Le Décalogue

Le Décalogue


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« Dans la Chrétienté, la plupart considèrent ces préceptes comme appartenant, non à leur religion, mais à leur vie civile et morale ; or, dans la forme externe jusqu’à ce qu’ils se montrent, ils n’agissent point frauduleusement, ne font point de gains illicites, ne commettent point d’adultères, ne poursuivent point ouvertement les autres par une haine mortelle ni par des vengeances, et ne portent point de faux témoignages ; mais ils s’abstiennent de ces actions, non parce qu’elles sont des péchés et contre Dieu, mais parce qu’ils craignent pour leur vie, pour leur réputation, pour leurs fonctions, pour leur commerce, pour leurs possessions, pour leur honneur et le lucre, et pour leurs plaisirs c’est pourquoi, si ces liens ne les retenaient, ils les commettraient ; ceux-là donc, ne s’étant fait aucune communication avec le Ciel ni aucune conjonction avec le Seigneur, mais ayant seulement eu communication et conjonction avec le monde et avec eux-mêmes, ne peuvent être sauvés. » Emmanuel Swedenborg

1 – Tu n’auras point d’autres dieux devant ma face :

 « On ne croit pas dans le Monde que l’amour de dominer par le seul plaisir de la domination, et l’amour de posséder les biens par le seul plaisir de la possession, et non par le plaisir des usages, cachent intérieurement en eux tous les maux, et en même temps le mépris et le rejet de toutes les choses qui appartiennent au Ciel et à l’Église ; la raison de cela c’est que l’homme par l’amour de soi et par l’amour du monde est excité à faire du bien à l’Église, à la Patrie, à la Société et au prochain, en plaçant l’honneur dans ses bonnes actions, et en s’attendant à une récompense, ce qui fait que beaucoup de personnes appellent ces amours le feu de la vie et l’encouragement aux grandes choses; mais il faut qu’on sache qu’autant ces deux amours placent les usages au premier rang et se mettent au second, autant ils sont des biens; et qu’autant ils se placent au premier rang et mettent les usages au second, autant ils sont des maux; l’homme ignore qu’il existe une telle différence, parce que par naissance, et de là par nature il est dans les amours de soi et du monde, et parce que, le plaisir de ces amours est continuellement agréable et flatteur. 

Ce précepte renferme la défense de s’aimer et d’aimer le monde par-dessus toutes choses ; car ce qu’on aime par-dessus toutes choses, cela est Dieu. Le Premier Précepte du Décalogue, Tu n’adoreras point d’autres dieux que Moi, enveloppe dans le sens spirituel-moral, que tu n’adoreras aucune chose ni aucun autre comme Divin : aucune chose, à savoir, la nature en lui attribuant du Divin par elle-même ; aucun autre, à savoir, aucun vicaire du Seigneur, ou aucun saint ; dans le sens spirituel-céleste, il enveloppe que tu ne reconnaîtras qu’un seul Dieu, et non plusieurs selon les qualités, comme ont fait les anciens, et comme font aujourd’hui quelques païens, ou selon les Opérations, comme aujourd’hui les Chrétiens, qui font un Dieu pour la Création, un autre pour la rédemption, et un autre pour l’illustration. Le même précepte, dans le sens divin-céleste enveloppe que le Seigneur seul doit être reconnu et adoré, et le Trine en Lui, savoir, le Divin Même de toute éternité, qui est entendu par le Père, le Divin humain né dans le temps, qui est entendu par le Fils de Dieu, et le Divin procédant de l’un et de l’autre, qui est entendu par l’Esprit Saint : ce sont là, en ordre, les trois sens du Premier précepte : en examinant ce Précepte dans son triple sens, on voit qu’en somme il contient et renferme en lui tout ce qui concerne le Divin quant à l’Essence. » Emmanuel Swedenborg

2 – Tu ne profaneras point le nom du Seigneur, ton Dieu :

« Il sera d’abord dit ici ce qui est entendu par le Nom de Dieu, et ensuite ce qui est entendu par profaner ce Nom. Par le Nom de Dieu est entendue toute qualité laquelle Dieu est adoré ; car Dieu est dans sa qualité, et Il est sa qualité ; l’Essence de Dieu est le Divin Amour, et la Qualité de Dieu est par suite le Divin Vrai uni au Divin Bien, ainsi chez nous dans les terres c’est la Parole ; c’est pour cela aussi qu’il est dit dans Jean :  » La Parole était chez Dieu, en Dieu elle était, la parole « , et par suite c’est aussi la doctrine du vrai réel et du bien réel d’après la Parole, car le culte est selon cette doctrine. Maintenant, comme la qualité de Dieu est multiple, car elle contient toutes les choses qui procèdent de Lui, Dieu a pour cela même plusieurs noms, et chaque nom enveloppe et exprime sa qualité en général et en particulier : En effet, il est nommé Jéhovah, Jéhovah Sébaoth, Seigneur, Seigneur Jéhovah Dieu, Messie ou Christ, Jésus, Sauveur, rédempteur Créateur, Formateur, Facteur, Roi et Saint d’Israël, Rocher et Pierre d’Israël, Schiloh, Schaddaï, David, Prophète, Fils de Dieu et Fils de l’homme outre plusieurs autres dénominations : tous ces noms sont le noms d’un seul Dieu, qui est le Seigneur ; mais lorsqu’ils sont employés dans la Parole, ils signifient toujours quelque Attribut universel Divin ou Qualité Divine distincte des autres Attributs Divins ou Qualités Divines. Il en est de même lorsqu’il est dit Père, Fils et Esprit Saint, c’est non pas trois mais un seul Dieu qui est entendu, ou non pas trois Divins mais un seul ; et Ce Trine, qui est Un, est le Seigneur. Comme chaque nom signifie quelque Attribut ou Qualité distincte, c’est pour cela que par profaner le Nom de Dieu, il est entendu profaner Sa Qualité et non pas le Nom lui-même : ce qui fait aussi que le Nom signifie la Qualité, c’est que dans le Ciel chacun est nommé selon sa qualité, et que la Qualité de Dieu ou du Seigneur est tout ce qui procède De Lui, par quoi on lui rend un culte. De là vient que dans l’Enfer, comme on n’y reconnaît aucune Divine Qualité du Seigneur, on ne peut nommer le Seigneur ; et que dans le Monde spirituel personne ne peut en prononcer les Noms que selon que le Divin du Seigneur est reconnu, car là tous parlent d’après le cœur, par conséquent d’après l’amour et d’après la reconnaissance qui provient de l’amour. 

Puisque par le Nom de Dieu il est entendu ce qui procède de Dieu et ce qui est Dieu, et que cela est nommé le Divin vrai et chez nous la Parole, cette Parole étant en soi Divine et très-sainte ne doit pas être profanée, et elle est profanée lorsqu’on en nie la sainteté, ce qui arrive lorsqu’elle est méprisée, rejetée et couverte d’outrages ; quand cela a lieu le Ciel est fermé et l’homme est abandonné à l’Enfer ; en effet, la Parole est l’unique moyen de conjonction du Ciel avec l’Église, c’est pourquoi lorsqu’elle est rejetée de cœur, cette conjonction est détruite, et l’homme étant alors abandonné à l’Enfer ne reconnaît plus aucun vrai de l’Église. Il y a deux choses qui ferment Le Ciel aux hommes de l’Église ; l’une est de nier le Divin du Seigneur, et l’autre de nier la sainteté de la Parole ; la raison de cela, c’est que le Divin du Seigneur est le tout du Ciel, et que le Divin Vrai, qui est la Parole dans le sens spirituel, fait le Ciel ; de là il est évident que celui qui nie l’un ou l’autre, nie ce qui est le tout du Ciel et ce par quoi est et existe le Ciel, et qu’ainsi il se prive de la communication, et par conséquent de la conjonction avec le ciel. Profaner la Parole est la même chose que blasphémer l’Esprit Saint, ce qui n’est remis à personne ; c’est pour cela même qu’il est dit dans ce précepte que celui qui profane le Nom de Dieu ne sera point laissé impuni. Le Second Précepte, tu ne profaneras point le Nom de Dieu, contient et renferme, dans ses trois sens, tout ce qui concerne le Divin quant à la qualité, car le Nom de Dieu signifie la qualité de Dieu ; dans le premier sens cette qualité est la Parole, d’après la Parole la doctrine, d’après la doctrine le culte de la bouche, et de la vie ; dans le second sens, elle est le royaume du Seigneur dans les terres, et le royaume du Seigneur dans les Cieux ; et, dans le troisième sens, elle est le Divin humain du Seigneur, car le Divin Humain est la Qualité du Divin Même ; que dans le sens suprême, le Divin humain du Seigneur soit le Nom de Dieu »  Emmanuel Swedenborg

3 – Souviens-toi du jour du sabbat pour le sanctifier :

 « En effet, le sabbat, signifie l’union du Divin Même et du Divin Humain dans le Seigneur, puis la conjonction du Seigneur avec le Ciel et l’Église, et par suite le mariage du bien et du vrai chez l’homme qui est régénéré. Comme le sabbat avait ces significations, voilà pourquoi il était le principal représentatif de toutes les choses du culte dans l’Église Israélite; s’il a été le principal représentatif de toutes les choses du culte, c’était parce que la plus importante de toutes les choses du culte est la reconnaissance du divin dans l’humain du Seigneur, car sans cette reconnaissance l’homme ne peut que croire et faire par soi-même ; or, croire par soi-même c’est croire des faux, et faire par soi-même c’est faire des maux, ce qui aussi est bien évident d’après les paroles du Seigneur Lui-Même dans Jean : « A ceux qui lui avaient demandé : Que ferons nous pour opérer les œuvres de Dieu, Jésus répondit et dit : L’œuvre de Dieu, c’est que vous croyiez en Celui qui m’a envoyé.  » 6:28-29 : – Et dans le même :  » Celui qui demeure en Moi, et Moi en lui, celui-là porte du fruit beaucoup ; car sans Moi vous ne pouvez faire rien.  » 15:5. Il y a deux états pour l’homme qui est régénéré ; le premier tandis qu’il est dans les vrais, et que par les vrais il est conduit au bien et dans le bien ; le second, lorsqu’il est dans le bien. Quand l’homme est dans le premier état, il est dans les combats ou tentations ; mais quand il est dans le second état, il est dans la tranquillité de la paix. Le premier état est celui que signifient les six jours de travail qui précèdent le sabbat, et le second état est celui que signifie le repos le jour du sabbat. Que le Seigneur a été aussi dans ces deux états ; dans le premier, lorsqu’il était dans le Divin Vrai, et que par ce vrai il combattit contre les enfers et les subjugua ; dans le second, lorsqu’il devint le Divin Bien par l’union avec le Divin Même en Soi. Que faire une œuvre le jour du sabbat a signifié être conduit non par le Seigneur, mais par soi-même, ainsi être disjoint. Que le jour du sabbat n’est pas représentatif aujourd’hui, mais que c’est un jour d’instruction, voir N° 10360 ( arcanes célestes ). »

« Mais le Seigneur sur la Terre a montré qu’un jour de sabbat, on peut sans autre travailler et faire le bien. Donc, si le Seigneur Lui-Même a travaillé le jour du sabbat, je suppose que c’est une preuve suffisante que sous les termes « Sanctification du sabbat » doit être compris quelque chose de différent, que de s’abstenir scrupuleusement du travail servile, ou bien de s’occuper de quelque chose de vraiment utile et fructueux. Donc, que faut-il entendre sous l’expression Sanctification du sabbat ? Et qu’est vraiment en soi le Sabbat ? Je veux vous le dire brièvement: Le sabbat en lui-même n’est pas le jour du samedi, et pas non plus le dimanche; et pas davantage le dimanche de Pâques ou celui de Pentecôte, et pas non plus un quelconque autre jour dans la semaine ou dans l’année, mais bien plutôt il n’est en résumé que le Jour de l’Esprit dans l’homme, la Lumière divine dans l’esprit de l’homme, le Soleil jaillissant de la Vie dans l’âme humaine. C’est vraiment le Jour Vivant du Seigneur dans l’homme, qu’il doit connaître toujours plus, sans interruption, à travers toutes ses actions, qu’il doit accomplir par amour pour Dieu, et donc, par amour envers son prochain. Mais étant donné que l’homme ne peut jamais trouver ce saint Jour de repos dans le Seigneur, dans le tumulte du monde, il doit nécessairement se retirer du monde, et chercher en soi, ce Jour de la Vie, dans le saint Repos en Dieu. Voilà pourquoi il était ordonné au peuple hébreu de consacrer au moins un jour par semaine, au cours duquel il devait se retirer du remue-ménage du monde, et chercher en soi seulement ce Jour de la Vie. Mais cette sage loi était observée seulement extérieurement et matériellement, et, sur une telle voie, on arriva si loin, que l’on ne reconnut même plus le Seigneur du sabbat, Lui, le Père saint, lorsque, poussé par Son Amour infini, Il vint sur la Terre auprès de Ses enfants ! » Emmanuel SwedenborgJacob Lorber

4 – Honore ton Père et ta Mère, afin que soient prolongés les jours sur la terre que Jéhovah ton Dieu te donne.

« Le quatrième Commandement, comme vous l’avez sur la Terre, est ainsi conçu: Honore ton père et ta mère, afin que tu puisses vivre bien et longuement sur la Terre. Ce Commandement est d’origine divine, autant que les trois autres qui précédent. Mais, que commande-t-il et que promet-il ? Rien d’autre que l’obéissance des enfants envers leurs parents, et pour cette obéissance des concessions temporelles. Quelqu’un pourrait demander: Comment donc, un Commandement divin sanctionné seulement par des promesses temporelles terrestres, qui n’offre pas d’avantages spirituels éternels ? A quoi sert de bien vivre et longtemps s’il n’y a rien de plus élevé qui suive? Il est vrai que vivre bien et longtemps, est mieux que vivre mal et peu de temps; cependant, quand à la fin de la vie terrestre, se présente la mort peu hospitalière, quel avantage apporte la bonne et longue vie par rapport à celle brève et mauvaise ? J’estime qu’il n’est pas nécessaire d’être un profond mathématicien, pour être en mesure de dire: La différence se perd dans le néant, puisque tant le premier que le second restent les mains vides, car à ce moment, nul ne demande comment a été le chemin, s’il a été, bon ou mauvais, long ou court. Considéré de ce point de vue, le quatrième Commandement serait basé sur un fondement très glissant, et cela n’irait pas trop bien pour les parents, si leurs enfants venaient au monde avec une telle philosophie; alors que, d’un autre côté, les enfants eux-mêmes, considéré cela, auraient bien peu de raisons pour obéir à leurs parents. Cependant, il y a une autre observation critique que l’on peut faire encore au sujet de ce Commandement, c’est-à-dire que, pris à la lettre, il a une base temporelle, et représente seulement le devoir des enfants envers leurs parents. C’est pourquoi on en vient à demander: En quoi nous importe alors ce Commandement ici dans le Royaume des esprits, où les enfants ont été enlevés à leurs parents pour l’éternité ? Pour ce fait, ils sont certainement exonérés de toute obligation terrestre et sociale envers eux; et cependant, nous observons ici, en cette quatrième salle, un tel Commandement marqué sur le tableau. Pour ces enfants peut-être, doit-il faire référence au Seigneur ? On pourrait aussi en discuter s’il n’y avait pas au milieu cette promesse: Afin que tu vives longtemps et que cela aille bien sur la Terre pour toi. Si par contre il y était dit: Afin que tu vives éternellement, et que cela aille bien pour toi au Ciel, alors cette loi serait facilement compréhensible; tandis qu’une promesse terrestre, si elle est appliquée au Royaume éternel des esprits, sonne on ne peut plus étrangement. Que croyez-vous que l’on puisse faire pour conférer à cette loi un aspect divin, solidement basé ? – Vous haussez les épaules et vous murmurez et dites: « Cher ami et frère, s’il dépendait de nous de discuter sur cette question, il serait très difficile de faire ressortir la sphère purement spirituelle et divine de cette loi, car après ce que tu as exposé à l’instant, il nous faut peu de peine pour conclure qu’il n’y a pas réellement en elle grand chose de spirituel. » Moi par contre je vous dis que réellement cette loi, comme presque aucune autre, est purement spirituelle au plus haut point. Vous ouvrez de grands yeux; mais malgré cela la chose ne change pas. Cependant, afin que vous puissiez apercevoir cela du premier coup, je ne ferai rien d’autre que de vous présenter cette loi en d’autres termes, comme elle est présentée en cette salle, et ainsi vous constaterez aussitôt la plénitude de la Vérité. C’est pourquoi, écoutez. Enfants, obéissez à l’Ordre de Dieu, qui émane de Son Amour et de Sa Sagesse (c’est-à-dire, Père et Mère) afin de vivre longtemps sur la Terre, en prospérité. Qu’est donc vie longue, et qu’est au contraire vie éternelle? La vie longue signifie la vie de la sagesse, et elle devient longue, non quant à la durée, mais bien plutôt en tant qu’extension ou ampleur de la Vie, et dans une continuelle augmentation en puissance de la Vie elle-même. C’est ainsi que l’on doit entendre cela, puisque, le mot dans son concept de Vie renferme déjà en lui l’éternelle durée. Mais, le mot longue ne signifie pas comme déjà relevé, une certaine durée, mais bien seulement une extension de la Force vitale, avec laquelle l’être vivant pénètre toujours plus dans les profondeurs de la Vie divine, rendant avec cela sa propre vie toujours plus parfaite, consistante et efficace. Donc, cela, nous l’avons éclairé; mais que veut signifier le bien-être sur la Terre? Rien d’autre que s’approprier la Vie divine. En effet, en ce cas, par Terre, doit être compris son propre être; et le bien-être de cet être, n’est autre que de devenir libre en soi-même, après que l’on ai fait sien complètement l’Ordre divin. Cette brève clarification est suffisante pour comprendre que réellement cette loi est pleinement et purement de caractère spirituel. Si vous voulez examiner avec beaucoup de calme ce qui a été exposé maintenant, vous trouverez que sur votre propre Terre, les choses sont réellement ainsi. » Le Soleil Spirituel, Jacob Lorber

