Le sens spirituel de Matthieu 24:4-41

D’après les Arcanes Célestes, d’Emanuel Swedenborg :

En version audio

Et Jésus, répondant, leur dit : Prenez garde que personne ne vous séduise; car plusieurs viendront en mon nom, disant : Moi, je suis le Christ ; et ils en séduiront plusieurs.
Là, le nom ne signifie pas le nom, et le Christ ne signifie pas le Christ; mais le nom signifie ce par quoi le Seigneur est adoré, et le Christ signifie le vrai même; ainsi ces paroles signifient qu’il en viendra qui diront que telle chose appartient à la foi ou que c’est le vrai, tandis que cependant elle n’appartiendra pas à la foi, et sera non le vrai mais le faux.

Et vous entendrez parler de guerres et de bruits de guerres ; prenez garde que vous ne soyez troublés, car il faut que tout arrive ; mais la fin n’est pas encore.
c’est-à-dire qu’il y aura au sujet des vrais des discussions et des contestations, qui sont des guerres dans le sens spirituel

Car nation s’élèvera contre nation, et royaume contre royaume
c’est-à-dire que le mal combattra contre le mal et le faux contre le faux; que la nation soit le bien, et dans le sens opposé, le mal; et que le royaume soit le vrai, et dans le sens opposé, le faux

et il y aura des famines, et des pestes, et des tremblements de terre en divers lieux.
c’est-à-dire qu’il n’y aura plus aucune connaissance du bien et du vrai, et qu’ainsi l’état de l’Église aura été changé, ce qui est signifié par les tremblement de terre.

D’après ce qui vient d’être dit, ce qui est entendu par ces paroles du Seigneur devient évident: on voit clairement que c’est le premier état de la perversion de l’Église, c’est-à-dire quand on commence à ne plus savoir ce que c’est que le bien ni ce que c’est que le vrai, et à avoir sur le bien et le vrai des contestations d’où naissent des faussetés. Ces paroles sont adressées aux disciples, pour signifier qu’elles le sont à tous ceux qui sont de l’Église, car les douze disciples les représentaient

Mais toutes ces choses sont un commencement de douleurs.
signifie ce qui précède, savoir, ce qui appartient au premier État de la perversion de l’Église, lequel, comme il a été dit, consiste en ce que les hommes commençaient à ne plus savoir ce que c’est que le bien, ni ce que c’est que le vrai, mais en faisaient entre eux le sujet de disputes, d’où sont provenues les faussetés et par conséquent les hérésies. Que ce soit là ce qui depuis un grand nombre de siècles a perverti l’Église, on le voit clairement en ce que l’église dans le monde Chrétien a été divisée, et cela selon les opinions sur le bien et sur le vrai, ainsi en ce que la perversion de l’Église a commencé depuis un temps très-reculé.

Alors ils vous livreront pour être affligés, et ils vous feront mourir;
signifie que le bien et le vrai doivent périr, d’abord par les afflictions, c’est-à-dire par la perversion; ensuite parce qu’on tuera le bien et le vrai, c’est-à-dire parce qu’on les niera; que tuer, lorsqu’il se dit du bien et du vrai, soit ne pas être reçu, par conséquent nier; par vous ou par les Apôtres, sont signifiées toutes les choses de la foi dans un seul complexe, ainsi tant le bien de la foi que le vrai de la foi, car c’est là ce qui a été signifié par les douze Apôtres, et ici cela est bien évident, car il s’agit non de la prédication des Apôtres, mais de la consommation du siècle.

et vous serez haïs de toutes les nations à cause de mon nom.
signifie le mépris et l’aversion pour toutes les choses qui appartiennent au bien et au vrai; haïr c’est avoir du mépris et de l’aversion, car le mépris et l’aversion appartiennent à la haine; de toutes les nations, c’est de ceux qui sont dans le mal. A cause de mon Nom, c’est à cause du Seigneur, ainsi à cause de tout ce qui procède de Lui; que le Nom du Seigneur soit dans un seul complexe tout ce par quoi il est adoré, ainsi tout ce qui appartient à son Église

Et alors plusieurs seront scandalisés, et se livreront l’un l’autre, et se haïront l’un l’autre ;
signifie les inimitiés à cause du bien et du vrai; plusieurs se scandaliseront, c’est l’inimitié en soi, l’Humain Même du Seigneur est le sujet de l’inimitié. Que cet Humain doive être une pierre d’achoppement et un scandale, c’est ce qui est prédit çà et là dans la Parole; ils se trahiront les uns les autres, c’est l’inimitié entre eux d’après le faux contre le vrai; et se haïront les uns les autres, c’est l’inimitié entre eux d’après le mal contre le bien.

et plusieurs faux prophètes s’élèveront et en séduiront plusieurs :
signifient les prédications du faux; les faux prophètes sont ceux qui enseignent les faux, ainsi c’est la doctrine fausse; et séduiront beaucoup de gens, ce sont les dérivations qui en proviennent.

et parce que l’iniquité prévaudra, l’amour de plusieurs sera refroidi;
signifie l’expiration de la Charité avec la foi; parce que l’iniquité sera multipliée, c’est selon les faux de la foi; la charité de plusieurs sera refroidi, c’est l’expiration de la charité. En effet, la charité et la foi vont d’un pas égal; où il n’y a pas de foi il n’y a pas de charité, et où il n’y a pas de charité il n’y a pas de foi; mais c’est la charité qui reçoit la foi, et la charité qui rejette la foi est nulle; de là l’origine de tout faux et de tout mal.

mais celui qui persévérera jusqu’à la fin, celui-là sera sauvé.
signifie le salut ceux qui seront dans la charité; celui qui persévère jusqu’à la fin est celui qui ne se laisse pas séduire, ainsi celui qui ne succombe pas dans les tentations.

