous des choses et des états de l’église; mais les significations venaient de cette ancienne parole. C’est pour cela qu’Abram reçut ordre d’aller dans cette terre, et que sa postérité issue de Jacob y fut introduite. Voici sur cette parole ancienne, qui était en Asie avant la parole israélite, quelque chose de nouveau qu’il m’est permis de rapporter, c’est qu’elle y est encore conservée chez des peuples qui habitent dans la grande Tartarie; j’ai conversé avec des esprits et des anges qui dans le monde spirituel étaient de cette contrée; ils m’ont dit qu’ils possèdent la parole, et qu’ils l’ont possédée dès les temps anciens; qu’ils font leur culte selon cette parole divine, et qu’elle consiste en de pures correspondances: ils m’ont dit que dans cette parole il y a aussi le livre de Jashar ( ou du juste ), dont il est parlé dans Josué 10 13 , et dans le livre de Samuel 2 chapitre 1 versets 17 à 18 ; puis aussi, qu’il y a chez eux les livres, nommés guerres de Jéhovah et énoncés, qui sont cités par Moïse, nombre 21 14 à 15 – et 27 à 30 : et quand j’eus lu devant eux les paroles que Moïse en avait tirées, ils cherchèrent si elles y étaient et ils les trouvèrent: par là il fut évident pour moi que la parole ancienne est encore chez eux. Dans ma conversation avec eux, ils me dirent qu’ils adorent Jéhovah, quelques-uns comme dieu invisible, d’autres comme dieu visible. De plus, ils me rapportèrent qu’ils ne souffrent pas que les étrangers entrent chez eux, excepté les chinois, avec qui ils cultivent la paix, parce que l’empereur de la chine est de la Tartarie; ils me dirent aussi que leur population est si nombreuse qu’ils ne croient pas qu’il y ait dans le monde entier une région aussi populeuse cela aussi est croyable d’après la muraille d’un si grand nombre de milles, que les chinois avaient construite pour leur défense contre les invasions que faisaient autrefois les tartares. En outre, j’ai su par les anges, que les premiers chapitres de la genèse dans lesquels il s’agit de la création, d’Adam et d’Ève, du jardin d’éden, de leur fils et de leurs descendants jusqu’au déluge, et même de Noé et de ses fils, sont aussi dans cette parole, et qu’ainsi ils en ont été extraient par Moïse. Les anges et les esprits, qui proviennent de la grande Tartarie, apparaissent dans la plage méridionale du côté de l’orient, et ont été séparés des autres, en cela qu’ils habitent dans une étendue plus élevée; qu’ils n’admettent avec eux personne du monde chrétien; et que si quelques-uns y montent, ils les surveillent, afin qu’ils ne sortent point. La cause de cette séparation vient de ce qu’ils possèdent une autre parole.

La Charité et la Foi | extrait des écrits de Swedenborg :

La Charité et la Foi

Un ange me dit un jour: veux-tu voir clairement ce que c’est que la foi et la charité, par conséquent ce que c’est que la foi séparée de la charité, et ce que c’est que la foi conjointe à la charité ? et je le démontrerai à l’œil. Je répondis: démontre. Et il dit: au lieu de penser à la foi et à la charité, pense à la lumière et à la chaleur, et tu verras clairement; la foi dans son essence est la vérité qui appartient à la sagesse, et la charité dans son essence est l’affection qui appartient à l’amour; or, la vérité de la sagesse dans le ciel est lumière, et l’affection de l’amour dans le ciel est chaleur; la lumière et la chaleur, dans lesquelles sont les anges, ne sont pas dans leur essence autre chose; de là tu peux voir clairement ce que c’est que la foi séparée de la charité, et ce que c’est que la foi conjointe à la charité. La foi séparée de la charité est comme la lumière de l’hiver, et la foi conjointe à la charité est comme la lumière du printemps; la lumière de l’hiver, qui est la lumière séparée de la chaleur, étant conjointe au froid, dépouille entièrement les arbres, même de leurs feuilles, fait mourir les herbes, durcit la terre, et congelé les eaux; mais la lumière du printemps, qui est la lumière conjointe à la chaleur, fait pousser les arbres d’abord en feuilles, puis en fleurs, et enfin en fruits; elle ouvre et amollit la terre pour qu’elle produise le gazon, les herbes, les fleurs et les arbrisseaux; elle fond aussi la glace pour que les eaux s’écoulent des sources. Il en est absolument de même de la foi et de la charité; la foi séparée de la charité fait tout mourir, et la foi conjointe à la charité vivifie tout: cette vivification et cette action mortifère peuvent être vues au vif dans notre monde spirituel, parce qu’ici la foi est lumière et la charité est chaleur; car où la foi est conjointe à la charité, là sont des jardins paradisiaques, des parterres émaillés de fleurs des lieux pleins de verdure, avec leurs agréments selon la conjonction; mais où la foi est séparée de la charité, là il n’y a pas même de l’herbe, et s’il s’y trouve quelque verdure, ce n’est que celle des ronces et des épines. Il y avait alors non loin de nous quelques ecclésiastiques que l’ange appelait justificateurs et sanctificateurs des hommes par la foi seule, et aussi arcanistes; nous leur dimes les mêmes choses, et les démontrâmes jusqu’à leur faire voir que cela était ainsi; et lorsque nous leur demandâmes si cela n’était pas ainsi, ils se détournèrent et dirent: nous n’avons pas entendu. Mais nous leur criâmes en disant: entendez nous donc maintenant. Alors ils mirent les deux mains devant leurs oreilles, et s’écrièrent: nous ne voulons pas entendre. Après cela, je parlai avec l’ange sur la foi solitaire, et je dis que par une vive expérience il m’avait été donné de savoir que cette foi est comme la lumière de l’hiver; et je racontai que pendant quelques années des esprits de foi différente passaient près de moi, et que toutes les fois que ceux qui avaient séparé la foi d’avec la charité m’approchaient, un tel froid s’emparait de mes pieds, et successivement de mes lombes et de ma poitrine, que je savais à peine autre chose sinon que tout le vital de mon corps allait s’éteindre, ce qui même serait arrivé, si le seigneur n’eut chassé ces esprits et ne m’eut délivré: ce qui me paraissait surprenant, c’est que ces esprits ne sentaient aucun froid en eux, ainsi qu’ils me le déclaraient; c’est pourquoi je les comparais aux poissons sous la glace, qui ne sentent non plus aucun froid, parce que leur vie, et par suite leur nature, sont en elles même froides je percevais alors que ce froid émanait de la lumière chimérique de leur foi, de même qu’il arrive dans les lieux marécageux et sulfureux au milieu de l’hiver après que le soleil est couché; les voyageurs voient ça et là une semblable lumière chimérique et froide. Ces esprits peuvent être comparés aux montagnes de glace qui, séparées violemment de leurs places dans les terres boréales, sont portées ça et là dans l’océan, et dont j’ai entendu raconter qu’à leur approche tous ceux qui sont dans la foi séparée de la charité peuvent donc être assimilées à ces montagnes, et même, si l’on veut, être appelées ainsi. On sait, d’après la parole, que la foi sans la charité est morte, mais je dirai d’où vient sa mort: sa mort vient du froid, et de ce que cette foi expire comme, dans la rigueur de l’hiver, un oiseau qui d’abord meurt quant à la vue et en même temps quant au vol, et enfin quant à la respiration, et qui alors tombe de dessus sa branche dans la neige, et y est enseveli.