« Dans le SENS NATUREL, qui est le sens de la lettre, par honorer son Père et sa Mère il est entendu honorer ses Parents, leur obéir, s’attacher à eux, et leur rendre grâce pour leurs bienfaits, qui consistent en ce qu’ils nourrissent leurs enfants, leur donnent des vêtements, et les introduisent dans le Monde, pour qu’ils y agissent en Personnes civiles et morales; ils les introduisent aussi dans le Ciel par les préceptes de la religion, ainsi ils pourvoient à leur prospérité temporelle, et aussi à leur félicité éternelle, et ils font tout cela d’après l’amour dans lequel ils sont par le Seigneur, dont ils tiennent la place. Dans Un Sens relatif, il est entendu l’honneur que les pupilles doivent à leurs tuteurs, si leurs parents sont morts. Dans le sens plus large, par ce Précepte il est entendu honorer le Roi et les Magistrats, parce qu’ils pourvoient aux besoins de tous dans le commun, comme les Parents dans le particulier. Dans le Sens le plus large, par ce Précepte il est entendu aimer la Patrie, parce qu’elle nourrit et défend les citoyens, aussi le mot Patrie vient-il de Père: mais les honneurs à la Patrie, au Roi et aux Magistrats doivent être rendus par les Parents, et être implantés par eux dans les enfants.
Dans le SENS SPIRITUEL, par honorer Père et Mère, il est entendu vénérer et aimer Dieu et l’Église; dans ce sens, par le Père il est entendu Dieu, qui est le Père de tous, et par la Mère, l’Église; les Enfants et les Anges dans les Cieux ne connaissent pas d’autre Père, ni d’autre Mère, puisqu’ils y sont nés de nouveau du Seigneur par l’Église; c’est pourquoi le Seigneur dit: « N’appelez personne votre Père sur la terre, car un seul est votre Père, Celui qui est dans les Cieux. »- Matt. XXIII.9 ; – ceci a été dit pour les Enfants et pour les Anges dans le Ciel, et non pour les enfants ni pour les hommes sur la terre. Le Seigneur enseigne la même chose dans la prière commune des Églises Chrétiennes, « Notre Père, qui es dans les Cieux, soit sanctifié ton Nom! » Si par la Mère, dans le sens spirituel, il est entendu l’Église, c’est parce que, de même qu’une Mère sur la terre nourrit ses enfants d’aliments naturels, de même l’Église les nourrit d’aliments spirituels; c’est même pour cela que l’Église dans la Parole est souvent appelée Mère, comme dans Hosée: «Plaidez avec votre MÈRE, elle n’est pas mon épouse, et Moi je ne suis pas son Mari.» – II. 2, 5. – Dans Ésaïe: « Où est la lettre de divorce VOTRE MÈRE, que j’ai renvoyée. » – L. 1. et Ézéch. XVI. 45.XIX. 10. – Et dans les Évangélistes: « Jésus, étendant sa main vers ses Disciples, dit: MA MÈRE et mes frères sont ceux qui entendent la Parole de Dieu et qui la font. » – Matth. XII. 48.49.
Dans le SENS CÉLESTE, par le Père il est entendu notre Seigneur Jésus Christ, et par la Mère la Communion des Saints, par laquelle il est entendu son Église répandue sur tout le Globe. Que le Seigneur soit le Père, on le voit par ces passages: « Un Enfant nous est né, un Fils nous a été donné, dont le Nom est Dieu, Héros, PÈRE D’ÉTERNITÉ, Prince de paix » – Esaïe. IX.5. – « Toi, NOTRE PÈRE; Abraham ne nous connaît pas, et Israël ne nous reconnaît pas; TOI NOTRE PÈRE, notre Rédempteur, dès le siècle (c’est) ton Nom. » Esaïe LXIII. 16. – « Philippe dit: Montre-nous le Père. Jésus lui dit: Qui ME VOIT VOIT LE PÈRE. Comment donc, toi, dis-tu: Montre-nous le Père? Croyez-Moi, que je suis dans le Père et que le Père est en Moi. »- Jean, XIV. 7 à 11. XII. 45. – Que dans ce sens par la Mère il soit entendu l’Église du Seigneur, on le voit par ces passages: « Je vis la Ville, la sainte Jérusalem Nouvelle, parée comme UNE FIANCÉE ORNÉE POUR SON MARI. »- Apoc. XXI. 2. -« L’ange dit à Jean: Viens, je te montrerai LA FIANCÉE DE L’AGNEAU L’ÉPOUSE; et il me montra la Ville, la Sainte Jérusalem. » – Apoc.XXI. 9. 10. – « Le temps des NOCES DE L’AGNEAU est venu, et SON ÉPOUSE s’est parée: Heureux sont ceux qui au souper des NOCES DE L’AGNEAU ont été appelés ! »- Apoc. XIX. 7.9; – Que par la Nouvelle Jérusalem il soit entendu la Nouvelle Église, qui est instaurée aujourd’hui par le Seigneur, on le voit dans l’APOCALYPSE RÉVÉLÉE; cette Église, et non pas la précédente, est l’Épouse et la Mère dans ce sens. Les lignées spirituelles, qui naissent de ce Mariage, sont les biens de la charité et les vrais de la foi, et ceux qui sont par le Seigneur dans ces biens et dans ces vrais sont appelés fils des noces, fils de Dieu, et nés de Lui.
Il faut tenir pour certain que du Seigneur procède continuellement une Sphère Divine-céleste d’amour envers tous ceux qui embrassent la doctrine de son Église, et qui, de même que les enfants dans le monde à l’égard du père et de la mère, Lui obéissent, s’attachent à Lui, et veulent être nourris, c’est-à-dire, être instruits par Lui: de cette Sphère céleste naît une Sphère naturelle qui est celle de l’amour envers les petits enfants et les enfants, laquelle est très universelle, et, affecte non-seulement les hommes, mais aussi les oiseaux et les bêtes, jusqu’aux serpents; et non-seulement les êtres animés, mais même les choses inanimées; mais pour que le Seigneur opérât dans celles-ci, comme il opère dans les choses spirituelles, il a créé le Soleil, pour que, dans le Monde Naturel, il fût comme un Père, et la Terre comme une Mère; car le Soleil est comme le Père commun et la Terre comme la Mère commune, par le mariage desquels existent toutes les germinations qui embellissent la surface du Globe: par l’influx de cette Sphère céleste dans le Monde naturel existent ces admirables progressions des végétations par la semence jusqu’aux fruits et à de nouvelles semences: de là vient aussi qu’il y a plusieurs genres d’arbrisseaux qui pendant le jour tournent pour ainsi dire leurs faces vers le soleil, et les en détournent lorsque le soleil se couche: de là vient encore qu’il y a des fleurs qui s’ouvrent au lever du soleil, et qui se ferment au coucher du soleil : c’est aussi de là que des oiseaux chantent délicieusement à la première aurore, et pareillement après qu’ils ont reçu la nourriture de la Terre leur Mère; ainsi les uns et les autres honorent leur père et leur mère; ce sont là autant de témoignages que le Seigneur par le Soleil et par la Terre pourvoit, dans le Monde naturel, à tous les besoins des êtres vivants et non-vivants; c’est pourquoi il est dit dans David: «Louez Jéhovah des Cieux; louez-Le, Soleil et Lune; louez-Le de la terre, baleines et abîmes; louez-Le, arbre fruitier et tous les cèdres; animal et toute bête, reptile et oiseau ailé; Rois de la terre, et tous les peuples, jeunes gens et jeunes filles. » – Ps. CXLVIII. 2 à 12. – Et dans Job:  » Interroge, je te prie, les bêtes, et elles t’enseigneront, ou les oiseaux du ciel, et ils te l’annonceront, ou l’arbrisseau de la terre, et il t’instruira, et les poissons de la mer te le raconteront; qui ne connaît d’après eux tous, que la main de Jéhovah a fait cela? » – XII- 7, 8, 9 ; – interroge et ils t’enseigneront, signifie regarde, fais attention, et juge d’après ces choses, que c’est le Seigneur Jéhovah qui les a créées. » Emmanuel Swedenborg

5 – Tu ne tueras point :

« Dans le sens plus éloigné ou le sens céleste-spirituel de ce précepte : Tu ne tueras point, c’est que tu ne dois pas enlever à l’homme la foi de Dieu ni l’amour, ni par conséquent la vie spirituelle cela est l’homicide même, car l’homme est homme par cette vie, à laquelle est assujettie la vie du corps comme la cause instrumentale l’est à la cause principale. De cet homicide spirituel dérive aussi l’homicide moral ; c’est pourquoi celui qui est dans l’un est aussi dans l’autre ; en effet, celui qui veut enlever à l’homme la vie spirituelle a de la haine contre lui s’il ne peut la lui enlever, car il hait la foi et l’amour chez lui, par conséquent l’homme lui-même. Ces trois choses, savoir, l’homicide spirituel qui concerne la foi et l’amour, l’homicide moral qui concerne la réputation et l’honneur, et l’homicide naturel qui concerne le corps, se suivent en série, l’un procédant de l’autre, comme la cause et l’effet. Puisque tous ceux qui sont dans l’enfer ont de la haine contre le Seigneur, et par conséquent de la haine contre le Ciel, car ils sont opposés aux biens et aux vrais, c’est pour cela que l’enfer est lui-même Meurtrier, ou ce dont provient l’homicide même ; que l’homicide même provienne de l’enfer, c’est parce que l’homme est homme par le Seigneur au moyen de la réception du bien et du vrai ; c’est pourquoi détruire le bien et le vrai c’est détruire l’humain même, par conséquent c’est tuer l’homme. Que tels soient ceux qui sont dans l’enfer, cela n’a pas encore été connu ainsi dans le Monde, par la raison que chez ceux qui sont de l’enfer, et qui par cela même viennent après la mort dans l’enfer, il n’apparaît pas de haine contre le bien et le vrai, ni contre le Ciel, ni à plus forte raison contre le Seigneur ; car chacun, pendant qu’il vit dans le Monde, est dans les externes qui sont, dès l’enfance, instruits et habitués à contrefaire les choses appartenant à l’honnête et au décent, au juste et à l’équitable, au bien et au vrai ; mais toujours est-il que la haine est profondément cachée dans leur esprit, et cela au même degré dans lequel est le mal de leur vie, et comme la haine est dans l’esprit, c’est pour cela qu’elle fait irruption quand les externes ont été dépouillés, ce qui arrive après la mort. Lorsqu’on lit ce précepte : tu ne tueras point, l’homme par tuer entend aussi avoir de la haine et désirer la vengeance jusqu’au meurtre; mais l’Ange du Royaume spirituel par tuer entend tuer l’âme de l’homme par des scandales de la vie et par des raisonnements qui donnent à l’homme la mort spirituelle; et l’Ange du Royaume céleste par tuer entend induire l’homme à croire que Dieu n’existe pas, et qu’il n’y a ni Ciel ni enfer, de sorte que l’homme périt quant à la vie éternelle. »  

« Ajoutez à vos observations l’histoire du peuple hébreu à qui cette loi a été donnée pour ainsi dire, à peine forgée, et vous trouvez le curieux contraste que, le premier, le porteur même de la Loi, Moïse a fait tuer un grand nombre d’hébreux, et ses successeurs durent en faire autant avec ceux qui avaient péché contre la loi. Tu ne dois pas tuer… Cette loi se trouvait, comme toutes les autres dans l’Arche d’Alliance. Que fit par contre l’armée israélite, quand elle entra dans la Terre Promise, avec les précédents habitants de ce pays ? Que fit même David, l’homme selon le Cœur de Dieu ? Que fit le grand Prophète Élie ? Vous voyez, tous tuèrent, et ceci, très souvent et de diverses manières, et de plus, extrêmement cruellement. Qui de vous, s’il est d’esprit sensé et sincère, ne se sent pas poussé à exprimer à cet égard le suivant jugement: Quelle espèce de Commandement est celui-ci, contre lequel – comme contre aucun autre – même les premiers prophètes appelés par Dieu, étaient contraints à agir ? C’est pourquoi, un tel Commandement est aussi peu efficace que s’il n’existait pas; et même dans les temps actuels, tuer les frères en guerre, est même une question d’honneur ! Cependant, afin que vous puissiez comprendre facilement et profondément la clarification qui suivra, j’attire seulement votre attention sur le fait qu’en Dieu, la conservation éternelle des esprits créés est la condition fondamentale immuable de tout l’Ordre divin. Quand vous savez cela, tournez le regard sur l’opposé, c’est-à-dire sur la destruction, et vous avez le Commandement devant vous dans sa pleine signification spirituelle et matérielle. Mais étant donné que, sur la Terre, même le corps de l’homme, jusqu’au temps fixé par Dieu, est nécessaire pour la fortification de l’esprit qui doit durer éternellement, donc, sans un ordre exprès de Dieu, nul n’a le droit, de sa propre volonté, de détruire son propre corps, ni celui de son frère. Il est bien vrai que Dieu tue chaque jour des corps d’hommes; mais cela arrive au bon moment, quand l’esprit, d’une manière ou d’une autre, a atteint une certaine maturité. » Emmanuel Swedenborg, Jacob Lorber

6 – Tu ne commettras point d’adultère :

« Dans la première Église, qui était celle Adamique, un tel acte procréateur était accompli par les hommes d’alors – qui étaient en rapport continu avec les Cieux – également de manière plus spirituelle que sensuelle. A l’occasion d’un tel acte, les deux conjoints étaient pénétrés, plus que d’habitude, par l’esprit divin; par suite de quoi, ils tombaient dans un sommeil physique, se réveillaient bien vite de ce sommeil naturel, et devenait alors UN dans l’esprit, et pour cette raison aussi complètement transportés dans les Cieux. Là seulement, ils accomplissaient l’acte de la procréation; après quoi, ils étaient immédiatement séparés, et ramenés dans leur corps physique, dans le monde naturel. C’est la raison pour laquelle, alors, cet acte était aussi appelé s’endormir, ensemble ou proches. Mais, étant donné qu’avec le temps, à cause des plaisirs du monde, les hommes étaient devenus toujours plus matériels et sensuels, ils commencèrent à s’approcher des femmes, sans aucune préparation spirituelle, dans leur sphère naturelle, et donc de manière purement animale, et ainsi ils ne tombèrent plus en ce sommeil naturel, pour pouvoir rendre l’esprit libre. Suite à cela, les fruits aussi, à cause de cette action, devinrent plus sensuels et plus matériels; comme justement étaient plus sensuelles et plus matérielles, la cause et l’action même qui les avaient produits. Vous-mêmes avez l’habitude de dire: Ex trunco non fit mercurius (ou bien : Tel père, tel fils); c’est pourquoi, comment serait-il possible, par la voie purement animale, d’engendrer de l’esprit ? Je suis d’avis que, si vous réfléchissez un peu sur cette très importante exposition tirée de l’histoire ancienne, vous pourrez vous représenter l’acte d’accouplement purement céleste de façon plus exacte et plus digne que ce que vous auriez pu concevoir, en considérant cet acte seulement sur la base de son actuelle manifestation, exclusivement sensuelle. Et ainsi, par suite de cela, la Loi Mosaïque le définissait nécessairement en raison de son impudicité, comme impur, et donc aussi profane. »