Et cet évangile du royaume sera prêché dans la terre habitée tout entière, en témoignage à toutes les nations ; et alors viendra la fin.
signifie que cela auparavant deviendra notoire dans le monde Chrétien; sera prêché, c’est-à-dire deviendra notoire; cet évangile du royaume, c’est ce vrai que cela est ainsi; l’évangile est l’annonce, le royaume est le vrai; dans toute la terre habitée, c’est le monde Chrétien; que la terre soit la contrée où est l’ l’église, ainsi le monde Chrétien; l’Église ici est appelée l’habitée d’après la vie de la foi, c’est-à-dire d’après le bien qui appartient au vrai; car habiter, dans le sens interne, c’est vivre, et les habitants sont les biens du vrai; pour témoignage, c’est pour qu’on sache, afin qu’on ne prétexte pas qu’on a ignoré; à toutes les nations, c’est aux méchants: en effet, quand on est dans le faux et dans le mal, on ne sait plus ce que c’est que le vrai, ni ce que c’est que le bien; on croit alors que le faux est le vrai et que le mal est le bien, et vice versa: quand l’Église est dans cet état, alors doit arriver la fin.
Que telle soit l’Église, c’est ce qui ne se manifeste pas aux yeux de ceux qui sont dans l’Église, c’est-à-dire qu’il ne leur semble pas qu’ils aient du mépris et de l’aversion pour toutes les choses qui concernent le bien et le vrai, ni qu’ils aient de l’inimitié contre elles, surtout contre le Seigneur Lui-Même; car ils fréquentent les temples, ils écoutent les prédications, ils s’y tiennent dans une sorte de sainteté, ils se rendent à la sainte cène, et parfois parlent ensemble de ces choses avec décence, aussi bien les méchants que les bons; ils vivent même entre eux dans la charité civile ou dans l’amitié; de là vient qu’aux yeux des hommes il ne semble pas qu’il y ait aucun mépris, et encore moins qu’il y ait de l’aversion, et bien moins encore qu’il y ait de l’inimitié contre les biens et les vrais de la foi, ni par conséquent contre le Seigneur; mais ce sont là les formes externes par lesquelles ils se séduisent les uns les autres, tandis que les formes internes des hommes de l’église sont entièrement différentes, et même entièrement opposées aux formes externes; ce sont les formes internes qui sont ici décrites et qui sont telles; dans les cieux ces formes se montrent d’une manière vivante telles qu’elles sont, car les Anges ne font attention qu’aux internes seuls, c’est-à-dire aux fins, ou aux intentions et aux volontés, et aux pensées qui en proviennent; on peut juger combien les formes internes diffèrent des formes externes d’après ceux qui viennent du monde Chrétien dans l’autre vie; en effet, dans l’autre vie, c’est seulement d’après les internes qu’on pense et qu’on parle, car les externes ont été laissés avec le corps; là on voit clairement que, bien que de tels hommes aient paru pacifiques dans le monde, ils se sont néanmoins haïs les uns les autres, et ont eu de la haine contre tant ce qui appartient à la foi, surtout contre le Seigneur, car lorsque le Seigneur est seulement nommé devant eux dans l’autre vie, une sphère non-seulement de mépris, mais aussi d’aversion et d’inimitié contre Lui émane d’eux avec évidence et se répand à l’entour; elle émane même de ceux qui selon l’apparence ont parlé saintement du Seigneur, ainsi que de ceux qui l’ont prêché; il en est de même quand la Charité et la foi sont nommées: dans la forme interne, qui là est manifestée, ils sont tels que si, tandis qu’ils ont vécu dans le monde, les externes leur eussent été déliés et enlevés, c’est-à-dire s’ils n’y eussent pas craint pour leur vie, et redouté les lois, et craint surtout pour leur réputation à cause des honneurs qu’ils ambitionnaient et poursuivaient; et à cause des richesses qu’ils convoitaient et recherchaient avidement, ils se seraient précipités l’un contre l’autre d’après leur haine intestine, selon leurs desseins et leurs pensées, et auraient sans aucune conscience pillé les biens des autres, et aussi sans aucune conscience massacré les autres et principalement les innocents.

Quand donc vous verrez l’abomination de la désolation
signifie la dévastation de l’Église, dévastation qui arrive lorsque le Seigneur n’est plus reconnu, par conséquent lorsqu’il n’y a plus aucun amour ni aucune foi en Lui, et lorsqu’il n’y a plus aucune charité envers le prochain, ni par conséquent aucune foi du bien et du vrai; quand il en est ainsi dans l’Église ou plutôt dans l’étendue de pays où est la Parole, savoir, dans ce qu’on pense du fond du cœur, quoique non dans la doctrine de la bouche, alors il y a désolation, et ce dont il vient d’être parlé est l’abomination de la désolation; de là, « quand vous verrez l’abomination de la désolation » c’est quand quelqu’un remarque que cela existe; ce qu’il doit faire alors est indiqué dans les versets 16 – 18.

dont il a été parlé par Daniel le prophète,
signifie, dans le sens interne, par les prophètes; car lorsque quelque prophète est désigné par son nom dans la Parole, ce qui est entendu, ce n’est pas ce prophète, mais c’est la Parole Prophétique elle-même, parce que les Noms ne pénètrent jamais dans le ciel; mais par tel prophète il n’est pas signifié la même chose que par tel autre; quant à Daniel, il signifie tout Prophétique concernant l’avènement du Seigneur, et l’état de l’Église, ici, le dernier état de l’Église; dans les Prophètes il est beaucoup question de la Dévastation; et là, dans le sens de la lettre, par elle est signifiée la dévastation de l’Église Juive et Israélite, mais dans le sens interne c’est la dévastation de l’église dans le commun, par conséquent c’est aussi la dévastation qui arrive maintenant.

établie dans le lieu saint
signifie la dévastation quant à toutes les choses qui appartiennent au bien et au vrai; le lieu saint est l’état de l’amour et de la foi: que dans le sens interne le lieu soit l’état ; le saint de cet état, c’est le bien qui appartient à l’amour et par suite le vrai qui appartient à la foi, il n’est pas entendu autre chose dans la Parole par le saint, parce que ce bien et ce vrai procèdent du Seigneur, qui est le Saint Même ou le Sanctuaire.

que celui qui lit comprenne,
signifie que ces choses doivent être bien observées par ceux qui sont de l’Église, surtout par ceux qui sont dans l’amour et dans la foi, c’est de ceux-ci qu’il s’agit maintenant.