 « Si la vie d’un homme n’est pas une simple plaisanterie, mais une chose sérieuse et sacrée, l’acte par lequel il naît ne peut être lui non plus une bagatelle, mais uniquement une chose sérieuse et sacrée. Comprends bien le principe, et tout s’éclaircira bien vite de soi-même ! Ce ne sont pas les agréables sensations de l’acte elles-mêmes qui doivent le motiver, mais seulement le fait de concevoir un être humain ! Si tu comprends cela, tu découvriras bientôt que les sensations agréables ne sont qu’un phénomène accessoire qui rend possible dans la nature de la chair l’œuvre d’incarnation. Si c’est le motif essentiel qui te pousse, tu peux agir, et tu ne seras pas pécheur ! Cependant, pour être en règle, il faut encore prendre en considération bien d’autres choses. Cet acte ne doit pas être accompli en dehors du véritable amour du prochain; or, un principe essentiel du véritable amour du prochain dit : « Ne faites pas à votre prochain ce que vous ne voudriez pas qu’il vous fasse ! » Imagine que tu aies une fille qui commence à s’épanouir et qui fait la joie de ton cœur de père ; tu ne te soucies de rien tant que d’assurer un vrai bonheur salutaire à cette fille tendrement chérie. Ta fille est certes mûre et donc capable de procréer. Mais qu’éprouverais-tu si un homme par ailleurs parfaitement sain venait, poussé par le besoin de procréer avec une vierge, et concevait par force un fruit avec ta fille?! Vois-tu, tu serais plein d’une terrible colère contre un tel scélérat, et tu ne le laisserais pas s’en aller sans l’avoir châtié aussi durement que possible ! Pourtant, cet homme n’aurait pas péché contre la chasteté, parce qu’il aurait véritablement été poussé par la nécessité de ne pas répandre sa semence hors d’un récipient adéquat, ce qui aurait coupé le fil d’une existence humaine. Pourtant, l’acte n’en est pas moins fautif par ailleurs, parce que le véritable amour du prochain a subi par là un coup très violent ! Suppose que tu te sentes toi-même poussé à cet acte sérieux dans un pays étranger, que tu rencontres dans la campagne une femme mariée, que tu la persuades, par l’argent et la parole, de satisfaire ton besoin et que cette femme y consente, tu n’aurais ainsi commis aucun péché contre la chasteté, ni même un adultère, même si cette femme était l’épouse légitime d’un autre. Mais si tu avais alors songé de quels graves et noirs soupçons et de quelles persécutions cette femme allait être l’objet quand son mari lui dirait : « Femme, explique-moi qui a déposé en toi sa semence, puisque je ne t’ai pas touchée depuis tel moment ! »— vois-tu, tu aurais ainsi commis un grave péché contre l’amour du prochain en détruisant la paix domestique d’un couple ! Car tu aurais toujours pu réserver la satisfaction de ton besoin, même sérieux et non pas dicté par une passion libidineuse, pour une occasion plus propice ! Tu vois par là que dans de tels actes par ailleurs tout à fait honnêtes et non contraires à la véritable chasteté, un homme doit aussi prêter attention à toutes les autres circonstances humaines accessoires, s’il ne veut pécher contre quelque autre loi. Cependant, un homme peut tout aussi bien, et plus encore, se rendre coupable de luxure avec son épouse qu’avec une prostituée. Car avec une prostituée, il n’y a plus rien à corrompre, parce que tout est déjà corrompu ; mais l’on peut exciter exagérément une épouse et la pousser ainsi à une concupiscence passionnée qui peut alors faire d’elle une prostituée bien pire qu’une femme non mariée. Mais celui qui couche avec une femme non mariée pèche contre la chasteté, parce que son acte a pour seul motif la satisfaction de sa lascivité et non la conception d’un être humain, et ne peut avoir d’autre motif, car le simple bon sens doit lui dire qu’on ne sème pas le blé par les chemins. Outre le péché contre la chasteté ordinaire, cependant, celui qui couche avec une prostituée commet aussi un péché envers sa propre humanité et celle de la prostituée, parce qu’il peut fort bien causer ainsi un grand dommage à sa propre nature, et qu’il renforce encore l’état de secrète possession de l’aveugle prostituée et la rend incurable, ce qui est là encore un péché contre l’amour du prochain. De la même manière, celui qui couche avec une femme mariée devenue une prostituée est doublement pécheur, et quadruplement s’il est lui-même un homme marié, parce qu’il commet ainsi en outre un adultère. »

« C’est évidemment le sixième Commandement, dans sa structure fondamentale, l’un des plus difficiles à comprendre, et d’autant plus à observer exactement, dans son fondement vital. Avec ce Commandement, qu’est-il proprement défendu ? Et, en général, qui concerne ce Commandement ? L’esprit, l’âme ou le corps ? Lequel de ces trois éléments vitaux ne doit pas pratiquer l’impudicité ? Ensuite il y aurait une question: Qu’est vraiment et réellement l’impudicité ? Qu’est l’adultère ? Le réciproque accouplement est-il peut-être impudique ? Si c’est le cas, alors, avec ce Commandement est placé le veto à toute procréation ? En effet, dans le simple Commandement, nous ne trouvons absolument pas qu’il soit fait mention de quelques exceptions, car il est dit simplement: Tu ne dois pas pratiquer l’impudicité. Donc, si l’acte de l’accouplement devait être considéré d’une certaine manière comme le point de l’impudicité, je voudrais moi-même connaître celui qui – étant donné comme sont les choses sur la Terre présentement – serait en mesure de réaliser une procréation sans cet acte défendu ! Que cela arrive dans le mariage ou hors de celui-ci, l’acte est le même, qu’il soit accompli réellement pour la procréation, ou non. En outre, le Commandement ne contient en soi aucune condition, selon laquelle un mariage régulier exclue l’impudicité. D’autre part, il doit apparaître clairement à tout homme, qu’au Seigneur tient à cœur de manière spéciale la perpétuation du genre humain, et une sage éducation de ce dernier. Mais de quelle manière le genre humain pourrait-il se propager et se perpétuer si l’acte procréateur devait être interdit avec le châtiment de la mort éternelle ? Cela, chacun peut le saisir de la main, de sorte que, ici aussi, il est évident qu’il y a erreur d’interprétation. En plus de cela, chacun est contraint de témoigner qu’en aucun autre des Commandements à observer, ne sont placés par la nature à l’homme en général autant d’entraves sur lesquelles il doit buter, comme réellement en celui-ci. Tout homme, quand il a été élevé de manière assez ordonnée, ne trouve pas de difficultés, ou tout au plus une minime seulement à se conformer aux autres Commandements; mais en ce qui concerne ce Commandement, la nature contrarie tous les desseins, même pour un apôtre PAUL ! Évidemment, nous voyons une interdiction du plaisir charnel, qui est inséparable de l’acte générateur. Si l’interdiction se réfère seulement au plaisir charnel et non à l’acte générateur, on se demande si l’on devrait détacher l’acte générateur accompli dans l’ordre, du plaisir charnel ? Qui de vous peut prouver ou soutenir que les deux conjoints légalement unis ne jouissent pas, dans l’acte générateur, aussi du plaisir temporel ? Et même, où est le couple de conjoints qui, au moins pour la moitié, ne sont pas poussés à l’acte générateur, par le plaisir charnel qui y est joint ? Mais de cela, nous voyons qu’en ce qui concerne l’impudicité, objet de ce Commandement, nous ne pouvons absolument pas le rapporter à l’acte charnel de la procréation, puisque, ou il devrait être un pur acte générateur qui n’ait rien à voir avec le plaisir charnel, ou bien, étant donné qu’un semblable acte n’est pas faisable, l’acte charnel de la procréation ne peut être considéré comme soumis à une telle loi, mais bien plutôt comme une action de l’homme, volontaire et impunissable. Cependant, comme déjà indiqué, la Loi est exprimée simplement sans aucune exception et sans pitié. La nécessaire persistance de l’homme parle nettement contre la défense de cet acte, de même que la nature toujours avide qui n’épargne pas. En effet, l’homme, quel qu’il soit, quel que soit son état social et économique, n’en est pas exempté quand il a atteint sa maturité; autrement il devrait se faire châtrer, et rendre tronquée et non efficiente sa nature, étant donné que de son envie il ne s’en délivre en aucun cas, même s’il est empêché de la mettre en pratique par des circonstances extérieures diverses.

Donc, avec la chair il n’y a rien à voir… alors peut-être cette Loi regarde-t-elle exclusivement l’âme ? Je suis d’avis que l’âme étant le principe vivant du corps, sans elle la chair est complètement morte, étant donné que la vitalité et la libre action de celle-ci dépendent exclusivement de l’âme. Et, il n’existe en aucun lieu un super-érudit qui puisse affirmer que l’âme n’a rien à voir avec les libres actions du corps. Le corps assurément est seulement l’instrument de l’âme, disposé de manière appropriée à son usage; alors, comment un Commandement peut-il valoir exclusivement pour le corps qui par lui-même est un organisme dépendant, comme une machine morte par elle-même ! Quand quelqu’un a commis une faute avec une hache, est-ce peut-être la faute de la hache, ou bien de la main (ainsi que l’inattention de sa volonté intérieure). Je suppose que dans un tel cas, nul ne voudrait affirmer que le coup erroné doit être attribué à la hache. Tout aussi peu, peut-on attribuer au corps l’acte générateur comme une action pécheresse, mais bien plutôt seulement au principe opérant qui, dans ce cas, est l’âme vivante. Par conséquent aussi notre élucidation critique faite jusqu’à présent de ce Commandement vaut seulement pour l’âme, qui à travers la chair, pense, désire, veut et agit; et c’est pourquoi justement l’âme, selon le critère précédemment exposé, est nécessairement dégagée de ce Commandement ! Donc, même si l’âme en un certain sens n’a rien à y voir; alors la chose ira-t-elle mieux avec l’Esprit ? Nous voulons voir maintenant ce que nous pouvons tirer du point de vue de l’Esprit. En premier lieu qu’est vraiment l’Esprit ? – L’Esprit en soi est le véritable Principe Vital de l’âme; l’âme sans l’Esprit n’est autre qu’un organe substantiellement éthéré, qui possède certes toutes les facultés pour l’accueil de la Vie, mais qui sans l’Esprit n’est qu’un polype, substantiellement et spirituellement éthéré, qui étend continuellement ses bras vers la Vie, et absorbe tout ce qui convient à sa nature. L’âme donc, sans l’Esprit, est seulement une force polaire muette (négative), qui porte en elle un sens émoussé qui la pousse vers la saturation; mais qui, d’elle-même, ne possède aucun jugement, grâce auquel elle puisse voir clairement avec quoi elle se rassasie et à quoi le rassasiement lui sert. L’âme peut être comparée, en ce cas, à un crétin au plein de sa stupidité, qui ne sent en lui pas d’autre désir que celui de se rassasier. Avec quoi et pourquoi ? De cela il n’a aucune idée. Quand il sent une grande faim, il dévore ce qui lui tombe sous la main, que ce soit des immondices ou bien du pain, ou de la nourriture destinée aux porcs; cela, pour lui, c’est la même chose. Vous voyez quelle est la condition de l’âme sans l’esprit; et les crétins cités à l’instant ont une vie seulement animique, et dans leur âme il y a seulement un esprit faible, ou souvent même absolument aucun esprit. Pour vous assurer que sur cela il n’y a aucun doute, il vous suffit de jeter un regard dans le monde des esprits ténébreux. Que sont-ils vraiment ? Ce sont, après la mort, des âmes survivantes qui, durant leur existence dans le corps, ont tellement affaibli et comprimé leur esprit de la manière la plus inconsidérée, et souvent méchante, que ce dernier dans l’état où il se trouve ainsi, est à peine capable de communiquer une toute petite incitation de vie, mais dans laquelle, tous les avantages que la vie offre, doivent souvent rester éternellement dans la coulisse ! Mais comment de tels êtres se comportent-ils dans l’au-delà, en face des vivants esprits bienheureux ? Pas autrement sinon qu’en vrais imbéciles, c’est-à-dire, en vrais crétins spirituels; et en outre, ils sont si déformés que souvent ils n’ont même plus la plus petite trace de figure humaine. Ces êtres, dans le monde des esprits, sont, dans leur façon d’agir, tout aussi peu responsables, en raison de l’absence de l’esprit en eux. Maintenant que cela a été prouvé de manière évidente, on demande: Alors, comment, et de quelle manière l’Esprit absolu peut-il pratiquer l’impudicité ? L’esprit peut-il avoir des envies charnelles ? Je suppose qu’il ne pourrait y avoir une contradiction plus grande, si un homme voulait sérieusement penser à un esprit charnel, qui par la nécessité des choses, devrait être matériel, pour pouvoir avoir en lui-même des envies grossièrement matérielles. Donc si un prisonnier ne trouve certes pas le plus grand bien-être dans sa captivité, de son côté aussi l’esprit trouvera encore moins de satisfaction à s’allier éternellement dans son être très libre avec la matière brute, et à trouver plaisir en elle. Étant donné ces considérations, c’est certainement la plus grande sottise qu’un homme peut exprimer en disant que l’esprit peut pratiquer l’impudicité. Maintenant on demande: Qu’est vraiment l’impudicité, et qui est-ce qui ne doit pas la pratiquer, du moment que nous avons constaté que ni le corps, ni l’âme, ni l’esprit ne peuvent la commettre, comme nous le savons maintenant.

Certains pourraient dire: Moïse s’exprima plus tard, avec davantage de détails à cet égard, c’est-à-dire, en permettant l’acte générateur selon l’ordre, seulement entre conjoints bénis; dans un cas différent il restait toujours défendu. N’importe quelle autre procréation, spécialement si celle-ci arrivait entre un homme déjà marié et la femme d’un autre homme, selon l’ordre devait être considérée comme un adultère, et les deux adultères passibles de la peine de mort. C’est exact, cependant, d’ultérieures ordonnances ne confèrent pas à la Loi donnée au commencement dans son sens simple, un aspect différent. Qui veut s’y conformer, doit s’en tenir quant au processus à la Loi première; en effet, en elle, ni l’impudicité, ni l’adultère n’y sont défendus dans une force déterminée. Jusqu’à présent nous avons clairement expliqué ce que tout au plus on pourrait comprendre sous l’impudicité; mais étant donné que tout tient à indiquer l’acte générateur, il résulte aussi qu’il est impossible de pouvoir considérer comme défendu par cette Loi tout ce qui nous est connu comme appartenant à l’impudicité. Maintenant il pourrait s’avancer un plus grand expert de la chose, disant: Sous l’impudicité défendue, on doit entendre uniquement la vaine satisfaction de l’impulsion sensuelle. Bien, dis-je; mais si un homme, avec la femme d’un autre homme, qui ne peut être fécondée par le mari, engendre effectivement un fils; dans ce cas peut-on aussi l’accuser d’adultère coupable ? Et je demande encore: Et si un jeune, poussé par son ardente nature, a engendré un fils avec sa jeune fille, peut-on lui imputer cela comme un péché d’impudicité ? Et encore une question: Quand un homme sait par expérience que son épouse est stérile, et qu’il s’unit cependant à elle, parce qu’elle est de chair florissante et que cela l’excite, et que ce faisant il satisfait évidemment pour rien son penchant sensuel, cet acte peut-il être considéré comme un péché d’impudicité ? Et une autre question encore: Il y a en ces temps – comme d’ailleurs il y en a eu en tous les temps – de très nombreux êtres des deux sexes, qui sont sans autre, aptes à procréer, et qui ont une nature puissamment stimulante, mais qui pour des raisons politiques ou d’indigence, ne sont pas en mesure de se marier; si malgré cela, de tels êtres ainsi tourmentés, accomplissent l’acte générateur, pèchent-ils contre ce sixième Commandement ? On dira: Ils devraient sacrifier à Dieu leur impulsion, et ne pas s’unir, et ainsi ils ne pécheraient pas. Mais je vous dis: Quel juge peut déclarer que cette erreur est un vrai péché ? Donc, le riche a-t-il peut-être quelque mérite particulier à pouvoir prendre femme en parfaite règle, par rapport au pauvre qui, par la nécessité des choses, doit renoncer à un tel bonheur ? Celui qui est aisé a-t-il avec cela un plus grand droit que le pauvre à procréer ses semblables ? – Peut-être est-ce l’argent qui sanctifie la procréation, puisque le riche peut se placer en possession régulière d’une épouse, ce qui naturellement est impossible à mille hommes dénués de moyens ? Ici se place le fait de demander: A qui est vraiment la faute du multiple appauvrissement des hommes ? Certainement à personne d’autre qu’au riche fortuné qui, grâce à ses spéculations égoïstes attire à lui tant de trésors, avec lesquels souvent ils pourraient rendre possible à mille hommes de fonder un foyer, avec un mariage régulier. Et alors, seul le marié devrait être exempt du péché d’impudicité, quand il engendre des enfants avec sa légitime épouse; tandis que seul le pauvre devrait être le bouc émissaire, justement parce qu’il ne peut prendre épouse ? Cette façon de juger, ce serait un peu comme si sur la Terre on voulait établir un lieu de pèlerinage, mais en y mettant comme condition que nul ne devrait le rejoindre à pieds, pour obtenir une soi-disant grâce; mais bien plutôt que chacun qui voudrait visiter un tel lieu et recevoir une grâce, devrait s’y rendre dans un très élégant équipage ! Celui qui devrait considérer cette loi comme juste, devrait provenir sérieusement d’un monde, dont même pas le Créateur du Ciel et de la Terre ne sait quelque chose, c’est-à-dire d’un monde qui n’existe en aucun lieu; ou bien il devrait être un délégué de Satan ! De ces considérations, nous voyons que l’explication du sixième Commandement devient toujours plus difficile. Que devons-nous faire pour tirer de ce Commandement une signification pleinement valable ?

Je vous dis par avance que la chose n’est pas si simple, comme certains pourraient l’imaginer. En effet je dis: Pour tirer de ce Commandement sa juste signification, il faut le saisir en profondeur, c’est-à-dire, dans sa racine originelle; autrement on se trouve toujours dans la double position de considérer comme péché ce qui ne l’est même pas de loin, et par contre, de négliger ce qui est vraiment péché, en le considérant comme une chose dont il ne vaut même pas la peine de s’occuper. Mais où se trouve la racine ? – Nous le verrons aussitôt – Vous savez que l’Amour est la Cause originelle et la condition fondamentale de toutes les choses; sans l’Amour, pas une chose n’aurait été créée, et sans l’Amour une existence ne serait pas pensable; comment aurait-on jamais pu former un monde, selon la Volonté du Créateur, sans la force d’attraction réciproque ? Qui ne devrait pas saisir cela, qu’il s’imagine un monde dénué de la force d’attraction réciproque, et il verra comment tous ses atomes se sépareront immédiatement les uns des autres et se volatiliseront comme dans le néant. Donc, l’Amour est la base de tout, et, en même temps, la clé pour tous les mystères. Mais comment peut-on mettre en relation explicative, justement l’Amour, avec notre sixième Commandement ? Je vous dis: Rien de plus facile que cela, étant donné qu’en aucun acte dans le monde, l’amour n’est autant tissé que dans celui que nous calculions être le péché d’impudicité. D’autre part nous savons que l’homme est apte à un double amour, c’est-à-dire, celui divin, contraire à tout amour de soi, et ensuite, celui de soi, contraire à tout Amour Divin. Maintenant on demande: Si quelqu’un accomplit l’acte générateur, quel amour en a été la poussée fondamentale ? L’égoïsme peut-être, sous le pouvoir duquel se tient toute sensualité, ou bien l’amour divin, lequel veut seulement faire participer les autres à ce qu’il a, en s’oubliant complètement soi-même ? Vous voyez, maintenant nous sommes déjà assez avancés sur la question de base de ce Commandement. Figurons-nous maintenant deux couples; l’un accomplit l’acte par morbidité sensuelle égoïste, tandis que l’autre au contraire avec une méditation reconnaissante sur la faculté procréatrice qui lui permet de transmettre sa semence à une femme pour éveiller en elle un fruit d’amour. Donc, lequel des deux a péché ? Je crois que d’autres paroles ne sont pas nécessaires pour une juste sentence, car il n’est point difficile de comprendre qui a péché. Mais afin que la chose vous paraisse pleinement claire, nous devons prendre davantage de familiarité avec le concept Impudicité. Qu’est la pudicité et qu’est au contraire, l’impudicité ? La pudicité est cet état d’esprit de l’homme, état dans lequel il est complètement délivré de l’égoïsme; c’est-à-dire, en lequel il est pur de toute tache d’amour de soi. L’impudicité, contrairement à la pudicité ou chasteté, est cet état d’esprit où l’homme prend en considération seulement lui-même, œuvre pour lui-même, en oubliant complètement son prochain, spécialement en ce qui concerne la femme. L’égoïsme n’est cependant jamais aussi ignominieux que dans l’acte dont dépend la perpétuation de l’espèce. Et pourquoi donc ? La raison en est très claire. Conformément à l’esprit de l’union, ainsi sera aussi le fruit. Si l’amour est divin, alors la semence sera pure, et de même, un fruit divin sera son produit. Mais si la semence est greffée avec l’amour de soi-même, c’est-à-dire, avec l’amour absolu des sens ou morbidité sensuelle, donc, dans un tel état impudique du cœur, quel pourra être son fruit ? Vous voyez, c’est cela que défend le sixième Commandement, c’est-à-dire, l’impudicité sensuellement égoïste – Si ce Commandement était observé intégralement la Terre serait encore un Paradis, car sur elle n’habiterait aucun homme égoïste, sensuel ou avide de domination ! Mais au contraire ce Commandement a déjà été transgressé à l’origine de l’humanité; et le fruit de cette transgression a été l’intéressé et égoïste Caïn. Mais de là résulte que non seulement la fameuse luxure – mais faussement appelée ainsi – (qu’il serait mieux d’appeler sensualité) appartient à la troupe des péchés que nous sommes en train de traiter, mais bien aussi n’importe quelle sensualité, spécialement quand un homme fait égoïstement de la femme, déjà faible en elle-même, un instrument pour son plaisir sensuel. Voilà ce qui doit être considéré comme une vraie impudicité; mais un bref complément nous rendra la chose encore plus claire.

En ce cas on pourrait dire – étant donné que dans le sixième Commandement on dit seulement: Tu ne dois pas pratiquer l’impudicité – que la fornication ou la prostitution ne peut être considérée comme défendue, puisque n’étant pas mentionnée dans le Commandement même. Mais je vous dis: Qu’est-ce que la fornication, qu’elle qu’en soit l’espèce, spirituelle ou charnelle ? Elle n’est autre qu’un accommodement du péché, c’est-à-dire de la manière suivante : On philosophe en se mettant au-dessus de la possibilité de pécher, et l’on place tout dans le cercle des besoins naturels. Quand pour quelqu’un, sa propre nature manifeste la nécessité ou l’urgence de les satisfaire, l’homme, en vertu de son intelligence et de son imagination, cherche quelque chose d’agréable et d’opportun, en vue de réaliser pour toutes les nécessités pressantes de sa nature des moyens avec lesquels elles puissent être satisfaites. Naturellement l’animal doit satisfaire ses besoins de manière grossière, selon l’instinct, étant donné qu’il n’a ni intelligence, ni raison, ni esprit inventif; et c’est pour cette raison que l’homme s’élève au-dessus de l’animalité naturelle commune, de sorte qu’il peut dans son espèce satisfaire à son gré et de manière raffinée aux exigences de sa nature. Voilà pourquoi l’intellect de l’homme de culture dit: Qui peut compter, comme péché, si lui, avec l’aide de son intelligence se fabrique une somptueuse maison d’habitation, et abandonne son précédent trou dans la terre, ou dans le creux d’un arbre ? Qui peut considérer un homme en péché s’il se construit un chariot, dompte le cheval, et puis fait un voyage beaucoup plus commode que s’il le faisait avec ses pieds faibles et souffrants ? Et en outre, qui peut attribuer à l’homme une erreur s’il cuit et assaisonne les fruits les fruits de la nature pour sa subsistance, les rendant ainsi plus agréables au palais ? Ou bien, les choses dans le monde, pour qui d’autres ont-elles été créées, sinon pour l’homme, afin qu’il puisse s’en servir de manière utile ? Combien de choses belles et utiles l’homme n’a-t-il pas découvertes pour ses commodités et pour sa joie ? Devrait-on peut-être lui attribuer une faute, si lui, avec son intelligence rend honneur au Créateur, sans quoi le corps de l’univers serait encore sans une trace de culture, comme un désert, où ça et là pousserait en vrac un ensemble de choux, de raves et d’orties ? Donc, si les diverses cultures du terrain ne peuvent être attribuées à l’homme comme erreurs, bien qu’elles n’aient aucun autre but utile sinon que de faire jouir plus agréablement et plus commodément l’homme des choses du monde, d’un autre côté il ne pourrait absolument pas être considéré comme erreur, un usage plus raffiné dans le plaisir de la procréation; et ce d’autant plus qu’en cet acte, l’homme cultivé se différencie moins que n’importe quel autre de l’animal. Par conséquent, même cette impulsion de l’homme doit pouvoir être satisfaite de manière plus raffinée, et ce, pour les mêmes raisons pour lesquelles, à travers leur intelligence et leur imagination, les hommes se fabriquent des maisons d’habitation, se confectionnent de doux vêtements, se préparent des plats savoureux, et se procurent d’autres satisfactions de ce genre. Prenons le cas qu’un homme de classe supérieure ait pour sa satisfaction à choisir entre deux êtres féminins; l’une est sale, négligée et une vulgaire femme du peuple, l’autre est une jeune fille de classe plus élevée, proprement et élégamment habillée, et en outre, d’aspect florissant et attrayant. Maintenant on demande: Laquelle des deux choisira cet homme cultivé ? Certainement pas la première, mais bien plutôt la seconde, car devant la première son estomac se soulèverait. Donc, même dans ce domaine du raffinement, il est certainement bien qu’avec cela l’homme donne la preuve d’être supérieur, au point d’avoir en lui la force et la pleine capacité de rendre plus propre et plus agréable; ce qui est sale et dégoûtant. Mais vu que l’homme, aussi bien que la femme, ressentent en eux, à cet égard, un fréquent et puissant désir à satisfaire, et que l’on ne peut prétendre que chaque fois soit procréé un enfant en bonne et due forme, entre à nouveau en lice le devoir d’exercer toutes les forces de son intelligence pour se procurer les moyens d’atteindre la satisfaction d’une telle impulsion, soit seulement avec l’accouplement contrôlé avec les femmes, ou avec l’onanisme ou l’homosexualité, ou, en certains cas avec la violation de garçons ? En effet, avec cela aussi l’homme se distingue de l’animal, c’est-à-dire: pouvoir satisfaire cette impulsion qui est la plus naturelle par d’autres voies que celle indiquée en premier lieu par la grossière nature; et par conséquent on doit, de façon spéciale, approuver l’institution des maisons closes ou autres de ce genre, mises à la disposition de quiconque, maisons qui ne tournent certainement pas au déshonneur des hommes, mais bien plutôt seulement à l’honneur de leur intelligence ! »

« Vous voyez donc qu’en considérant les choses du point de vue naturel, on peut bien peu s’opposer à ces considérations. » En effet, il est exact que l’animal ne peut réaliser de semblables artifices, et toutes sortes de nuances dans la satisfaction de son impulsion sexuelle, de sorte qu’il est indéniable que même en cela on découvre un chef-d’œuvre de l’intelligence humaine. Tout cela est exact; l’animal a en cela, son temps, en dehors duquel il reste complètement apathique en ce qui concerne la satisfaction de cette impulsion. Mais, qu’est tout ce raffinement ? Cette question est brève, mais sa réponse est grande et importante. Donc, ce raffinement n’a sûrement pas d’autre cause fondamentale, sinon que la seule épouvantable sensualité. Mais comme nous savons que la sensualité est indiscutablement une fille de l’amour de soi-même, nous savons aussi qu’elle marche du même pas avec l’amour pour la domination et la possession. On ne peut nier qu’il est plus agréable de demeurer dans une belle maison que dans une humble et misérable cabane de bois et de terre; cependant, cherchons à observer ceux qui y habitent ! Comme il avance de son pas altier et superbe celui qui demeure dans un palais, et comme il s’incline tout contrit le simple habitant de la cabane, au passage d’un tel splendide maître ! Observons les habitants d’une grande ville, et comparons-les avec ceux d’un malheureux village de pauvres paysans. Les habitants de la grande ville ne pensent qu’au luxe et aux divertissements, tous veulent vivre agréablement, et si possible briller plus les uns que les autres, et aspirer à des postes de maîtrise. Si un pauvre habitant de la campagne vient dans une grande ville, il doit pour le moins s’adresser même aux cireurs de chaussures en les traitant avec le titre de votre grâce pour ne pas s’exposer à quelques grossièretés. Allons par contre dans un village; là nous rencontrerons des pères de famille, hommes pacifiques et respectueux, qui ne s’adressent pas l’un à l’autre avec des votre grâce… ou bien Monsieur de… Qu’est-il préférable: qu’un paysan dise à l’autre: frère, ou bien comme en ville, qu’une personne petitement aisée traite une personne plus grandement aisée d’un votre grâce, ou bien Monsieur de… ? Je suppose qu’il ne sera pas nécessaire de s’étendre davantage sur de semblables niaiseries, nées de l’intelligence humaine raffinée; mais bien plutôt, nous pouvons formuler aussitôt avec un jugement principal que tous ces raffinements ne servent à rien autre, en tant que position hypocrite, qu’aux fins de cacher les divers et sales désirs de domination, d’orgueil et d’idolâtrie, ainsi que de basse et sensuelle morbidité, en sacrifice de l’esprit humain à la morte nature extérieure. Et si ce sont là de vraies idolâtries, c’est aussi une vraie prostitution; et que cela ne puisse être accueilli dans la sphère de la pudicité, est prouvé par leur tendance. Pourquoi Babel fut-elle appelée une prostituée ? Parce qu’il y avait en elle tous les raffinements. C’est pour cette raison que pratiquer la prostitution signifie de la manière la plus complète: Servir l’impudicité de la manière la plus impudente, selon toute la force vitale; de sorte que, un homme riche qui a pris une épouse florissante, avenante et sensuelle, seulement pour le plaisir, est ni plus ni moins qu’un fornicateur, et son épouse une vraie prostituée. Et c’est réellement ainsi qu’ici l’impudicité est montrée à ses enfants dans ses fondements tristes et misérables, comme elle est réellement, c’est-à-dire, rien autre qu’égoïsme et sensualité. Il était nécessaire d’éclairer pour vous ce Commandement, d’autant plus profondément, étant donné que l’homme tombe plus en ce Commandement qu’en tous les autres, étant donné la constitution de sa nature physique. » Jacob Lorber

7 – Tu ne voleras point :

 « Par les vols sont entendus non seulement les vols manifestes, mais encore les vols non manifestes, comme les prêts à usure et les gains illicites qui se font par des fraudes et des ruses, sous différentes formes afin qu’ils paraissent même comme licites, ou clandestinement afin qu’ils ne paraissent point du tout. Ces actes et plusieurs autres sont des vols dont il faut s’abstenir, et qu’on doit fuir et enfin avoir en aversion comme péchés contre Dieu, parce qu’ils sont contre les Lois Divines qui sont dans la Parole, et contre celle-ci qui est une des lois fondamentales de toutes les religions dans l’univers entier. Autant donc les genres et les espèces de vols ont été éloignés, et sont davantage éloignés, autant les genres et les espèces de biens, auxquels ils correspondent par opposition, entrent et les remplacent ; ces biens se réfèrent dans le commun au sincère, au droit et au juste : en effet, quand l’homme fuit et a en aversion les gains illicites qu’on obtient par des fraudes et des ruses, autant il veut le sincère, le droit et le juste, et enfin il commence à aimer le sincère parce que c’est le sincère, le droit parce que c’est le droit, et le juste parce que c’est le juste : s’il commence à les aimer, c’est parce qu’ils viennent du Seigneur, et que l’amour du Seigneur est en eux; en effet, aimer le Seigneur, ce n’est pas aimer sa personne, mais c’est affiner les choses qui procèdent du Seigneur, car elles sont le Seigneur chez l’homme ; par conséquent c’est aimer aussi le sincère même, le droit même et le juste même ; et comme ces choses sont le Seigneur, voilà pourquoi autant l’homme les aime, et agit par suite d’après elles autant il agit d’après le Seigneur, et autant le Seigneur éloigne les choses non sincères et non justes, quant aux intentions et aux volontés mêmes où sont leurs racines, et toujours avec moins d’effort et de combat, par conséquent avec plus de facilité que dans les commencements. De cette manière l’homme pense d’après la conscience, et agit d’après l’intégrité, non pas, il est vrai, que ce soit par lui-même, mais c’est comme par lui-même ; car il reconnaît alors par la foi, puis par la perception, qu’à la vérité il semble qu’il pense et agit par lui-même, lorsque cependant c’est, non par lui-même, mais d’après le Seigneur. Lorsqu’on lit ce précepte : tu ne voleras point, l’homme par voler entend voler, frauder, et sous un prétexte quelconque, enlever au prochain ses biens; mais l’Ange du Royaume spirituel par voler entend priver un autre de ses vrais et de ses biens par des faux et des maux; et l’Ange du Royaume céleste par voler entend s’attribuer les choses qui appartiennent au Seigneur, comme le bien de l’amour et le vrai de la foi, de sorte que le bien ne devient pas le bien, et le vrai ne devient pas le vrai, parce qu’ils proviennent de l’homme. »

« Que, pour le moment, sous l’expression voler – toujours à l’époque de la promulgation d’un tel commandement – il était impossible que pût être compris le vol arbitraire des biens matériels à autrui apparaît clairement, étant donné que lorsque la loi a été donnée, aucun de ceux qui appartenaient au peuple ne possédait quelque chose. Et même après que ce peuple fut entré dans la Terre Promise, la constitution d’état était telle, qu’elle ne reconnaissait à personne dans le pays, une propriété létale privée, mais elle avait en vue bien plutôt le plus possible la communauté des biens. Ensuite de quoi tout Israélite nécessiteux – à condition qu’il vécût selon l’ordre divin – devait trouver partout le plus cordialement accueil et hospitalité. Mais alors, si en ce Commandement avait été effectivement entendu sous le terne voler, le fait de s’emparer arbitrairement des biens d’autrui, tout le blâme devrait infailliblement retomber sur le législateur, comme on l’a démontré clairement au cours de cette exposition, étant donné qu’avec cela Il aurait d’une certaine façon sous-entendu que le mot embrassait le commerce, l’industrie, ainsi que l’usure. En effet, il doit apparaître au premier regard, à tout homme, pour peu qu’il soit capable de penser, que, dès que le droit de propriété est introduit, et complètement sanctionné et confirmé, doit être aussitôt promulguée une loi, grâce à laquelle doit apparaître pleinement assurée la propriété de chacun. Toutefois, comment pourrait-on, d’un autre côté attendre une semblable loi de ce même Législateur qui, de Sa propre bouche a parlé ainsi à Ses disciples: Ne vous souciez pas de ce que vous mangerez et boirez, et de quoi vous vous vêtirez, car tout cela préoccupe les païens. Mais, cherchez d’abord le Royaume de Dieu, et tout le reste vous sera donné de surcroît. Et le Même Législateur dit: Les oiseaux ont leur nid, et les renards leurs tanières, mais le Fils de l’Homme n’a même pas une pierre sur laquelle poser Sa tête ! D’un autre côté nous voyons Ses disciples, même un jour de sabbat, arracher des épis (Marc II-23); donc, cela signifie évidement d’une certaine manière voler. Cependant, quand les propriétaires du champ s’en lamentèrent – avec l’excuse du sabbat – dites, qui reçut du saint Législateur, un reproche et une exhortation assez énergique ? Il suffit que vous consultiez l’Écriture, et tout vous sera clair. Puis, nous voyons le même Législateur dans la position de devoir payer un impôt. A-t-il peut-être mis la main dans la poche ? Oh, certes non. Il savait que dans le lac voisin il y avait un poisson qui avait avalé un statère. Pierre dut s’y rendre, et enlever de la bouche du poisson la monnaie et payer le douanier avec cette pièce. Mais alors je demande: Selon vos lois sur la propriété, qui trouve – quelle qu’en soit la façon – un bien, a-t-il le droit de pouvoir en disposer à son gré ? Le Législateur suprême n’aurait-il pas dû savoir – ou bien ne voulut-il pas savoir – que Lui, de ce bien trouvé dans le poisson, avait seulement la disponibilité d’un tiers, et même cela seulement après avoir fait officiellement connaître publiquement son revenu ? Mais Il ne fit rien de tout cela, de sorte qu’Il commit un vol pour deux tiers de sa valeur, ou, autrement dit, une fraude. Toujours selon les principes légaux, on demande encore – en déclarant en particulier au préalable que peu de Juifs savaient vraiment pleinement Qui était effectivement le Christ – qui donna à Celui-ci le droit de faire enlever à son propriétaire l’ânesse bien connue, en l’employant ensuite à son gré ?