alors que ceux qui sont en Judée s’enfuient dans les montagnes
signifie que ceux qui sont de l’Église ne doivent regarder que vers le Seigneur, par conséquent n’avoir en vue que l’amour pour Lui et la charité envers le prochain; que la Judée signifie l’Église, c’est ce qui sera expliqué ci-dessous; que par la montagne soit entendu le Seigneur Lui-Même, mais que les montagnes signifient l’amour pour Lui et la charité envers le prochain ; selon le sens de la lettre, ce serait que, quand Jérusalem, ainsi qu’il est arrivé, serait assiégée par les Romains, il faudrait se rendre non dans cette ville, mais sur les montagnes. En effet, toutes les choses, en général et en particulier, qui sont rapportées dans la Parole sur le peuple Juif et Israélite, sont des représentatifs du Royaume du Seigneur dans les cieux, et du Royaume du Seigneur sur les terres, c’est-à-dire, de l’Église, ainsi qu’il a été très souvent expliqué; c’est de là que par Jérusalem dans le sens interne il n’est entendu nulle part Jérusalem, ni par la Judée, la Judée; mais ce sont des choses par lesquelles ont pu être représentés les célestes et les spirituels du Royaume du Seigneur, et même elles sont arrivées afin qu’elles les représentassent; ainsi la Parole a pu être écrite de manière qu’elle fût à la portée de l’homme qui la lirait, et selon l’entendement des anges qui sont chez l’homme; ce fut aussi pour cela que le Seigneur a parlé un semblable langage; car s’il en eût tenu un autre, il n’aurait été adapté ni à la portée de ceux qui auraient lu, surtout à cette époque-là, ni en même temps à l’entendement des anges, par conséquent il n’aurait été ni reçu par l’homme ni compris par les Anges.

que celui qui est sur le toit ne descende pas pour emporter ses effets hors de sa maison
signifie que ceux qui sont dans le bien de la charité ne se transportent pas de là vers les choses qui appartiennent aux doctrinaux de la foi; le toit de la maison dans la Parole signifie l’état supérieur de l’homme, ainsi son état quant au bien; les choses qui sont en bas signifient l’état inférieur de l’homme, ainsi l’état quant au vrai: quant à l’état de l’homme de l’Église, voici ce qu’il en est: quand l’homme est régénéré, il apprend le vrai en vue du bien, car il y a en lui l’affection du vrai à cause du bien; mais après qu’il a été régénéré, il agit alors d’après le vrai et le bien; après qu’il est parvenu à cet état, il ne doit pas se replacer dans l’état antérieur, car s’il le faisait, il raisonnerait d’après le vrai sur le bien dans lequel il est, et pervertirait ainsi son état; en effet, tout raisonnement cesse et doit cesser, quand l’homme est dans l’état de vouloir le vrai et le bien, car alors c’est d’après la volonté, par conséquent d’après la conscience, qu’il pense et agit, et non d’après l’entendement, comme auparavant; s’il pensait et agissait de nouveau d’après l’entendement, il tomberait dans des tentations dans lesquelles il succomberait; voilà ce qui est signifié par ces paroles

et que celui qui est aux champs ne retourne pas en arrière pour emporter son vêtement.
signifie que ceux qui sont dans le bien du vrai ne se transportent pas non plus de ce bien vers le doctrinal du vrai: dans la Parole, le champ signifie cet état de l’homme quant au bien; et le vêtement ou la tunique signifie ce qui revêt le bien, c’est-à-dire, le doctrinal du vrai, car ce doctrinal est comme un vêtement pour le bien. Chacun peut voir que dans ces paroles se trouvent renfermées des choses plus profondes que celles qui se montrent dans la lettre; en effet, le Seigneur Lui-Même les a prononcées. Il peut donc être évident, d’après ce qui précède, que l’état dévastation de l’Église quant aux biens de l’amour et aux vrais de la foi a été pleinement décrit dans ces Versets. et qu’il y a eu même temps exhortation à ceux qui sont dans ces biens et dans ces vrais sur ce qu’ils doivent faire alors. Il y a, au-dedans de l’Église, des hommes de trois genres, savoir: ceux qui sont dans l’amour pour le Seigneur; ceux qui sont dans la Charité envers le prochain; et ceux qui sont dans l’affection du vrai. Ceux de la Première Classe, savoir: ceux qui sont dans l’amour pour le Seigneur, sont spécialement signifiés par ces mots: que ceux qui seront dans la Judée s’enfuient dans les montagnes; ceux de la Seconde Classe, ou ceux qui sont dans la charité envers le prochain sont spécialement signifiés par: que celui qui sera sur le toit de la maison ne descende pas pour emporter quelque chose de sa maison ; ceux de la Troisième Classe, ou ceux qui sont dans l’affection du vrai, sont spécialement signifiés par: que celui qui sera dans le champ ne retourne pas en arrière pour prendre son vêtement.
Dans ce qui précède chez l’Évangéliste, il a été question du Premier et du Second État de la perversion de l’église; que le Premier état ait consisté en ce que les hommes commençaient à ne plus savoir ce que c’est que le bien ni ce que c’est que le vrai, mais en faisaient entre eux le sujet de disputes d’où sont provenues les faussetés; et que le Second état ait consisté en ce que le bien et le vrai allaient être méprisés et pris aussi en aversion, et qu’ainsi la foi pour le Seigneur allait expirer par degrés selon que la charité cesserait; ici maintenant, il s’agit du Troisième État, qui est celui de la désolation de l’église quant au bien et au vrai. Le Quatrième état, dont il s’agit maintenant ici, est l’état de la profanation du bien et du vrai; que ce soit cet état qui est décrit ici, c’est ce qu’on peut voir par chacune des choses qui y sont signifiées dans le sens interne, dont voici l’explication.

Mais malheur à celles qui sont enceintes et à celles qui allaitent en ces jours-là !
signifie ceux qui ont été imbus du bien de l’amour pour le Seigneur et du bien de l’innocence; Malheur! est une formule qui signifie le danger de la damnation éternelle; être enceinte, c’est concevoir le bien de l’amour céleste; allaiter est aussi l’état de l’innocence; ces jours-là, ce sont les états dans lesquels sera alors l’Église.

Et priez que votre fuite n’ait pas lieu en hiver, ni un jour de sabbat
signifie l’éloignement des biens de l’amour et de l’innocence, de peur que cela ne se fasse précipitamment dans un état de trop grand froid, ou dans un état de trop grande chaleur; la fuite est l’éloignement de l’état du bien de l’amour et du bien de l’innocence, dont il vient d’être parlé; la fuite l’hiver, c’est l’éloignement de ces biens dans un état de trop grand froid, il y a froid quand il y a pour eux une aversion qui est produite par les amours de soi; la fuite le Sabbat est l’éloignement de ces biens dans un état de trop grande chaleur, la chaleur est le saint externe lorsqu’en dedans il y a l’amour de soi et du monde.

car alors il y aura une grande tribulation, telle qu’il n’y en a point eu depuis le commencement du monde jusqu’à maintenant, et qu’il n’y en aura jamais.
signifie le plus haut degré de la perversion et de la dévastation de l’église quant au bien et au vrai, c’est la profanation; en effet, la profanation du saint amène une mort éternelle et bien plus grave que celle causée par tous les autres états du mal, et d’autant plus grave que ce sont les biens et les vrais intérieurs qui sont profanés; comme ces biens et ces vrais intérieurs ont été ouverts et connus dans l’église Chrétienne, et ont été profanés, il est dit qu’il y aura alors une affliction grande, telle que point il n’y en a eu depuis le commencement du monde jusqu’à présent, et point il n’y en aura.