A ce point on dira: Il était le Seigneur de toute la nature, et de toute façon, tout Lui appartenait. Ceci est exact; cependant, comment expliquer au sens du monde, quand Il dit que le Fils de l’homme n’a à Lui, pas même une pierre ? Et encore, qu’Il n’est pas venu pour abolir la Loi, mais bien plutôt pour l’accomplir dans ses plus petits détails ? Si nous voulions suivre Ses pas, nous trouverions pas mal d’autres occasions encore, où le Tout-Puissant Législateur a violé justement ces principes légaux de propriété, tant ceux présentement en vigueur, que l’explication juive de ce septième Commandement. Qu’arriverait-il sur la Terre, si quelqu’un détruisait un arbre, propriété d’autrui, ou bien anéantissait tout un grand troupeau de porcs, et d’autres choses encore ? Je suis d’avis que maintenant, des exemples, nous en avons plus que suffisamment; exemples dont en peut relever plus clairement que le saint Législateur a placé, avec ce septième Commandement, une signification tout à fait différente de ce que, avec le temps, l’humanité avide et égoïste en a tiré. On dira: Ceci est maintenant clair et éclatant; mais quel est le sens qu’Il a placé, cela est encore caché derrière un voile très épais ! Mais, moi, je vous dis: Patientez un peu seulement ! Jusqu’à présent nous avons illustré suffisamment la fausse compréhension de ce Commandement (la compréhension terrestre), de sorte que la vraie signification renfermée en lui ne sera pas difficile à trouver. En effet, pour qui peut pénétrer la constitution de la nuit, la pensée d’avoir peu de lumière de jour ne devrait causer d’angoisse d’aucune sorte. Donc, que faut-il entendre, dans sa véritable signification, par Tu ne dois pas voler En voici la vraie signification: Tu ne dois jamais abandonner l’Ordre Divin, ni te mettre en dehors de lui, et vouloir t’emparer des droits de Dieu. Mais quels sont ces droits, et en quoi consistent-ils ? – En effet, seul Dieu est saint; et à Lui seul revient toute Puissance ! Celui qui est sanctifié par Dieu Lui-Même, et à qui Il confère puissance, la possède selon la Loi; mais celui qui s’élève par lui-même, et arrache à lui la Puissance divine, pour pouvoir dominer selon cette Puissance, égoïstement dans sa splendeur, est, au vrai sens du mot, un voleur, un bandit et un assassin ! Donc, celui qui arbitrairement, et par amour de soi-même – quels que soient les moyens extérieurs, apparents et trompeurs, terrestres ou spirituels, dont il se sert – s’élève au-dessus de ses frères, celui-là est vraiment celui qui transgresse cette Loi. 

Mais à présent on dira: Si la chose est ainsi, alors le vol bien connu, et la rapine, sont-ils permis ?- Mais je vous dis: Un peu de patience, et la suite immédiate éclairera toute chose. Pour le moment contentons-nous de ce qui a été dit, étant donné que désormais, nous savons ce que l’on doit entendre par ne pas voler, et que le Seigneur, avec ce Commandement n’a jamais introduit un doit de propriété. Maintenant on demande: Vu que le Seigneur n’a jamais introduit un droit de propriété, et que, pour cette raison, il est tout aussi impossible qu’Il ait donné un Commandement, selon lequel on devrait respecter de façon spéciale ces substances ramassées avec l’usure par de nombreux usuriers avares, aux dépens d’un nombre infini d’hommes très pauvres, ne devrait-il donc pas être permis de voler ce que de tels usuriers ont arraché en désaccord avec la Loi divine ? En effet, selon les lois terrestres, quand on arrive à prendre un voleur, on lui enlève ce qu’il a dérobé; donc, ne devrait-on pas avoir encore un plus grand droit d’enlever aux authentiques voleurs et brigands contre la Loi divine, les richesses réunies avec la rapine, en les partageant ensuite entre ceux qui sont dans le besoin ? Selon les conclusions de l’intellect, de prime abord, il n’y aurait réellement rien à objecter à cette requête, mais l’homme juste a en lui des forces encore plus élevées que son intellect. Que diraient ces forces à cette approbation de l’intellect ? Demandons à notre amour du prochain et à notre amour envers Dieu, ce que dit dans leur for intérieur éternellement vivant, l’Esprit de Dieu ? Il ne dit rien d’autre sinon que ce qu’a dit le Seigneur Lui-Même, c’est-à-dire Mon Royaume n’est pas de ce monde ! – Et Qui aime sa vie extérieure, perdra celle intérieure; tandis que, qui fuit et fait peu de cas de sa vie extérieure, conservera celle intérieure. Nous ne voyons en aucun endroit que l’on doive s’approprier des biens des riches. Le Seigneur Lui-Même dit: Donnez à César ce qui revient à César. De même, Il n’ordonne pas au jeune riche de vendre ses biens, mais bien plutôt Il lui donne seulement un amical conseil, accompagné de la promesse de la Vie éternelle.

Donc, vu que nous ne tombons en aucun endroit sur un Commandement du Seigneur, avec lequel Il ait expressément ordonné de s’emparer des richesses des usuriers, il résulte clairement qu’un homme vraiment chrétien n’a pas le droit de mettre les mains sur les biens des riches. Pas même celui qui se trouve dans la plus grande indigence, n’a un droit prouvé de s’emparer des biens, et pas non plus un voleur authentique; tandis que ce droit revient à un peuple entier, en cas de grande nécessité. Et pourquoi donc ? Parce que c’est alors le Seigneur Lui-Même qui agit dans le peuple, et opère avec cela, contre les usuriers jamais rassasiés, un juste jugement. Cependant nul ne doit se permettre – à l’exception d’un cas de besoin absolu, par la volonté du Seigneur – de tuer les usuriers et les riches de cœur dur, mais bien plutôt se limiter à leur enlever, parmi les trésors superflus, seulement ce dont le peuple a besoin pour pouvoir s’aider, jusqu’à ce qu’il puisse se remettre à gagner pacifiquement ce qu’il lui faut pour vivre. Cependant, au riche usurier, il doit toujours être laissé ce qui est suffisant, afin que dans le monde, il n’ait à souffrir aucune indigence, puisque cela est l’unique récompense pour son travail. Le Seigneur n’entend châtier personne, mais bien seulement récompenser chacun selon la qualité de son travail. Mais étant donné que le riche et l’usurier, après cette existence terrestre, n’ont rien à attendre d’autre, il est juste et équitable que de tels êtres, pour leur talent, trouvent leur récompense là où ils ont travaillé. En outre, le Seigneur ne veut juger complètement personne sur ce monde, afin que pour chacun reste toujours disponible la possibilité de s’éloigner du monde, et de revenir au Seigneur. Si, à un tel riche usurier, tout était enlevé, il serait déjà comme complètement jugé, car le désespoir s’emparerait de lui, et avec ce désespoir, une infinie et furieuse colère, qui l’empêcherait pour toujours de façon absolue de s’engager sur la voie du salut. Par contre, s’il lui est laisser un capital suffisant, d’abord il n’est pas exposé à la misère terrestre, et il lui reste une marge, comme une rétribution pour sa capacité d’épargne; en second lieu, dans une telle condition, c’est-à-dire, pas complètement jugé, il peut toujours suivre le conseil du Seigneur, comme Il l’a donné au jeune riche, et arriver ainsi à la vie éternelle. Cependant, un tel peuple appauvri, durant de semblables entreprises extrêmes, ne doit absolument pas accomplir de cruautés sanguinaires, car, si cela arrivait, alors le Seigneur n’opérerait plus avec le peuple, et pour le peuple succéderait la malédiction de ses propres actions arbitraires. En effet si aujourd’hui il est vainqueur, demain par contre il sera battu, et son sang coulera en compensation de celui versé ! L’homme ne doit jamais oublier que tous les hommes sont frères. Ce que l’homme entreprend, il doit le faire avec un cœur rempli d’amour, et il ne doit jamais vouloir faire de mal à quelqu’un, mais bien plutôt que ce qu’il fait vise toujours quelque chose de bon et d’édifiant du côté spirituel, œuvrant pour la vie éternelle. Si son sentiment est tel, le Seigneur bénira son œuvre, autrement l’homme se maudira lui-même ! En effet, si le Seigneur Lui-Même ne veut être pour personne un éternel Juge qui condamne, à Qui appartient tout pouvoir au Ciel et sur Terre, et Qui n’a besoin de demander conseil à personne pour ses actes, l’homme, en tant que Sa créature, n’a le droit de juger et de condamner personne, et de façon particulière quand arbitrairement il use de sa mauvaise volonté. Aussi, malheur à ce peuple qui, sans nécessité absolue, arbitrairement se soulève contre les riches et les puissants ! Il viendra à subir de tristes conséquences pour son action perverse; car la pauvreté est du Seigneur. Qui aime le Seigneur, aime aussi la pauvreté; tandis que la richesse et le bien-être appartiennent au monde et à Satan ! Celui qui aspire à ce qui est du monde et aime ses flatteries, celui-là s’est associé à Satan de la tête aux pieds. Tant qu’un peuple peut se rassasier en moyenne, même seulement une fois par jour, il ne doit pas se soulever. Cependant, quand les riches et les usuriers ont arraché à eux presque tout, au point que des milliers de malheureux sont sous la menace de mourir de faim, alors est arrivé le moment de se soulever, et de se partager les biens superflus des riches. En effet, cela, le veut le Seigneur, pour que les riches, en grande partie soient punis pour leur scandaleux égoïsme et leur insatiable avidité.

En conclusion de la dissertation sur ce Commandement, quelqu’un voudrait peut-être demander encore si le fait de demander des intérêts pour les capitaux prêtés, n’est pas, en quelque manière, contraire au Septième Commandement. Et je dis: Si dans un État le taux d’intérêt est légalement établi, alors il est aussi permis de prendre des intérêts, sur la base de ce taux, naturellement seulement aux riches. Par contre, si quelqu’un a prêté à un pauvre et à un nécessiteux une somme donnée, il ne doit prétendre à aucune sorte d’intérêts. Si ensuite, un tel nécessiteux, avec ce capital, s’est remis en ordre de manière telle que son activité se trouve en bonne position, c’est lui-même qui doit se préoccuper de restituer au créancier le capital qui lui a été prêté. Et, si par reconnaissance, il voulait aussi payer les intérêts légaux, alors celui qui a fait le prêt, ne doit pas les accepter, mais rappeler à l’ex-débiteur que la meilleurs chose est qu’il les affecte en faveur de ses frères plus nécessiteux, selon ses possibilités. Cependant aux très pauvres, nul ne doit faire un prêt, mais bien plutôt ce qu’on leur donne doit être considéré comme définitivement donné. C’est à cet égard la Volonté du Seigneur; qui la suit en la mettant en pratique, aura l’Amour du Seigneur. » Emmanuel Swedenborg, Jacob Lorber

8 – Tu ne porteras point de faux témoignages contre ton prochain :

 « Rendre de faux témoignages signifie, dans le sens le plus près, mentir au détriment du prochain, en jetant faussement du blâme sur lui ; mais, dans le sens interne, rendre de faux témoignages signifie dire que le juste est l’injuste, et que l’injuste est le juste, en confirmant cela par des faussetés ; et, dans le sens intime, rendre de faux témoignages signifie falsifier le vrai et le bien de la Parole, et Vice versa donner comme vrai le faux de la doctrine, en le confirmant par des illusions, des apparences, des fictions, des scientifiques faussement appliqués, des sophismes et par d’ autres moyens semblables ; les confirmations et par suite les persuasions sont elles-mêmes des faux témoignages, car elle sont des attestations fausses. De là on peut voir qu’ici il est entendu non-seulement le faux témoin en présence du juge, mais encore le juge même qui fait le juste injuste et l’injuste juste, en pervertissant le droit, car celui-ci agit également en témoin faux, comme le témoin lui-même pareillement tout homme qui fait que le droit paraît tordu et que le tordu paraît droit pareillement le prêtre qui falsifie le vrai de la Parole et en pervertit le bien. En un mot, toute falsification du vrai, tant spirituel que moral et civil, qui est faite par mauvaise intention est un faux témoignage. Lorsque l’homme s’abstient, des faux témoignages, entendus dans le sens moral et spirituel, et qu’il les fuit et les a en aversion comme péchés, l’amour de la vérité et l’amour de la justice influent du Seigneur par le Ciel ; et quand par suite l’homme aime la vérité et la justice, il aime le Seigneur, car le Seigneur est la vérité même et la justice même ; et quand l’homme aime la vérité et la justice, on peut dire que la vérité et la justice l’aiment, parce que le Seigneur l’aime ; de là les paroles de cet homme deviennent des paroles de vérité, et ses œuvres deviennent des œuvres de justice. Lorsqu’on lit ce précepte : tu ne porteras point de faux témoignage, l’homme par témoigner faussement entend aussi mentir et diffamer; mais l’Ange du Royaume spirituel par témoigner faussement entend dire, confirmer et persuader que le faux est le vrai et que le mal est le bien, ou vice versa que le vrai est le faux et que le bien est le mal; l’Ange du Royaume céleste par témoigner faussement entend tout faux contre le Seigneur et contre le Ciel, en faveur de l’enfer. »  Emmanuel Swedenborg

9 – Tu ne convoiteras point la maison de ton prochain :

« Il y a deux amours, d’où toutes les convoitises surgissent et découlent continuellement comme des ruisseaux de leurs sources ; ces amours sont nommés amour du monde et amour de soi. La convoitise est un amour qui veut continuellement; car ce que l’homme aime, il le désire continuellement; mais les convoitises appartiennent à l’amour du mal, tandis que les désirs et les affections appartiennent à l’amour du bien. Maintenant, puisque l’amour du monde et l’amour de soi sont les sources de toutes les convoitises, et que toutes les convoitises mauvaises sont défendues dans ces deux derniers préceptes, il s’ensuit que le Neuvième Précepte défend les convoitises qui découlent de l’amour du monde, et le Dixième Précepte les convoitises qui découlent de l’amour de soi. Par ne point convoiter la maison du prochain, il est entendu ne point convoiter ses biens, qui sont en général des possessions et des richesses, et ne point se les approprier par de mauvais moyens. Cette convoitise appartient à l’amour du monde. » Si nous nous arrêtons pour scruter ce Commandement, nous devons évidemment nous laisser aller aux mêmes jugements, et faire les mêmes critiques auxquelles nous avions déjà été armés pour le septième Commandement puisque, ici aussi, on parle à nouveau de propriété, en avertissant que l’on ne doit ressentir aucun désir de ce que – comme cela se comprend de soi – quelqu’un s’est approprié légitimement. Ici on pourrait répliquer et dire: Le Seigneur a prévu que les hommes, avec le temps, se seraient créés entre eux un droit de propriété; c’est pourquoi, Il a donné par avance, en cette occasion, un Commandement à cet égard; Commandement au moyen duquel fût assurée la future propriété des hommes, et que nul ne pût illégalement s’approprier ce qui appartient à son prochain. Ce serait en vérité une belle conclusion ! Mais, moi, je suis de l’avis que l’on ne pourrait pas aussi facilement apporter un plus grand déshonneur à l’Amour et à la Sagesse de Dieu, comme avec ce jugement. Le Seigneur qui, avant tout, déconseillerait à tout homme sur la Terre de s’approprier quelque chose – le Seigneur, devant Qui toute richesse terrestre est un opprobre, devrait avoir promulgué un Commandement en faveur et à l’avantage de la cupidité, de l’égoïsme, de l’usure et de l’avarice, un Commandement qui aurait certainement éveillé l’envie réciproque ? Je crois qu’il n’est pas nécessaire de s’étendre davantage à ce sujet, étant donné que l’absurdité d’une telle exégèse est évidente aux yeux de chacun, de sorte qu’il ne devrait pas être nécessaire de faire d’autres commentaires. Cependant, dans le but de rendre la chose saisissable aussi pour les plus aveugles, je demande à chaque juriste versé dans sa branche, sur quoi se base à l’origine le droit de propriété ? Qui a accordé à un homme, pour la première fois, le droit de propriété d’une chose quelconque ? – Prenons comme exemple une douzaine d’émigrés, qui arrivent dans se région de la Terre encore inhabitée, et qui s’y établissent. Sur la base de quel document de droit de propriété et de possession peuvent-ils s’emparer d’un tel pays comme propriétaires, et s’y installer comme légitimes possesseurs ? Je sais déjà ce que l’on répondra: Pas autrement qu’en tant que primo occupanti jus (droit du premier occupant qui arrive le premier a le droit de propriété) – C’est bien, dis-je, mais maintenant qui, parmi les douze, a un droit plus grand ou plus petit sur le pays nouvellement découvert ? On dira: Celui qui a eu en premier l’idée d’émigrer; ou bien, celui qui depuis le pont d’un bateau a découvert cette terre le premier. Bien, mais qu’a de spécial en sa faveur l’auteur de l’émigration, par rapport aux autres ? S’ils ne s’étaient pas associés à lui, il serait certainement resté à la maison. Quelle prérogative a ensuite, celui qui a vu le premier cette terre ? Peut-être parce qu’il a une vue plus aiguë que les autres ? Les autres doivent-ils être lésés pour cette prérogative qui a tourné en sa faveur ? Cela serait, je crois, un jugement tout autre que juste ! Je dirai, pour conclure, que tous les douze doivent avoir indubitablement un droit égal de propriété sur ce terrain qu’ils ont découvert. Mais que devront-ils faire pour réaliser leur égal droit de propriété sur ce pays ? Devront-ils le partager en douze parts égales. Cependant, qui ne voit pas au premier regard quelles seront les conséquences d’une telle division ? – En effet, l’un dira certainement à l’autre: Pourquoi justement dois-je prendre, moi, possession de cette partie du terrain qui, selon mon jugement, est plus mauvaise que la tienne ? Et l’autre, toujours pour la même raison, répondra: Mais je ne vois pas la raison pour laquelle je devrais changer mon morceau de terrain avec le tien ! Et nous pourrions ainsi voir que nos colons continueraient à partager le terrain pendant de longues années, et nous ne verrons jamais, qu’une répartition apparaisse pleinement juste et satisfaisante pour tous. Mais peut-être, un jour les douze arriveront-ils à un accord, et ils feront de ce pays un bien commun; si c’est le cas, peut-il être négligé entre les douze d’établir une loi qui assure le droit de propriété ? Quelqu’un peut-il enlever quelque chose à l’autre, si le pays appartient également à tous, et donc aussi ses produits, dont chacun peut prendre selon ses besoins, sans en rendre compte à l’autre ? Dans le premier cas, on aperçoit facilement, qu’établir un doit de propriété n’est pas concevable. Que les choses soient sûrement ainsi, vous pouvez le voir même seulement avec les premiers colons, en certaines régions de votre propre pays, comme par exemple, ce que l’on appelle les ordres religieux qui, d’une certaine manière, étaient les premiers à coloniser une région. S’ils avaient pu se mettre d’accord avec le partage, ils ne seraient pas arriver à la communauté de biens.

Comme vous voyez, bien que l’on cherche, nous ne pouvons trouver en aucun lieu un droit ordinaire de propriété; et si quelqu’un se met en avant avec son primo occupanti, alors je demande si lorsqu’il arrive dans le monde le postoccupantem, on doit le tuer aussitôt, ou bien le laisser lentement mourir de faim, ou bien le chasser hors du pays, ou le remettre à la miséricorde du premier occupant, et, en outre, l’écraser aussitôt avec la nouvelle loi, en faveur du premier occupant ? Je suppose qu’à ce moment, quelqu’un demanderait: Pourquoi cet occupant arrivé dernier – chose dont il n’a aucune faute – devrait-il servir aussitôt de bouc émissaire, alors que les premiers d’entre eux ne peuvent être considérés comme coupables ? Quel juriste pourrait me justifier cela légalement ? Il me semble que, dans ce cas, on devrait avoir comme avocat, Satan, qui est le seul qui pourrait démontrer cela ! En effet, pour tout homme bien-pensant et juste, la preuve d’un semblable droit qui devrait en résulter est absolument impossible. Je vois déjà comment on dirait: A la première colonisation d’un pays, il peut très bien être omis une loi sur le droit réciproque de propriété, quand les colons se sont accordés entre eux pour la communauté des biens. Au contraire, parmi ces colonisations qui sont les premières formations d’états, le droit de propriété entre aussitôt en vigueur, dès qu’elles se sont établies définitivement sur les lieux. Bien, dis-je: Mais si c’est le cas, chaque colonie, comme première chose, doit se légitimer avec un droit originaire de propriété. Mais, comment le faire, étant donné que du Seigneur, on a seulement le droit de l’usage et non de la possession ? Le droit de l’usage a son document dans l’estomac et sur la peau; par contre, où s’exprime le droit de possession, en particulier quand on considère que tout homme, qu’il soit natif ou étranger, porte en lui le même document divin de l’usage, pleinement valide ? Quand on dit: Le droit de possession a, originairement, sa base dans le droit d’usage, cette phrase abolit indubitablement n’importe quelle propriété particulière, car chacun a le même droit de possession. Si l’on invertit la chose et que l’on dise: Le droit de possession procure seulement le droit d’usage, au contraire on ne peut que répéter le vieux jugement Portiori jus, qui dit en d’autres termes, signifie: Tue le plus grand nombre possible de ceux qui possèdent le droit d’usage; de sorte que toi seul tu puisses t’emparer complètement d’une bande de terrain avec la puissance de ton poing. S’il y avait encore quelques possesseurs du droit d’usage, étrangers qui voulussent te disputer la propriété conquise par toi par la force, selon leur droit d’usage conféré à eux par Dieu, alors tue diligemment ceux-là aussi, ou bien, dans le meilleur des cas, installe-les comme sujets contribuables, afin qu’ils travaillent pour toi, à la sueur de leur front, dans la propriété que tu as acquise par la force, et toi ensuite, tu peux leur mesurer, à ton gré, le droit d’usage. Que s’avance qui veut, et qu’il me prouve un autre droit de possession; en échange je lui cède toute ma béatitude, et je me substitue dans l’un des plus nécessiteux habitants de la Terre. Qui peut justifier la guerre, si elle est considérée du point de vue divin ? Qu’est-elle ? Rien d’autre, sinon qu’un cruel acte de violence, pour enlever aux hommes le droit d’usage, et y substituer par la force un droit de possession. Cela signifie, extirper le droit divin et introduire à sa place, un droit infernal. Qui pourrait donc attendre de Dieu, une loi qui devrait abolir la loi divine du droit d’usage, qui se manifeste clairement par l’existence de chacun, et, à sa place, justifier avec la Puissance et l’Autorité divines, un infernal droit de propriété ? Je suppose que l’absurdité d’une semblable observation serait, même pour un aveugle, claire et visible comme le Soleil, et saisissable avec la main. Mais de cela, il résulte que cette loi doit avoir une autre signification que celle que les hommes se figurent, c’est à-dire qu’elle assure seulement la possession, et non la propriété. Comme loi divine elle doit valoir aussi dans tous les Cieux, par la profondeur de l’Ordre divin – Donc, où y a-t-il quelqu’un dans le Ciel qui possède des petites maisons et des champs ? Dans le Ciel, il n’y a que de légitimes usufruitiers, et le Seigneur Seul est l’unique propriétaire absolu. Nous passerons donc aussitôt à la juste signification de ce Commandement. Vous voyez, jusqu’à maintenant nous avons suivi le développement de tout cela, depuis sa base naturelle; il manquait par contre complètement, la base d’une sanction divine plus élevée, à travers laquelle seulement l’homme sur la Terre, spécialement dans son simple état naturel, est guidé vers l’observance inviolable e de tout ce qui lui est imposé comme devoir depuis le début. Et d’autant plus, au commencement, un tel monarque primitif guide sagement le peuple, d’autant plus le peuple lui-même se convainc par les résultats qu’un tel guide est réellement sage, d’autant plus ils commencent à se demander les uns aux autres: « D’où lui provient cette sagesse qui est sienne, et d’où vient notre stupidité ? Le peuple sait très peu, voire même rien de Dieu; le chef au contraire en a déjà une idée plus ou moins suffisante. » Maintenant que le peuple, du point de vue naturel vit autant qu’il est possible d’une vie ordonnée, que lui reste-t-il à faire, spécialement quand il apprend de plusieurs côtés diverses questions sur ce qui concerne Dieu ? – Alors le chef bat le rappel de ceux les plus capables de comprendre, et il leur annonce un Être suprême qui a tout créé et dirige tout, et en réponse à leurs multiples questions il dit qu’il a directement d’un tel Être suprême, pour leur bien-être, une telle sage directive; et il leur indique, en tant que peuple extrêmement croyant, avec la plus grande facilité, en premier lieu, l’indéniable existence d’une Divinité suprême, qui crée tout, conserve et gouverne, ajoutant que justement par cette Divinité est doté de profonde sagesse celui qu’Elle a destiné à la béatifiante conduite des peuples. Cela est comme dire: Par la Grâce de Dieu, ou bien, comme il était en vigueur parmi les Romains: Favente Jove – Ce pas étant fait, le monarque aussi, super-propriétaire, est bel et bien prêt, et siège pleinement assuré, au centre de son domaine, protégé par une puissante nécessité naturelle, et par une spirituelle, plus puissante encore. Chacun, qui a considéré profondément tout ce qui procède, doit dire à la fin: « En vérité, il n’y a réellement rien à objecter, car tout cela est étroitement lié avec les premières manifestations des droits naturels de tout homme, de sorte qu’on ne doit rien y toucher si l’on ne veut pas détruire, jusqu’en ses bases profondes, une société humaine heureuse. « En effet, quoi que l’on voulût enlever, on commencerait à observer immédiatement avec cela le dégât produit dans les principes des droits naturels, de sorte que derrière ce Commandement on ne peut cacher aucune autre signification, au-delà de celle des mots qui le compose. »

« En effet, si l’on veut ou si l’on peut attribuer à ce Commandement une autre signification, on lui enlève la base principale, sanctionnée par un Être supérieur, de la première association civile, selon les droits naturels. « Si le droit de propriété est aboli, par nécessité des choses sont abolies par contre-coup, les documents originaires connus de tout homme, et nul ne peut plus ni semer ni confectionner quelque chose. « Et s’il ne peut le faire, tant son estomac que sa peau vont à la ruine, et l’existence de l’homme devient pire que celle de l’animal. « Enlevons à ce Commandement sa signification littérale, et l’on élimine déjà en priorité n’importe quel chef qui guide et gouverne, et l’humanité retourne à son état premier naturel chaotique et sauvage, en descendant au-dessous du règne animal. » Cela est juste, mes chers amis et frères, nous avons vu jusqu’à maintenant, qu’avec l’exposition de la signification spirituelle intérieure, n’a pas été ébréchée le moins du monde la signification naturelle extérieure dans ses justes effets. Nous avons vu aussi qu’avec l’ignorance de la signification intérieure d’un Commandement donné, très difficilement, et souvent à peine un tiers de celui-ci est observé, et parfois il n’est même absolument pas observé. Quand au contraire un Commandement est reconnu selon sa signification intérieure, alors l’observance de celui-ci, même du point de vue naturel se résout d’elle-même, justement c’est le cas lorsque quelqu’un met une bonne graine dans le terrain, de laquelle se développe ensuite une plante porteuse de fruit, comme d’elle-même, sans que l’homme intervienne avec une quelconque manipulation, qui, de toute façon se révélerait inutile. Et c’est le cas aussi avec un tel Commandement; s’il est reconnu et observé intérieurement, tout ce qui est extérieur, c’est-à-dire, qui regarde la signification littérale, sort de soi, par suite du bon ordre divin. Si au contraire, ce n’est pas le cas et que l’on reste attaché uniquement au sens extérieur, avec cela s’abolissent tous les documents originaires légitimes de l’homme; les souverains deviennent tyrans, et les sujets, avares et usuriers, et la peau des sourds est tendue sur les tambours des militaires, ou, en d’autres termes, ces ânes débonnaires de sujets deviennent des jouets dans les mains des perfides et puissants usuriers. Les conséquences de tout cela, ce sont ensuite les soulèvements du peuple, les révolutions, les retournements complets dans les états et les destructions, les chagrins réciproques des peuples, avec les guerres sanglantes et longues qui s’ensuivent, les disettes, les pestes et la mort. Donc, que dit cette signification, grâce à l’observance de laquelle tous les peuples doivent trouver leur indiscutable bonheur tant dans le temps que dans l’éternité ? Elle dit ceci: Respectez-vous entre vous avec le véritable amour fraternel réciproque, et que personne n’envie l’autre si celui-ci, en raison de son grand amour, est l’objet d’une Grâce plus grande par Moi, le Créateur. Mais celui qui reçoit une telle Grâce, qu’il transmette, en tant que frère, le plus possible, les avantages qui en découlent pour lui, en faveur de ses frères plus nécessiteux; de cette façon vous instituerez un éternel lien de vie qu’aucune puissance terrestre ne sera en mesure de pouvoir détruire de toute éternité ! Qui n’aperçoit pas déjà au premier regard, par ce qui a été exposé ici, qu’avec l’observance de ce Commandement, il n’est même pas détourné une virgule de sa signification littérale ? Et combien il est facile d’observer ce Commandement du point de vue naturel, quand on l’observe de cette façon, spirituellement; en effet, qui respecte son frère dans le cœur, respectera aussi ses récoltes et ses installations. Grâce à l’observance de ce Commandement, il est obvié à toutes sortes d’usure, à toute soif exagéré de gain, toutes choses qui au contraire dans la signification littérale prise en Soi, trouvent leurs représentants sanctionnés, c’est-à-dire, dans les avocats. Une brève considération additionnelle servira à nous mettre tout cela dans une lumière encore plus vive. En tout ce qui a été dit, et également dans le Commandement même, il n’y a rien du point de vue spirituel, ni de celui naturel, qui indique comme coupable ou erroné que quelqu’un se considère propriétaire de ce qu’il a récolté ou fabriqué avec ses mains pour ses besoins, c’est-à-dire à un degré tel que son voisin ne puisse avoir le droit de lui contester, d’une manière ou de l’autre, son droit de propriété. Au contraire, chacun trouve même en cela une garantie aussi au sujet de sa propriété légitimement acquise. D’un autre coté, il est bien vrai qu’en tout ce qui a été dit de même que dans le Commandement même, il est commandé à chacun une sage limitation du droit de récolter. Que ce soit réellement là le but du Commandement au sens naturel, même sur la base de l’Ordre divin, cela est prouvé de la façon la plus claire, en première lignes des documents du droit de propriété inné originairement en tout homme. Mais comment ? Nous le verrons aussitôt : De combien a besoin en juste mesure le premier à qui revient ce droit, c’est à-dire, l’estomac ? Cela n’importe quel sobre mangeur peut le calculer au gramme. Supposons qu’un mangeur sobre ait besoin journellement de trois livres de nourriture ; on peut calculer facilement ce dont il aura besoin en une année. Ceci est, par conséquent, une nécessité naturelle, légitime, pour un homme. A lui donc, il est permis de ramasser cette quantité annuellement. S’il a femme et enfants, il peut rassembler la même quantité pour chaque personne de sa famille, et, ce faisant, il a agit en conformité avec son droit naturel. A un mangeur plus fort affecté à des travaux pénibles, il sera librement permis de se pourvoir du double. Si ceci est généralement observé, la Terre n’aura jamais à se plaindre de disettes, car, par disposition du Seigneur, son sol fructifère est tel que, avec un travail et une répartition appropriée, douze milliards d’homme pourraient y trouver leur subsistance vitale. Actuellement sur la Terre ( en 1843 ) vivent à peine un peu plus d’un milliard d’hommes, et parmi ceux-ci, il y en a environ sept cent millions qui vivent dans la pénurie. Où se trouve la cause de cela ? Dans le fait que justement les conditions de cette Loi divine, qui a son fondement dans la nature de chaque homme, ne sont pas mises en pratique de façon vivante. Mais maintenant continuons; il n’est certainement pas difficile de calculer combien est grand un homme, et de combien il a besoin pour couvrir sa peau. Qu’il soit cependant accordé à tout homme de se pourvoir, selon les saisons, d’une quadruple couverture de la peau; c’est là la mesure juste, selon la nature, pour la récolte nécessaire, et pour son confectionnement. Mais je veux ajouter une fois en plus pour ce qui se réfère aux vêtements, et quatre fois autant pour le linge, et ceci pour la rechange que nécessite la propreté. Si cette mesure est observée, aucun homme sur la Terre ne tournerait nu ; mais si sur la Terre sont édifiées d’énormes fabriques d’étoffes pour vêtements, dont la matière première est payée à des prix scandaleusement bas… et si ensuite on confectionne les vêtements qui sont nécessaires, en les vendant à qui en a besoin, presque toujours à des prix si élevés qu’ils crient vengeance au Ciel… … et si, en plus de cela, autant de personnes aisées – en particulier du sexe féminin – se munissent dans le cours de dix années, de vêtements de rechange, cent fois plus nombreux que nécessaire, alors cet équilibre légalement naturel est violemment troublé, et des mille millions, au moins six cent millions, doivent tourner par le monde, nus ! Mais allons de l’avant. Quelle taille doit avoir une maison pour y loger un couple d’époux avec des enfants, et si nécessaire, des domestiques, de manière honorable et commode ? Allez dans les campagnes, et persuadez-vous que, pour un tel logement commode et juste, des châteaux et des palais de cent pièces ne sont pas nécessaire. Tout ce qui dépasse la proportion juste et honorable est contre l’ordre de Dieu, et par suite aussi contre Son Commandement. Quelle surface doit avoir ensuite une pièce de terre ? Prenons par exemple un pays de rendement moyen ; sur ce terrain avec un travail modéré, c’est-à-dire avec une superficie de mille de vos toises carrées, on pourrait produire en mesure pleinement suffisante ce qui est nécessaire en une année pour vivre pour un homme adulte. Accordons même le double par personne, pour un bon terrain, de ce qui a été calculé pour le terrain de rendement moyen. Naturellement chaque famille peut prendre possession d’autant de fois la dite pièce de terre qu’il y a de personnes qui la composent. Et même nous voulons être très généreux dans nos mesures, donnons donc à chaque personne le double, et nous fixons cela comme légitime et naturel, même avec la pleine approbation de Dieu. Si même les fonds étaient ainsi partagés, plus de sept mille millions de familles pourraient être assurées de la possession de terrain sur la surface de la terre. Mais comme les choses se présentent maintenant sur la Terre, avec la répartition du sol, le terrain appartient complètement seulement à soixante dix millions de propriétaires terriens. Tout le reste du peuple en est seulement, ou locataire, ou métayer, ou en société, tandis que la partie restante et beaucoup plus grande de l’humanité n’a sur la Terre, même pas une pierre où poser la tête.