Et si ces jours-là n’eussent été abrégés, nulle chair n’eût été sauvée ; mais, à cause des élus, ces jours-là seront abrégés.
signifie chez ceux qui sont de l’Église l’éloignement des biens et des vrais intérieurs vers les extérieurs, afin que cependant ceux qui sont dans la vie du bien et du vrai puissent être sauvés; abréger les jours, signifie l’état de l’éloignement; aucune chair sauvée, signifie qu’autrement personne ne pourrait être sauvé; les élus signifient ceux qui sont dans la vie du bien et du vrai.
Maintenant, il s’agit de l’état de l’Église, telle qu’elle est alors quant à la doctrine dans le commun, et telle qu’elle est dans le particulier chez ceux qui sont dans un culte externe saint, mais dans un culte interne profane, c’est-à-dire, qui de bouche confessent le Seigneur avec une sainte vénération, mais qui de cœur n’adorent qu’eux-mêmes et le monde, de sorte que le culte du Seigneur est pour eux un moyen d’acquérir des honneurs et des richesses; autant ceux-là ont reconnu le Seigneur, la vie céleste et la foi, autant ils profanent quand ils deviennent tels. Il s’agit maintenant de cet état de l’Église, comme on pourra mieux le voir par le sens interne des paroles du Seigneur, qui ont été ci-dessus rapportées; voici ce sens.

Alors, si quelqu’un vous dit : Voici, le Christ est ici, ou : Il est là, ne le croyez pas.
signifie l’exhortation afin qu’on se tienne en garde contre leur doctrine: Le Christ est le Seigneur quant au Divin Vrai, par suite, c’est le Seigneur quant à la Parole et quant à la Doctrine d’après la Parole; qu’ici ce soit le contraire, savoir, le Divin Vrai falsifié ou la doctrine du faux, cela est évident: que Jésus soit le Divin Bien, et Christ le Divin Vrai

Car il s’élèvera de faux christs et de faux prophètes ;
signifie les faux de cette doctrine; que les faux Christs soient des doctrinaux d’après la Parole falsifiés, ou des vrais non Divins ; et que les faux prophètes soient ceux qui enseignent ces faux; ceux qui enseignent les faux, sont dans le monde Chrétien principalement ceux qui ont pour fin leur propre excellence, puis l’opulence du monde, car ceux-là pervertissent en leur faveur les vrais de la Parole; en effet, quand on a pour fin l’amour de soi et l’amour du monde, on ne pense à rien d’autre; ce sont là les faux Christs et les faux prophètes.

et ils montreront de grands signes et des prodiges,
signifie confirmant et persuadant par des apparences externes et des illusions, par lesquelles les simples se laissent séduire; que ce soit là donner signes et prodiges, c’est ce qui, d’après la Divine Miséricorde du Seigneur, sera montré ailleurs.

de manière à séduire, si possible, même les élus.
signifie ceux qui sont dans la vie du bien et du vrai, et par suite chez le Seigneur; ce sont là ceux qui dans la Parole sont appelés élus: ceux-ci se montrent rarement dans la réunion de ceux qui voilent un culte profane sous un culte saint, ou s’ils s’y montrent ils ne sont point connus, car le Seigneur les cache et les met ainsi en sûreté; en effet, avant qu’ils aient été confirmés, ils se laissent facilement entrainer par des Saintetés externes, mais après qu’ils ont été confirmés, ils demeurent fermes; car ils sont tenus par le Seigneur dans la compagnie des anges, ce qu’ils ignorent eux-mêmes, et alors il est impossible qu’ils soient séduits par cette tourbe abominable.

Voici, je vous l’ai dit à l’avance.
signifie l’exhortation à la prudence, savoir, afin qu’ils se tiennent en garde, car ils sont au milieu des faux prophètes, qui se montrent en habits de brebis, mais qui intérieurement sont des loups ravissants, – Matthieu 7 15; — ces faux prophètes sont les fils du siècle, qui sont plus prudents, c’est-à-dire, plus rusés que les fils de la lumière dans leur génération, et dont il est parlé dans Luc, 16 8; c’est pourquoi le Seigneur exhorte ceux-ci par ces paroles: « Voici, Moi, je vous envoie comme des brebis au milieu des loups, soyez donc prudents comme les serpents et simples comme les colombes.  » – Matthieu 10 16.

Si donc on vous dit : Voici, il est au désert, ne sortez pas ; voici, il est dans les chambres intérieures, ne le croyez pas.
signifie qu’il ne faut pas croire ce qu’ils disent sur le vrai, ni ce qu’ils disent sur le bien, ni plusieurs autres choses: que ce soit là ce qui est signifié, personne ne peut le voir, si ce n’est celui qui connaît le sens interne; qu’il y ait un arcane contenu dans ces paroles, on peut le savoir en ce que le Seigneur les a prononcées, et que, sans un autre sens intérieurement caché, c’est quelque chose de néant, à savoir, de ne point sortir si l’on dit que le Christ est dans le désert, et de ne point croire, si l’on dit qu’il est dans l’appartement le plus retiré; mais c’est le vrai dévasté qui est signifié par le désert, et c’est le bien dévasté qui est signifié par l’appartement le plus retiré ou le plus secret; si le vrai dévasté est signifié par le désert, cela vient de ce que, quand l’Église a été dévastée, c’est-à-dire, quand il n’y a plus en elle aucun vrai Divin, parce qu’il n’y a plus aucun bien, ou qu’il n’y a plus ni amour pour le Seigneur ni charité envers le prochain, alors elle est dite un désert ou être dans le désert, car par le désert est entendu tout ce qui est inculte ou inhabité, et ce qui a peu de vital, comme est alors le vrai dans l’Église; de là, il est évident que le désert ici est l’Église dans laquelle il n’y a point de vrai; l’appartement le plus retiré ou le plus secret signifie dans le sens interne l’Église quant au bien, puis simplement le bien; l’Église qui est dans le bien est appelée la maison de Dieu; l’appartement le plus retiré, ce sont les biens et les choses qui sont dans la maison; si l’on ne doit pas croire ce qu’ils disent sur le vrai ni ce qu’ils disent sur le bien, c’est parce qu’ils appellent vrai le faux, et bien le mal, car ceux qui ont pour fin eux-mêmes et le monde, par le vrai et le bien ne comprennent autre chose, sinon qu’ils doivent être eux-mêmes adorés, et qu’on doit leur faire du bien; et s’ils inspirent la piété, c’est pour se montrer en habits de brebis. En outre, comme la Parole, que le Seigneur a prononcée, contient en soi des choses innombrables, et comme le désert est un mot d’une large signification, car tout ce qui est inculte et inhabité est appelé désert, et que toutes les choses qui sont intérieures sont appelées appartements les plus retirés, voilà aussi pourquoi par le désert est signifiée la Parole de l’Ancien Testament, car cette Parole est censée abrogée, et par l’appartement le plus retiré la Parole du Nouveau Testament, parce qu’elle enseigne les intérieurs ou ce qui concerne l’homme interne : pareillement encore toute la Parole est appelée désert, quand elle ne sert plus pour les doctrinaux, et sont appelées appartement le plus retiré les institutions humaines qui, parce qu’elles s’écartent des préceptes et des règles de la Parole, font que la Parole est un désert; c’est même ce qui est notoire dans le monde Chrétien, car ceux qui sont dans un culte externe saint et dans un culte interne profane, à cause des innovations qui ont pour fins leur élévation au-dessus de tous et leur opulence par dessus tous, abrogent la Parole, et même à un tel point, qu’ils ne permettent pas qu’elle soit lue par les autres: et ceux qui ne sont pas dans un tel culte profane, quoiqu’ils regardent la Parole comme sainte et qu’ils permettent au vulgaire de la lire, la font plier et l’expliquent néanmoins selon leurs doctrinaux, ce qui fait que dans la Parole toutes les autres choses, qui ne sont pas conformes à leurs doctrinaux, sont un désert, comme on peut suffisamment le voir par ceux qui placent le salut dans la foi seule et méprisent les œuvres de la charité; ceux-là rendent comme un désert tout ce que le Seigneur a dit Lui-Même dans le Nouveau Testament, et tant de fois dans l’Ancien Testament, sur l’Amour et sur la Charité; et, de toutes les choses qui appartiennent à la foi sans les œuvres, ils font l’appartement le plus retiré

Car comme l’éclair sort de l’orient et apparaît jusqu’à l’occident, ainsi sera la venue du fils de l’homme.
signifie qu’il en était du culte interne du Seigneur, comme de l’éclair qui est sur le champ dissipé; en effet, l’éclair signifie ce qui appartient à la lumière céleste, par conséquent ce qui se dit de l’amour et de la foi, car l’amour et la foi appartiennent à la lumière céleste; l’orient dans le sens suprême est le Seigneur; dans le sens interne, c’est le bien de l’amour, de la charité et de la foi procédant du Seigneur ; l’occident dans le sens interne est ce qui s’est couché ou ce qui a cessé d’être, ainsi la non-reconnaissance du Seigneur et la non-reconnaissance du bien de l’amour, de la charité et de la foi; par conséquent l’éclair qui sort de l’orient et brille jusqu’à l’occident, c’est la dissipation; l’avènement du Seigneur, ce n’est pas, selon la lettre, qu’Il paraitra une seconde fois dans le monde, mais c’est sa présence dans chacun, présence qui se répète autant de fois que l’Évangile est prêché et que la pensée se porte sur ce qui est saint.

Car, où que soit le corps mort, là s’assembleront les aigles.
signifie que les confirmations du faux par les raisonnements se multiplieront dans l’Église dévastée: quand l’Église est sans le bien et par suite sans le vrai de la foi, ou quand elle a été dévastée, elle est dite morte, car sa vie vient du bien et du vrai; lors donc qu’elle est morte, elle est comparée à un cadavre; les raisonnements sur les biens et les vrais en ce qu’ils n’existent qu’autant qu’on les comprend, et les confirmations du mal et du faux par ces raisonnements, sont les aigles, comme on peut le voir par ce qui va suivre; qu’ici le Cadavre soit l’Église sans la vie de la charité et de la foi, cela est évident d’après les paroles du Seigneur, lorsqu’il parle de la consommation du siècle, dans Luc 17 37 :  » Les disciples disaient: Où, Seigneur ? ( c’est-à-dire, où se fera la consommation du siècle ou le jugement dernier ? ) Jésus leur dit: « Où sera le corps, là s’assembleront les aigles » ; – là, le Corps est au lieu du cadavre, car c’est le corps mort qui est entendu ici, et signifie l’Église; en effet, on voit çà et la, dans la Parole, que le jugement doit commencer par la maison de Dieu ou par l’Église. Voilà ce que signifient les paroles du Seigneur maintenant rapportées et expliquées dans le sens interne; celui qui les contemple dans l’enchaînement selon l’explication peut voir qu’elles sont dans une série très-belle, bien qu’il semble ne pas en être ainsi dans le sens de la lettre.

Et aussitôt après la tribulation de ces jours-là,
signifie l’état de l’église quant au vrai qui appartient à la foi, état dont il s’agit dans ce qui précède; dans la Parole, çà et là, la désolation du vrai est appelée affliction; que les jours soient les états ; de là il est évident que ces paroles signifient que, quand il n’y aura plus aucune foi, il n’y aura aucune charité; car la foi conduit à la charité: parce qu’elle enseigne ce que c’est que la charité, et la charité reçoit sa qualité des vrais qui appartiennent à la foi, mais les vrais de la foi reçoivent leur essence et leur vie de la charité

le soleil sera obscurci, et la lune ne donnera pas sa lumière,
signifie l’amour pour le Seigneur, qui est le Soleil, et la charité envers le prochain, laquelle est la lune; être obscurci et ne point donner sa lueur, signifie que cet amour et cette charité ne se montreront point, qu’ainsi ils s’évanouiront; que le Soleil soit le céleste de l’amour, et la Lune le spirituel de l’amour, c’est-à-dire, que le soleil soit l’amour pour le Seigneur, et la lune la charité envers le prochain, charité qui existe par la foi ; si telle est la signification du soleil et de la lune, c’est parce que le Seigneur, dans l’autre vie apparaît comme Soleil à ceux qui dans le Ciel sont dans l’amour pour Lui, lesquels sont appelés célestes, et Lune à ceux qui sont dans la charité envers le prochain, lesquels sont appelés spirituels. Jamais le Soleil et la Lune dans les cieux, ou le Seigneur, ne sont obscurcis ni ne perdent leur lueur, mais ils luisent perpétuellement, jamais non plus l’amour pour le Seigneur chez les célestes, et la charité envers le prochain chez les spirituels dans les cieux, ni sur la terre chez ceux dans lesquels sont ces Anges, c’est-à-dire, chez ceux qui sont dans l’amour et dans la charité; quant à ceux qui ne sont dans aucun amour ni dans aucune charité, mais qui sont dans l’amour de soi et du monde, et par suite dans les haines et les vengeances, eux-mêmes introduisent en eux cet obscurcissement; il en est de cela comme du soleil du monde, le soleil luit perpétuellement, mais quand des nuages s’interposent, il ne se montre point