Par conséquent, quiconque, pour un motif quelconque, possède plus que la mesure à l’instant indiquée, il le possède illégitimement contre la loi divine et contre la loi naturelle; et comme propriétaire il porte en lui le péché continuel contre ce Commandement. Péché qu’il est en mesure d’effacer seulement s’il possède le plus haut degré possible de munificence, et s’il se considère, en quelque sorte, seulement comme un administrateur de sa possession trop grande, aux fins de la travailler pour un juste nombre de non-ayant. Mais qu’en est-il à la base de ce Commandement ? Nous le verrons dans le second point de cette considération additionnelle. Comme second point, le même Commandement s’exprime de manière manifeste et évidente au sujet de la sage limitation du droit de récolte et de confection. Si nous, à des fins comparatives, nous rapprochons la propriété proportionnée fondamentale, indiquée dans le premier point, nous voyons que le Neuvième Commandement se réfère exactement à cela, étant donné qu’il défend expressément toute envie d’avoir ce qui est à un autre. Qu’y a-t-il donc pour l’autre ? Pour l’autre, sur le terrain créé par le Seigneur pour l’entretien général des hommes, il y a exactement ce dont la mesure naturelle est donnée par ses propres nécessités. C’est pourquoi, celui qui recueille et confectionne ou édifie, au-dessus de cette mesure, pèche déjà effectivement au premier degré contre ce Commandement; indolent et paresseux pour exercer son légitime droit de récolte originaire, il rôde continuellement, chargé de désirs, pour s’emparer de ce qu’un autre a légitiment récolté et confectionné. Nous relevons de cela que, face à ce Commandement, il y a une double façon de se faire prendre en faute, à savoir: Primo, par une avidité à récolter et à confectionner; et second, en négligeant complètement de telles opérations. Pour tous ces deux cas le Commandement s’exprime conformément en ce qui concerne la limitation. Dans le premier cas, pour l’excessive avidité à confectionner et à récolter; dans le second cas pour la paresse; avec cela il n’a en vue que la voie juste, la voie médiane, car il n’exprime rien d’autre, sinon que le respect joint à l’amour, pour le besoin légitimement naturel du prochain. A ce point, quelqu’un fera objection en disant: Il y a à l’époque actuelle des hommes très riches et aisés qui, malgré toutes leurs richesses et leurs ressources, ne possèdent même pas un empan carré de propriétés foncières. Ils sont venus en possession d’une grande richesse en argent avec d’heureuses spéculations commerciales, ou bien par quelque héritage, et ils vivent maintenant avec les intérêts légaux. Qu’en est-il avec ceux-là ? Leur patrimoine est-il, selon le droit divin originaire, légitimement naturel, ou non ? En effet, avec la possession de l’argent, ils ne limitent pour personne la propriété foncière, étant donné qu’ils n’ont aucune volonté de faire des acquisitions de ce genre; mais bien plutôt ils prêtait leur argent à de bonnes conditions, sur la base des intérêts légaux; ou de toute façon, ils combinent d’autres affaires de change légalement permises, et augmentent de cette manière annuellement leur capital d’origine, de plusieurs milliers de florins, tandis que, selon le droit des besoins naturels, pour leur bon entretien ils n’ont même pas besoin de la centième partie de leurs rentes naturelles. Par ailleurs, ces hommes sont souvent très droits, et aussi, entre autres choses, généreux. Pèchent-ils eux-aussi contre notre neuvième Commandement ? Mais je réponds: La façon selon laquelle l’homme possède de nombreux trésors ou beaucoup d’argent au-dessus de ses besoins ne fait aucune différence. Tout est équivalent; en effet si j’ai tant d’argent avec lequel je peux m’acheter plusieurs milles carrés de terre, me formant une propriété foncière selon les lois de l’État, c’est la même chose que si moi, avec cet argent, je l’avais réellement achetée. Et au contraire, c’est même pire encore, et beaucoup plus contraire à l’Ordre divin si on ne le fait pas. En effet, celui qui a de vastes propriétés foncières doit nécessairement concourir à l’entretien de quelques milliers de personnes, étant donné qu’il est impossible de cultiver personnellement des terrains aussi vastes. Observons par contre un homme qui n’a aucune possession foncière, mais tant d’argent, à pouvoir acquérir presque un royaume; il peut administrer seul cet argent, et en retirer les fruits, peut-être, avec l’aide de quelques comptables, peut-être aussi mal rétribués. Aucun de ces nababs ne peut se justifier, en se réclamant de la façon selon laquelle il est venu en possession de tant d’argent, que ce soit au moyen de spéculations, ou par le gain à une loterie, ou grâce à un héritage. En effet, en tout cas il est vis à vis de Dieu, réellement comme le receleur proche du voleur. Quelqu’un voudrait-il savoir comment cela est possible ? Que cela signifie-t-il d’autre, sinon qu’arracher à usure un gain légitime de beaucoup, soustraire avec cela à beaucoup le gain légitime, et se l’approprier. En ce cas un homme qui est devenu riche avec une heureuse spéculation, est un vulgaire voleur. Quand il s’agit d’un gain à la loterie, c’est la même chose, puisqu’il avantage lui seul sur la mise de beaucoup. Et dans le cas d’un héritage, il est toujours un receleur, puisqu’il prend possession pour lui des illégitimes biens que ses prédécesseurs ont pu réunir. Cependant on dira: Cette définition nous semble étrange; en effet, quelle faute a l’héritier s’il a reçu légitimement selon les lois de l’État, ce patrimoine que lui ont laissé les père et mère ou autres parents riches ? Devrait-il peut-être calculer la quote-part qui lui revient, légitimement selon le droit naturel, et garder pour lui seulement l’équivalent et donner le reste de l’héritage aux autres ? Ou bien pourrait-il accepter le patrimoine entier, mais en considérant comme sa propriété la quote-part qui lui revient selon la loi de nature, en administrant ensuite le fort reste pour aider ensuite, ou secourir des fainéants tombés dans la misère, ou bien verser ce reste dans les mains du directeur de quelque institut de bienfaisance ? Cette question est une de celles auxquelles habituellement on ne donne aucune réponse, ou tout au plus, une réponse monosyllabique. Donc, est-ce que la Loi divine et la loi d’État, ou bien la Sagesse et la Sollicitude divines, la politique mondaine d’État, ainsi que la soi-disant diplomatie, sont la seule et même chose ? Que dit le Seigneur ? Il dit: Tout ce qui est grand devant le monde est devant Dieu une abomination ! Qu’y a-t-il de plus grand dans le monde – si on l’observe vers le bas du côté divin – qu’un pouvoir d’État usurpé, lequel ne subsiste jamais selon les conseils divins, mais bien seulement en raison de sa perspicacité mondaine d’État, qui consiste dans la politique et la diplomatie, qui avec le mensonge soumettent les peuples en utilisant leurs forces pour leur prospérité, c’est-à-dire pour gaspiller et jouir sans contrôles ?

Mais s’il est déjà horrible et ignominieux quand un homme embobine et trompe un, deux ou trois de ses frères, combien plus horrible doit-il être devant Dieu quand des hommes autoritaires se font couronner et oindre rois, pour tromper des peuples entiers avec ce que l’on appelle la politique; et si celle-ci ne suffit pas, alors avec une cruelle violence ouverte, et tout cela à leur propre avantage, pour faire la noce avec des ripailles et des débauches scandaleuses. Je suppose que de ces quelques paroles il sera facile de déduire comment la plus grande partie des présentes raisons d’État procèdent dans un sens diamétralement opposé à celles divines. Quand le Seigneur dit au jeune riche: « Vends tous tes biens, partage-les entre les pauvres, mais toi, suis-moi, car ainsi tu te prépareras un trésor dans le Ciel. » – Ce qui est dit là devrait, il faut l’espérer, être suffisant pour en déduire quel partage l’homme riche terrestre doit faire avec ses richesses, s’il veut gagner le Royaume de Dieu. Mais s’il ne le fait pas, il devra s’attribuer à lui-même d’être frappé de la même sentence que le Seigneur a prononcée justement en cette occasion, à la charge du jeune homme devenu triste, c’est-à-dire: Qu’il est plus facile à un chameau de passer à travers le chas d’une aiguille, qu’à un tel riche d’entrer dans le Royaume des Cieux ! Ici on pourrait raisonnablement demander: Pourquoi en cette occasion, devrait-il y avoir réellement un jeune homme riche, et non pas un spéculateur d’un âge avancé, à qui le Seigneur aurait pu faire remarquer Son éternel dégoût pour toute sorte de richesse terrestre ? La réponse s’explique d’elle-même, pour le fait que le jeune homme n’était pas encore un manipulateur invétéré de richesses, mais qu’il se trouvait encore en ce point où la jeunesse habituellement, du côté mondain, ne sait pas encore estimer convenablement la richesse elle-même. Et justement pour cela, il aurait pu s’approcher du Seigneur, au moins pendant quelque temps, pour apprendre de Lui, le juste usage de la richesse, et toute autre indication à cet égard. Alors qu’avec cette connaissance de la volonté divine, il s’éloigne seulement du Seigneur, et retourne à ses trésors. Donc le jeune homme avait justement la prérogative que, étant donné son âge, il pouvait s’approcher du Seigneur, puisqu’il n’était pas encore un grand calculateur; tandis que les autres déjà invétérés, comme le vieux spéculateur et autres usuriers, se trouvent comme les chameaux, derrière le chas de l’aiguille. Donc, à de semblables riches il n’est plus ni accordé, ni donné de se trouver près du Seigneur. Pour ceux-là au contraire, le Seigneur a un autre exemple, qui doit être beaucoup médité, à savoir, dans le récit du riche Épulon; et il n’est pas nécessaire que je vous en dise plus. Qui d’entre vous peut réfléchir un peu, trouvera très facilement que pour le Seigneur du Ciel et de tous les mondes, aucun délit humain ne sera aussi horrible et abject que la richesse, et ses conséquences délétères. En effet, pour aucun autre délit nous ne voyons le Seigneur de la Vie et de la mort, ouvrir de manière aussi large l’abîme de l’Enfer, comme justement pour celui-ci. Pas même pour le délit de l’adultère, ou de la prostitution, et d’autres de ce genre, il n’est arrivé que le Seigneur ait autant ouvert les portes de l’Enfer, comme justement pour le délit d’usure. Il l’a toujours et partout puni, sans tarder, autant avec la parole qu’avec l’action, qu’il s’agisse de gens appartenant à la caste sacerdotale, ou à n’importe quelle autre. Qui peut prouver au Seigneur, que, vis à vis de toutes les autres erreurs humaines, Il a levé sur le pécheur Sa puissante Main comme punisseur ? Par contre sur les changeurs de monnaie et sur les vendeurs de bétail et autres canailles spéculatrices, ceux-ci durent se plier à être chassés du Temple, après avoir été frappés et punis par la puissante main du Seigneur Lui-Même, sans miséricorde, avec des cordes enroulées ! Savez-vous ce que cela signifie ? – Cet événement évangélique entend dire, ni plus ni moins, que le Seigneur du Ciel et de tout l’Infini est l’ennemi le plus déclaré, réellement de ce délit. Pour tous les autres péchés, Son divin amour parle de patience, d’indulgence et de miséricorde, tandis que pour ce délit au contraire, Il parle de Sa colère et de Son indignation. En effet, comme première chose, Il empêche qu’on approche de lui, avec le fameux chas de l’aiguille, puis Il ouvre visiblement l’abîme de l’Enfer, et montre, dans le même Enfer, un vrai damné, et Il s’exprime au sujet des pharisiens, avides de domination et de biens, et Il fait connaître de manière claire que, fornicateurs, adultères, voleurs et autres pécheurs encore, entreront avant eux dans le Royaume de Dieu. Enfin, Il saisit même, dans le Temple, une arme punitive, et en chasse au-dehors sans pitié, les spéculateurs de quelque sorte que ce soit, et Il les montre comme assassins du Royaume divin, étant donné qu’ils ont fait même du Temple, une caverne d’assassins. Nous pourrions citer encore beaucoup d’autres exemples, de tous lesquels on pourrait déduire quel ennemi déclaré est le Seigneur, de ce péché. Mais pour peu que l’on puisse réfléchir, ce qui a été dit est certainement suffisant; mais avec tout cela nous pouvons jeter un bref coup d’œil sur ce qui concerne ce neuvième Commandement, et nous pourrons relever que le Seigneur, en aucune autre situation humaine, pour aucune autre activité défendue, n’a limité même l’envie, comme cela a été réellement le cas pour cette question usuraire, pour Lui souverainement désagréable. Partout Il défend expressément seulement l’activité, tandis qu’ici il en défend déjà le désir, parce que le danger qui en découle pour l’esprit est trop grand, étant donné qu’il détourne complètement l’esprit de Dieu, et le tourne entièrement vers l’Enfer. En effet, vous pouvez constater, qu’il est beaucoup plus certain que n’importe quel autre pécheur, après une action coupable, éprouve du remords, alors que le riche spéculateur, après une heureuse spéculation réussie, s’abandonne à la jubilation et à la joie du triomphe ! Mais c’est le vrai triomphe de l’Enfer, où son prince cherche à remplir celui-ci avec des hommes aimant la richesse, car il sait très bien que de tels hommes n’abandonneront jamais de telles richesses, pour chercher à rejoindre Dieu, et que Dieu ne fera pas non plus quelque chose pour des êtres aussi répugnants; et ainsi Satan est assuré éternellement de sa proie. Je crois qu’il n’est pas nécessaire d’en dire plus. Heureux celui qui prendra profondément à cœur ces paroles, car elles sont l’éternelle, l’incontestable Vérité divine ! Et vous pouvez considérer cela comme vrai, et croire, car il n’y a même pas une syllabe de trop, et même, vous pouvez présumer qu’il a été dit trop peu. Mais que cela, chacun se l’imprime bien dans l’esprit: En n’importe quelle autre occasion, le Seigneur fera tout ce qui est imaginable, avant de laisser aller quelqu’un à la ruine. Par contre, contre ce péché il ne fera rien, sinon que tenir ouvert l’abîme de l’enfer, comme Il l’a fait voir dans l’Évangile. – Tout cela est plus que certain et vrai; de sorte que désormais nous connaissons la vraie signification de ce Commandement, et je dis une fois encore: Que chacun prenne bien à cœur ce qui a été dit ! » Emmanuel Swedenborg, Jacob Lorber

10 – Tu ne convoiteras point la femme de ton prochain, ni son serviteur, ni sa servante, ni son bœuf, ni son âne, ni aucune chose qui appartienne à ton prochain :