et les étoiles tomberont du ciel
signifie que les connaissances du bien et du vrai périront: dans la Parole, les étoiles quand elles sont nommées ne signifient pas autre chose

et les puissances des cieux seront ébranlées.
signifie les fondements de l’église, qui sont dits être ébranlés et secoués quand ils périssent; en effet, l’Église sur la terre est le fondement du ciel, car l’influx du bien et du vrai, venant du Seigneur par les cieux dans les biens et les vrais qui sont chez l’homme de l’Église, est terminé dans le dernier; quand donc l’homme de l’Église est dans un tel état perverti, qu’il n’admet plus l’influx du bien et du vrai, alors les puissances des cieux sont dites ébranlées; c’est pourquoi le Seigneur pourvoit toujours à ce qu’il reste quelque chose de l’Église, et qu’une Église nouvelle soit instaurée quand la vieille Église périt.

Et alors paraîtra le signe du fils de l’homme dans le ciel
signifie alors l’apparition du Vrai Divin; le signe est l’apparition, le Fils de l’homme est le Seigneur quant au Vrai Divin ; c’est sur cette apparition, ou sur ce signe, que les disciples interrogeaient le Seigneur, quand ils lui disaient: « Dis-nous quand ces choses arriveront, et quel (sera) le signe de ton avènement et de la consommation du siècle, » – Verset 3 de ce Chapitre; – car ils savaient d’après la Parole, que quand le siècle serait consommé le Seigneur viendrait; et ils savaient, d’après le Seigneur, qu’il devait venir de nouveau, et par là ils avaient compris que le Seigneur viendrait une seconde fois dans le monde, ne sachant pas encore que le Seigneur était venu autant de fois que l’Église avait été dévastée; non pas qu’il fût venu en personne, comme lorsqu’il prit l’humain par naissance et le fit Divin, mais il était venu par des apparitions, soit manifestes, comme lorsqu’il apparut à Abraham dans Mamré, à Moïse dans le buisson, au peuple Israélite sur la Montagne de Sinaï, à Josué quand il entra dans la terre de Canaan; soit non de même manifestes comme par les inspirations par lesquelles il a donné la Parole; et enfin par la Parole, car dans la Parole le Seigneur est présent, puisque tout ce qui appartient à la Parole vient de Lui et traite de Lui, comme on peut le voir d’après ce qui a été montré plusieurs fois jusqu’ici; c’est là l’apparition qui est signifiée ici par le signe du Fils de l’homme, et dont il s’agit dans ce Verset.

et alors toutes les tribus de la terre se lamenteront
signifie que tous ceux qui sont dans le bien de l’amour et dans le vrai de la foi seront dans la douleur ; et que les tribus signifient toutes les choses du bien et du vrai, ou de l’amour et de la foi , par conséquent ceux qui sont dans le bien de l’amour et dans le vrai de la foi; il est dit les tribus de la terre, parce qu’ici sont signifiés ceux qui sont au dedans de l’Église ; que la terre soit l’Église

et verront le fils de l’homme venant sur les nuées du ciel, avec puissance et une grande gloire.
signifie qu’alors sera révélée la Parole quant à son sens interne, dans lequel est le Seigneur; le Fils de l’homme est le Vrai Divin qui est dans la Parole; la nuée est le sens littéral; la puissance se dit du bien, et la gloire se dit du vrai, qui y sont ; ce qui suit maintenant concerne l’instauration de la nouvelle Église, ce qui a lieu quand la vieille Église a été dévastée et rejetée.

Et il enverra ses anges avec un grand son de trompette
signifie l’élection, non par des Anges visibles, et moins encore avec des trompettes et de grandes voix, mais par l’influx du Saint bien et du Saint vrai procédant du Seigneur par les Anges; aussi les Anges dans la Parole signifient-ils quelque chose qui appartient au Seigneur ; ici, ils signifient les choses qui procèdent du Seigneur et qui traitent du Seigneur; la trompette et la voix grande signifient l’évangélisation, comme aussi ailleurs dans la Parole.

et ils rassembleront ses élus des quatre vents, depuis l’un des bouts du ciel jusqu’à l’autre bout.
signifie l’instauration de la nouvelle Église; les élus sont ceux qui sont dans le bien de l’amour et de la foi; les quatre vents d’où ils seront assemblés sont tous les états du bien et du vrai; depuis l’extrémité des cieux jusqu’à leur extrémité, ce sont les internes et les externes de l’Église. Telles sont donc les choses qui sont signifiées par ces paroles du Seigneur.

Mais apprenez du figuier la parabole qu’il vous offre: Quand déjà son rameau est tendre et qu’il pousse des feuilles, vous connaissez que l’été est proche.
signifie le premier instant de la nouvelle Église; le figuier est le bien du naturel, la branche est l’affection de ce bien, et les feuilles sont les vrais; la parabole par laquelle ils apprendraient, c’est que ces choses sont signifiées. Celui qui ne connaît pas le sens interne de la Parole, ne peut jamais savoir ce qu’enveloppe la comparaison de l’Avènement du Seigneur avec un figuier, sa branche et ses feuilles; mais comme dans la Parole toutes les choses comparatives sont significatives aussi, par là on peut savoir ce que signifie cette comparaison; dans la Parole, partout où le figuier est nommé, il signifie le bien du naturel ; si sa branche signifie l’affection de ce bien, cela vient de ce que l’affection est produite à profusion par le bien comme la branche par son tronc; que les feuilles soient les vrais ; par là on voit maintenant ce qu’enveloppe cette parabole, savoir, que lorsqu’une Nouvelle Église est créée par le Seigneur, ce qui se manifeste avant toutes choses, c’est le bien du naturel, c’est-à-dire, le bien dans la forme externe avec son affection et ses vrais; par le bien du naturel est entendu non pas le bien dans lequel naît l’homme ou qu’il tient de ses parents, mais un bien qui est spirituel quant à l’origine; personne ne naît dans ce bien, mais le Seigneur l’introduit dans l’homme par les connaissances du bien et du vrai; c’est pourquoi avant que l’homme soit dans ce bien, savoir, dans le bien spirituel, il n’est pas homme de l’Église, quoique d’après le bien né avec lui il apparaisse qu’il le soit.

De même aussi vous, quand vous verrez toutes ces choses, sachez que cela est proche, à la porte.
signifie que quand se manifestent les choses qui sont signifiées dans le sens interne par les paroles des Versets 29, 30, 31 et par celles-ci sur le figuier, il y a consommation de l’Église. c’est-à-dire, Jugement Dernier et Avènement du Seigneur; que par conséquent alors est rejetée la vieille Église, et est instaurée une Église nouvelle: il est dit, aux portes, parce que le bien du naturel et ses vrais sont les premières choses qui sont insinuées dans l’homme, quand il est régénéré et devient Église.

En vérité, je vous dis : Cette génération ne passera point que toutes ces choses ne soient arrivées.
signifie la nation Juive, en ce qu’elle ne sera point extirpée comme les autres nations. Les Juifs qui vivaient avant l’avènement du Seigneur, comme aussi ceux qui ont vécu depuis, n’ont eu des rites de leur Église que cette seule opinion, que le culte Divin consistait seulement dans les externes, ils ne s’inquiétaient nullement de ce qu’ils représentaient et signifiaient; en effet, ils ne savaient pas et ne voulaient pas savoir qu’il y avait un interne du culte et de la Parole, qu’ainsi il y avait une vie après la mort, et par conséquent un ciel, car ils étaient entièrement sensuels et corporels; et comme ils étaient dans les externes séparés d’avec les internes, le culte relativement à eux n’a été qu’un culte idolâtre, aussi étaient-ils très-enclins à adorer des dieux quels qu’ils fussent, pourvu qu’ils fussent persuadés que ces dieux pouvaient les faire prospérer; mais, parce que cette Nation était telle, que ceux qui la composaient avaient pu être dans le saint externe, et par conséquent considérer comme saints les rites par lesquels étaient représentés les célestes du Royaume du Seigneur, et avoir une sainte vénération pour Abraham, Isaac et Jacob, et aussi pour Moïse et Aaron, et ensuite pour David, par lesquels était représenté le Seigneur, et surtout avoir de la sainteté pour la Parole, dans laquelle sont, en général et en particulier, tous les représentatifs et tous les significatifs des choses Divines, c’est pour cela que l’Église représentative a été établie dans cette nation; mais si cette nation eût connu les internes jusqu’à la reconnaissance, alors elle les aurait profanés, et alors elle aurait été dans le profane interne en même temps qu’elle était dans le saint externe, ainsi il n’y aurait pu avoir aucune communication des représentatifs avec le ciel par cette nation; voilà pourquoi les intérieurs ne leur ont pas été découverts, et qu’ils n’ont pas même su que le Seigneur était dans ces intérieurs pour sauver leurs âmes. Comme la tribu de Juda plus que toutes les autres tribus a été telle, et qu’aujourd’hui, ainsi qu’autrefois, les Juifs regardent comme saints les rites qui peuvent être observés hors de Jérusalem, et ont aussi une sainte vénération pour leurs pères, et surtout de la sainteté pour la Parole de l’Ancien Testament, et qu’il ait été prévu que les Chrétiens rejetteraient presque cette Parole, et en souilleraient les internes par des choses profanes, c’est pour cela que cette nation a été conservée jusqu’à présent, selon les paroles du Seigneur dans Matthieu 24 34; il en serait autrement si les Chrétiens, de même qu’ils connaissent les internes, vivaient aussi en hommes Internes; si cela était arrivé, cette Nation aurait, depuis plusieurs siècles, été détruite comme d’autres nations. Mais voici ce qu’il en est de cette Nation, c’est que leur saint externe ou le saint du culte ne peut affecter en rien leurs internes, car ces internes sont souillés par un sordide amour de soi et un sordide amour du monde et aussi par l’idolâtrie, en ce qu’ils adorent les externes sans les internes; et ainsi ils vivent, parce qu’ils n’ont en eux aucune chose du ciel, et ne peuvent porter avec eux dans l’autre vie aucune chose du ciel, excepté un petit nombre d’entre eux qui sont dans l’amour mutuel et n’ont par conséquent point de mépris pour les autres en les comparant à eux-mêmes. Il m’a aussi été montré comment les choses impures chez cette Nation n’empêchaient pas que les intérieurs de la Parole ou ses spirituels et ses célestes ne se présentassent dans le ciel; en effet, les choses impures étaient écartées, comme non aperçues, et même les maux étaient tournés en bien, de manière que seulement le saint externe servait de plan; ainsi se présentaient devant les anges les internes de la Parole sans les obstacles interposés; par là, j’ai vu clairement comment ce peuple intérieurement idolâtre a pu représenter les choses saintes, et qui plus est, le Seigneur Lui-Même, et ainsi, comment le Seigneur a pu habiter au milieu de leurs impuretés, – Lévitique 16 16 – et y avoir par conséquent une ressemblance d’Église, car une Église qui n’est pas représentative est une ressemblance d’Église et n’est pas une Église. Chez les Chrétiens cela ne peut pas se faire ainsi, parce qu’ils connaissent les intérieurs du culte, mais ils n’y croient pas; ainsi ils ne peuvent pas être dans le saint externe séparé d’avec l’interne; excepté chez ceux qui sont dans la vie de la foi, par les biens chez ceux-là il se fait une communication, les maux et les faux étant pendant ce temps-là écartés, et alors, ce qui est merveilleux, tout ce qui appartient en général et en particulier à la Parole qui est lue par eux se manifeste devant les anges, et cela aussi lors même que ceux qui lisent ne font pas attention à son sens, ce qui m’a été montré par plusieurs expériences, car chez eux l’interne, qui n’est pas ainsi perceptible, sert de plan.

Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront point.
signifie les internes et les externes de l’Église antérieure doivent périr, mais que la Parole du Seigneur doit demeurer; que le Ciel soit l’interne de l’Église, et la terre son externe: que les paroles du Seigneur soient non-seulement celles qui sont maintenant prononcées sur son Avènement et sur la Consommation du siècle, mais même toutes celles qui sont dans la Parole, cela est évident: ces paroles suivent immédiatement celles qui ont été dites sur la Nation Juive, parce que la Nation Juive a été conservée à cause de la Parole. A présent, d’après ce qui vient d’être dit, on voit clairement qu’ici la prédiction concerne les commencements de la Nouvelle église.

Mais, quant à ce jour-là et à l’heure, personne n’en a connaissance
signifie l’état de l’Église alors quant aux biens et aux vrais, en ce qu’il ne se manifestera à personne ni sur la terre ni dans le ciel; en effet, ici par le jour et l’heure, il est entendu, non pas le jour et l’heure, ou le temps, mais l’état quant au bien et au vrai; que les temps dans la Parole signifie les états, et de même les jours; de là aussi l’heure, mais elle signifie l’état en particulier; que ce soit l’état quant au bien et au vrai, c’est parce qu’il s’agit de l’Église, car le bien et le vrai font l’Église.

pas même les anges des cieux, si ce n’est mon Père seul.
signifie que le Ciel ne connaît pas l’état de l’Église quant au bien et au vrai en particulier, mais que le Seigneur Seul le connaît, et qu’en outre le Ciel ne sait pas quand cet état de l’Église doit arriver; que ce soit le Seigneur Lui-Même qui est entendu par le Père; et que le Divin Bien dans le Seigneur soit ce qui est nommé le Père, et le Divin Vrai procédant du Divin Bien, ce qui est nommé le Fils: ceux donc qui croient que autre est le Père, et autre est le Fils, et qui les distinguent, ne comprennent pas les Écritures.

Mais comme ont été les jours de Noé, ainsi sera aussi la venue du fils de l’homme. Car, comme dans les jours avant le déluge
signifie l’état de dévastation de ceux qui sont de l’Église, lequel est comparé à l’état de dévastation de la Première ou Très-Ancienne Église, dont la consommation du siècle ou le Jugement Dernier est décrit dans la Parole par le déluge; que le déluge signifie l’inondation des maux et des faux, et par suite la consommation de ce siècle; que les jours soient des états, on vient de le voir.

on mangeait et on buvait, on se mariait et on donnait en mariage
signifie leur état quant à l’appropriation du mal et du faux, et par suite la conjonction avec le mal et le faux; que manger soit l’appropriation du bien, et boire, l’appropriation du vrai; ainsi dans le sens opposé, c’est l’appropriation du mal et du faux; que se marier soit la conjonction avec le mal, et donner en mariage, la conjonction avec le faux, on peut le voir par ce qui a été dit et expliqué sur le mariage et sur l’amour conjugal, à savoir que dans le sens interne c’est la conjonction du bien et du vrai; mais ici, dans le sens opposé, c’est la conjonction du mal et du faux: tout ce que le Seigneur a prononcé, étant Divin, n’est point, dans le sens interne, tel qu’il est dans la lettre, par exemple, manger et boire dans la Sainte-Cène ne signifie dans le sens spirituel ni manger ni boire, mais être approprié au bien du Divin amour du Seigneur; et comme le conjugal, quand il se dit de l’Église et du Royaume du Seigneur, est la conjonction du bien qui appartient à l’amour avec le vrai qui appartient à la foi, c’est pour cela que d’après cette conjonction le Royaume du Seigneur dans la Parole est appelé mariage céleste.

jusqu’au jour où Noé entra dans l’arche,
signifie la fin de l’Église précédente et le commencement d’une nouvelle Église; en effet, Noé signifie l’Ancienne Église en général, qui a succédé à la Très-Ancienne après le déluge; et l’arche signifie l’Église elle-même; le jour, qui est plusieurs fois nommé dans ces Versets, signifie l’état, comme il vient d’être montré.

et ils ne connurent rien, jusqu’à ce que le déluge vint et les emporta tous
signifie que les hommes de l’Église alors ne sauront point qu’ils ont été inondés de maux et de faux, parce que, à cause des maux et des faux dans lesquels ils sont, ils ignoreront ce que c’est que le bien de l’amour envers le Seigneur et le bien de la charité à l’égard du prochain, et ce que c’est que le vrai de la foi, et que ce vrai vient de là, et ne peut exister que chez ceux qui vivent dans cet amour et dans cette charité; ils ignoreront aussi que c’est l’interne qui sauve et damne, et non l’externe séparé d’avec l’interne.

ainsi sera aussi la venue du fils de l’homme.
signifie le Divin Vrai qu’ils ne recevront point; que l’avènement du Fils de l’homme soit le Divin Vrai qui alors sera révélé, c’est ce qui a été dit précédemment aux Versets 27 et 30,

Alors deux hommes seront au champ, l’un sera pris et l’autre laissé
signifie ceux qui au-dedans de l’église sont dans le bien, et ceux qui au-dedans de l’église sont dans le mal, en ce que ceux qui sont dans le bien seront sauvés, et ceux qui sont dans le mal seront damnés; que le champ soit l’Église quant au bien

deux femmes moudront à la meule, l’une sera prise et l’autre laissée.
signifie ceux qui au dedans de l’Église sont dans le vrai, c’est-à-dire, dans l’affection du vrai d’après le bien, en ce qu’ils seront sauvés, et ceux qui au dedans de l’Église sont dans le vrai, c’est-à-dire, dans l’affection du vrai d’après le mal, en ce qu’ils seront damnés; que moudre et la meule, dans la Parole, aient ces significations, on le verra dans ce qui va suivre. D’après ces explications, il est donc évident que par ces paroles il est décrit quel doit être l’état quant au bien et au vrai au dedans de l’Église, lorsque celle-ci est rejetée et qu’une nouvelle Église est adoptée. Que dans la Parole ceux qui moulent soient ceux qui au-dedans de l’Église sont dans le vrai d’après l’affection du bien, et dans le sens opposé, ceux qui au dedans de l’Église sont dans le vrai d’après l’affection du mal, on peut le voir par ces passages: – dans l’Apocalypse 18 21 à 23 : Aucun artisan d’aucun art ne sera plus trouvé dans Babylone; aucune voix de meule n’y sera plus entendue, et lumière de lampe n’y luira plus, et voix de fiancé et de fiancée n’y sera plus entendue. – la voix de la meule ne sera plus entendue dans Babylone signifie qu’il n’y aura point de vrai; la lumière de la lampe ne luira plus, signifie qu’il n’y aura pas non plus d’intelligence du vrai. Que Moudre tire son significatif des représentatifs qui existent dans le monde des esprits, c’est ce qui m’a été montré; car j’y ai vu des esprits qui étaient comme occupés à moudre sans fin d’usage, seulement pour leur volupté; et parce que les vrais alors sont sans leur affection d’après le bien, ils se présentent à la vérité comme des vrais dans la forme externe, mais l’interne n’étant point en eux, ce sont des fantômes; et si l’interne est mauvais, ils sont alors employés à confirmer le mal, et ainsi par l’application au mal Ils deviennent des faux.