« Ces convoitises concernent les propres de l’homme, parce que l’épouse, le serviteur, la servante, le bœuf et l’âne sont au dedans de sa maison ; et que, dans le sens spirituel-interne, par les choses qui sont au dedans de la maison de l’homme, il est entendu ses propres savoir, par l’épouse l’affection du vrai et du bien spirituels, par le serviteur et la servante l’affection du vrai et du bien rationnels qui sont au service du vrai et du bien spirituels, et par le bœuf et l’âne l’affection du bien et du vrai naturels ; ces affections sont signifiées par ces expressions dans la Parole. Mais parce que convoiter et souhaiter ardemment ces affections, c’est vouloir et désirer soumettre l’homme à son pouvoir ou se rendre maître de lui, il s’ensuit que par les convoitises pour ces affections sont entendues les convoitises de l’amour de soi, c’est-à-dire, de l’amour de dominer, car ainsi on fait siens les propres de son compagnon. D’après cela, il est maintenant constant que la convoitise du neuvième Précepte est la convoitise de l’amour du monde, et que les convoitises de ce Précepte-ci sont les convoitises de l’amour de soi ; car, ainsi qu’il a été déjà dit, toutes les convoitises appartiennent à l’amour, puisque c’est l’amour qui désire ; et comme il y a deux amours mauvais auxquels se réfèrent toutes les convoitises, à savoir, l’amour du monde et l’amour de soi, il s’ensuit que la convoitise du Neuvième Précepte se réfère à l’amour du monde, et que les convoitises de ce Précepte-ci se réfèrent à l’amour de soi, spécialement à l’amour de dominer.  » « Bien, dis-je; si les choses sont ainsi, j’ajoute: Alors ce Commandement, considéré de ce point de vue, n’est qu’une expression superflue du Sixième Commandement qui ordonne exactement la même chose. En effet, en ce Commandement aussi, dans tout son développement, est indiqué comme défendu tout ce qui a un rapport quelconque avec la luxure, la prostitution et l’adultère, tant du point de vue matériel que de celui spirituel. Si nous considérons, en les mettant en comparaison ces deux Commandements, il nous semble en premier lieu que ce dixième Commandement ne se prête pas pour le Ciel, et en second lieu, qu’à côté du sixième, il se montre complètement superflu. Mais j’aperçois quelqu’un qui s’avance en disant: Eh, cher ami, tu te trompes; même si ce dixième Commandement, en lui-même, défend la même chose que celle qui est défendue par le sixième, il se tient toutefois exclusivement en lui-même et plus haut et pénètre plus profondément que le sixième Commandement. En effet, dans le sixième Commandement, il est de manière évidente, défendu seulement la réelle action grossière; alors qu’en ce dixième sont défendus le désir et l’envie, en tant que cause fondamentale qui de tout temps pousse à l’action. On voit en effet très souvent que, en particulier des hommes jeunes, ont généralement des femmes jeunes et belles. Il est très facile qu’un autre homme oublie sa propre épouse, même belle peut être, et s’éprenne de l’épouse de son voisin, et qu’il sente s’éveiller en lui une poussée toujours plus forte et un désir toujours plus grand de conquérir l’épouse de son voisin et d’épancher avec elle sa convoitise. Mais je dis que si l’on devait observer ce Commandement d’un tel point de vue, il en jaillirait une énorme quantité de ridicule et de folies qui attireraient ce Commandement élevé dans la poussière sale de la route et dans les cloaques puants de l’humour mondain de l’intellect humain. Aux fins d’exemple et de clarification, nous voulons énumérer délibérément quelques-uns de ces ridicules, afin que chacun puisse apercevoir clairement combien superficiellement et extérieurement ce Commandement fut compris pendant plus de huit siècles, et ainsi expliqué aussi avec ordre de l’observer. Donc: Un homme ne doit ressentir aucun désir pour la femme de son voisin. Alors ici c’est l’occasion de demander: Quelle est l’envie, ou quel est le désir à quoi l’on fait référence ? En effet, il y a un grand nombre de désirs et d’envies honnêtes et permis qu’un homme peut avoir en ce qui concerne l’épouse de son voisin; mais dans le Commandement il est dit inconditionnellement: aucun désir. Par suite de cela, seuls deux voisins peuvent avoir une conversation entre eux, mais les femmes doivent être regardées si possible avec mépris, pour ne pas susciter d’accommodements amoureux: cela n’est ni plus ni moins que l’interprétation turque de ce Commandement mosaïque. En outre, si l’on considère la chose littéralement et matériellement, alors on doit, il faut l’espérer, prendre tout littéralement, et non pas quelques mots littéralement, et quelques mots spirituellement. Autrement ce serait comme si quelqu’un revêtait une jambe d’un pantalon noir et une autre d’un pantalon blanc transparent; ou bien comme si quelqu’un prétendit qu’un arbre pousse avec le tronc couvert à moitié d’écorce, et pour l’autre moitié complètement nu. Suite à cette considération, le dixième Commandement défend seulement le désir pour l’épouse du voisin. Au sens littéral qui peut être celui qui ne doit pas ressentir un tel désir? Aucun autre sinon que le voisin le plus proche, ou même quelque proche parent. Littéralement, seuls ces deux voisins ne devraient pas désirer la femme de l’autre, tandis que les femmes de ceux qui habitent au loin, et en particulier celles des étrangers qui ne peuvent être considérées comme voisins, peuvent donc sans autre être désirées. En effet, même sans être un expert en mathématique et en géométrie, chacun peut comprendre qu’en comparaison du voisin de maison, celui qui habite éloigné de quelques heures, et même un étranger, ne peut être reconnu comme voisin. Vous voyez, cela aussi est turc; en effet, ils observent ce Commandement entre eux, en tant que turcs; mais pour ce qui concerne l’étranger, ils n’ont aucune loi. – Poursuivons: Je demande: Alors, l’épouse de ton voisin est-elle exemptée de l’observance de cette Loi divine ? En effet, dans la loi il est dit seulement qu’un homme ne doit avoir aucun désir pour la femme de son voisin, alors qu’il n’est rien dit pour l’éventualité qu’une femme luxurieuse ne devrait avoir aucun désir pour son voisin. En ce cas on donne manifestement à la femme le privilège de séduire, sans aucun souci, tous les hommes qui viennent à sa portée; et qui pourrait le lui empêcher du moment qu’il n’existe aucun Commandement pour de tels cas ? Cela aussi dérive de la philosophie turque; en effet les Turcs savent par le sens littéral que les femmes sont libres vis à vis de cette loi; et c’est pourquoi ils les enferment afin qu’elles ne se rendent pas au-dehors, et n’aient pas à faire réjouir quelqu’un d’autre après eux. Et, si un turc permet à l’une de ses femmes de sortir, elle doit se camoufler de manière si désavantageuse pour ses charmes, qu’elle inspirerait du respect même à un ours si elle devait en rencontrer un, étant donné que ses charmes ne doivent être dévoilés qu’au mari seulement. Qui peut s’avancer et mettre en doute que cela n’est pas tiré du sens littéral de ce Commandement ? Il est évident que ce ridicule a son indéniable origine vraiment dans le Commandement même. – Poursuivons: Le voisin ne pourrait-il pas déjà avoir des filles déjà assez grandes, ou des petites servantes suffisamment gracieuses ? Selon le dixième Commandement, est-il permis ou non d’avoir un désir des filles ou d’autres jeunes filles du voisin, même comme homme marié ? Évidemment, cela devrait être permis, puisque, dans le sixième Commandement, on ne parle pas du désir, mais seulement de l’action. Ensuite le dixième Commandement défend seulement le désir de la femme, donc, en ce qui concerne le désir des filles et encore d’autres jeunes filles éventuellement, il devrait être permis sans contradiction. Vous voyez, malheureusement, ici aussi nous avons à nouveau une autre interprétation turque de la Loi. Mais pour rendre la chose encore plus claire, nous exposerons encore quelques-uns de ces ridicules.

Dans la Loi il est dit: Tu ne dois pas désirer l’épouse de ton voisin – Ne devrait-on pas ici demander: Qui est réellement ce Tu ? Est-ce un homme marié, un veuf, un jeune célibataire, un jouvenceau ou peut-être même une femme aussi, à laquelle on peut certes aussi dire: Tu ne dois pas faire ceci ou cela ! – Maintenant on dira: Cela est de préférence destiné au sexe masculin, sans distinguer s’il s’agit de célibataires ou de mariés, et il est évident que les femmes sont aussi comprises, et qu’elles ne doivent pas avoir le droit de séduire et de désirer d’autres hommes. Pour ma part, j’oppose au contraire: Du moment que les hommes sont en mesure d’établir leur règlement de façon claire et compréhensible, et font réellement en ces règlements, pour chaque cas éventuel, de subtiles et sages distinctions, on ne devrait pas faire de reproche au Seigneur comme s’Il avait premièrement, par ignorance, donné des lois exprimées de manière non claire, ou en second lieu, comme un habile avocat, les avait rédigées de manière si douteuses, que les hommes eussent été, pour ainsi dire, contraints de pécher de toute façon contre ces mêmes lois. Mais il me semble qu’il serait trop grave d’arriver à une semblable conclusion, après avoir examiné de plus près cette Loi qui, en apparence, semble avoir été donnée de manière incertaine. Par contre, il est plus facile de conclure que cette Loi, comme du reste toutes les autres, est certainement quelque chose de hautement précis. Seulement, avec le temps, et plus exactement à l’époque où s’éleva la hiérarchie ecclésiastique, elle fût tellement déformée et faussement exposée, qu’actuellement il n’y a plus d’homme qui connaisse le véritable sens de cette Loi. Et cela est arrivé en conséquence de la cupidité toujours croissante, étant donné que dans sa véritable signification, cette Loi n’aurait même pas fait gagner un sou au clergé; dans son sens caché, par contre, elle offrait l’occasion à toutes sortes de médiations, de dispenses et de divorces très lucratifs. Et ce naturellement, incomparablement plus dans ces temps passés qu’à présent (1843), puisque les choses étaient ainsi disposées, que deux voisins ou plus ne pouvaient absolument pas se préserver de pécher contre cette Loi. Et comment donc ? Comme c’est naturel, plusieurs fois durant l’année, en raison de la grande peur de l’Enfer, ils devaient se confesser consciencieusement; ils étaient examinés avec zèle sur ce point, et si un voisin avait une femme jeune et belle, alors, une pensée, un regard, ou même quelques paroles adressées à la femme constituaient déjà comme un péché d’adultère. Péché qui, dans la plus grande partie des cas, était remis contre une offrande à titre de pénitence. S’il advenait une approche plus accentuée, alors la pleine condamnation était déjà belle et bien prête; et une fois que quelqu’un avait glissé vers l’Enfer sur un des plateaux de la balance de Saint Michel, dans l’autre plateau de la balance, encore complètement vide, il était nécessaire de jeter une offrande d’un poids aussi considérable pour soulever l’autre plateau, et tirer heureusement de l’abîme infernal, le pauvre pécheur condamné; et les prêtres, détenteurs de la Grâce Sanctifiante de Dieu, n’appartenaient certes pas à cette catégorie qui prétend seulement beaucoup; eux, ils voulaient tout ! De cette façon en effet, des chevaliers et des comtes très fortunés durent alors mordre la poussière, et, encore par-dessus le marché, céder leurs biens à l’Église, comme pénitence pour être délivrés de l’Enfer; en quelle occasion leurs épouses qui de toute façon étaient restées chez elles, étaient accueillies en quelque couvent pour l’expiation du châtiment de leurs maris infidèles. Et les éventuels enfants, tant garçons que filles, étaient habituellement répartis entre ces couvents où il n’était pas permis de posséder de richesses. Je suppose que cela devrait suffire pour apercevoir tout ce qui a dérivé de vraiment outrancier du fait de la déformation de ce Commandement; et le TU fixé par la loi était la source originaire de dispenses, qui habituellement constituaient les plus fortes rentes. Si quelqu’un apportait une offrande considérable, on pouvait alors modifier le TU, de manière que le pécheur n’ait pas à aller en Enfer. Par contre, ce TU pouvait devenir condamnable sans rémission, et tout cela à cause du pouvoir usurpé de délier et de lier, par suite duquel seules des offrandes très considérables pouvaient aider le pécheur à échapper à l’Enfer. Nous avons maintenant constaté à quelles déviations cet incertain TU a donné occasion; mais nous ne voulons pas nous contenter de cela, mais bien plutôt examiner encore quelques-unes de ces ridicules expositions, afin qu’il soit d’autant plus clair pour chacun, combien est nécessaire pour tous la connaissance de la vraie et pure signification de la Loi; sans quoi nul ne peut devenir libre, mais au contraire doit rester toujours esclave, sous la malédiction de la Loi ! Ce que dit la Loi, nous le savons; elle défend un désir ou une envie. Mais à présent on demande: Si un homme, par exemple, s’est appauvri, alors que son voisin est un homme riche, et que l’épouse de ce voisin – ce qui est connu du pauvre – a un cœur miséricordieux et charitable, il est évident que notre pauvre ressentira un vif désir de la miséricordieuse femme, et donc, l’envie qu’elle rassasie sa faim. Cet homme a-t-il péché ou non ? – Il manifeste ouvertement un désir ou une envie à l’égard de l’épouse du voisin; et puisqu’il est dit: Tu ne dois pas désirer la femme de ton voisin, qui peut en ce cas déclarer raisonnablement que le modique désir du pauvre peut être considéré comme innocent ? En effet, dans la phrase: N’avoir aucun désir, aucune envie, il doit être sous-entendu sans aucun doute, tout désir et toute envie, étant donné que dans le mot aucun ne sont pas prévues d’exceptions, de sorte qu’un désir de quelque nature qu’il soit, doit y être inclus. Ne résulte-t-il pas évident de cette explication que le Seigneur a voulu avec cela exclure le sexe féminin de l’exercice de la bienfaisance; de sorte que toute bonne œuvre que fait une faire envers un pauvre, doit être considéré carre un péché contre le Commandement divin ? Comment peut-on penser qu’un tel Commandement insensé ait été donné par l’Auteur suprême de la Vie ? A ce moment on dira: le Commandement est limité seulement au désir charnel voluptueux. C’est bon, admettons que ce soit ainsi; seulement, qu’il me soit permis à cet égard de faire quelques observations. Mais si ces observations sont en contradiction avec la signification limitée signalée à l’instant, alors les contestations devront s’apprêter à constater que la destination de ce Commandement présente une autre voie. Voici les observations: Le Commandement devrait donc défendre simplement un désir charnel sensuel ? C’est bien, mais dans le même temps je demande: Dans le Commandement est-il indiqué expressément une femme, ou bien toutes les femmes sont-elles comprises, ou bien certaines exceptions naturelles sont-elles faites ? Admettons que des voisins qui se trouvent en face, aient tous des épouses pas attrayantes; en ce cas nous pouvons être assurés que ces voisins n’auront absolument aucun désir charnel pour les épouses des autres. Donc, dans le Commandement, devraient être envisagées seulement les femmes jeunes, belles et attrayantes. D’un autre côté aussi des hommes âgés et mal-en-point ne sont plus tant tourmentés par des désirs charnels sensuels, quelle que soit la femme du voisin. De cela nous constatons que ce Commandement est valable seulement pour des conditions spéciales. Donc, le Commandement a des lacunes et, pour cette raison, sa validité n’est pas générale. En effet, là où la Nature fait des exceptions, et où une loi n’a pas non plus sa pleine validité naturelle, comment peut-elle s’étendre au domaine spirituel ? – Qui ne peut pas comprendre cela, qu’il abatte un arbre, et regarde ensuite s’il peut encore croître et produire du fruit. Mais une loi divine doit être disposée de telle sorte que sa validité bénéfique soit mise en place pour toute l’éternité. Si par contre, déjà durant la courte existence terrestre, en certaines circonstances et de manière naturelle, elle sort de ses limites valides, et donc, déjà à l’état naturel pour l’homme elle cesse d’être opérante qu’en sera-t-il d’elle pour l’éternité ? Toute Loi de Dieu n’est-elle pas basée sur Son Amour infini ? Qu’arrive-t-il lorsqu’une loi perd sa validité ? Si les choses se trouvent peut-être autrement qu’on ne le suppose, alors l’Amour divin aussi, en certaines circonstances, ne perd-il pas sa valeur pour les hommes ? Mais sur cela se base la triste foi qui de votre part est pagano-chrétienne, selon laquelle l’amour de Dieu dure aussi longtemps, que longue est la vie sur la Terre; mais une fois que l’on est mort, selon le corps, et que l’on se trouve seulement en tant qu’âme et esprit, alors commence la Justice de Dieu provenant de la colère, immuable et épouvantable, prête à châtier sévèrement, et devant laquelle ce n’est plus le cas de parler d’Amour et de Miséricorde. Si l’homme a mérité le Ciel par sa façon de vivre, il n’y va pas grâce à l’Amour divin, mais bien seulement suite à la Justice divine, et naturellement, en raison de ses propres mérites au service de Dieu, mérites qui ont plu à Dieu. Par contre, quand l’homme n’a pas vécu ainsi, alors est immédiatement prête la damnation éternelle, dont on ne peut attendre, et pour l’éternité, de libération. En d’autres termes, cela a la même signification que si un père stupide introduisait une semblable loi dans sa maison, contre ses enfants, et précisément: Je donne à tous mes enfants, depuis la naissance jusqu’à leur septième année, pleine liberté. Durant tout ce temps, ils peuvent tous jouir de mon amour, sans distinction. A l’échéance de la septième année, je retire mon amour de tous mes enfants, et, à partir de ce moment, je les jugerai sévèrement, ou bien je les rendrai heureux. Ceux qui, durant leur enfance, auront observé mes sévères lois, pourront se réjouir, après la septième année, de ma très grande prospérité; tandis que ceux qui avant la septième année ne se seront pas améliorés jusque dans les moindres détails, selon mes justes lois, seront jetés hors de la maison paternelle, et maudits pour tous les Temps. Dites, quelle serait votre opinion sur un semblable cruel âne de père ? Cela ne serait-il pas infiniment pire que la plus scandaleuse tyrannie ? Si vous, vous trouvez – comme c’est certainement le cas – un tel comportement chez un homme, comme incalculablement stupide et méchant, alors combien épouvantablement insensés doivent être les hommes, s’ils peuvent attribuer à Dieu, qui est le plus grand Amour et la Sagesse-Même, de telles inexprimables infamies qui dépassent toute imagination ! Que fit le Seigneur du haut de la Croix, en tant que Sagesse divine seulement, étant donné que d’une certaine manière, selon l’extérieur, Il était comme séparé de l’éternel Amour ? En tant que Sagesse, et comme telle, fondement de toute Justice, Il s’adressa Lui-Même au Père, c’est-à-dire à l’Éternel Amour, et Il ne demanda pas vengeance, comme cela aurait pu être pour ainsi dire selon la justice, mais bien plutôt Il pria l’Amour de vouloir pardonner à tous ces méchants, et donc aussi à tous les grands-prêtres et pharisiens, toutes leurs mauvaises actions, car ils ne savaient pas ce qu’ils faisaient! Donc ceci, la divine Justice l’a fait déjà en ce temps pour Elle-Même; l’Amour infini devrait-il alors commencer à condamner, là où la divine Justice invoque miséricorde de la part de l’Amour, encore infiniment plus Miséricordieux ? Et même si l’on ne veut pas considérer comme valide, que le Seigneur ait fait sérieusement cette invocation, en supposant qu’Il ait dit cela seulement pour donner un exemple – comme but politique – n’attribue-t-on pas au Seigneur de l’hypocrisie, si l’on suppose que lui, du haut de la Croix, a invoqué le pardon seulement pour l’apparence ? Tandis qu’Il laisse subsister en Lui, ineffaçable, la vengeance, par suite de quoi Il devait déjà depuis longtemps, avoir condamné au fond de Lui, tous ces méchants, au plus ardent feu de l’Enfer !

Ô monde, ô hommes ! Ô inexprimable absurdité, qui pouvait jamais être imaginée en tout l’infini et dans l’éternité ! Peut-on imaginer quelque chose de plus infâme, que de faire du Seigneur sur la Croix, un menteur, un faux prêcheur, et avec cela, un trompeur de tous les mondes en général, et cela pour la plus fausse confirmation de l’autorité de l’Enfer, temporaire, comme on peut l’imaginer ? De quelle autre bouche, sinon de celle de l’Archi-Satan pouvait provenir cet enseignement, et pouvaient sortir de telles paroles ? – Je suppose que vous n’avez besoin de rien d’autre, pour vous faire apercevoir quelles horreurs peuvent dériver d’une interprétation, et d’une indication d’une Loi divine, hautement en opposition. Que les choses soient ainsi sur la Terre, vous pouvez déjà le constater par vous-mêmes; mais pourquoi c’est ainsi, et en particulier quelle est la raison de cette déformation, vous ne pouviez même pas le savoir, car trop emmêlé était le nœud de la Loi, et personne n’aurait été en mesure de fournir une solution complète. C’est pourquoi le Seigneur a eu de la Miséricorde pour vous et vous fait communiquer à travers ce Soleil Spirituel, qui est certainement assez lumineux, la vraie solution de ce nœud, afin que vous puissiez apercevoir la base commune de toute la méchanceté et de tous les ténèbres. On dira certainement: Mais comment peut-il dépendre tant de mal de l’incompréhension des dix Commandements de Moïse ? Eh bien, je vous dis: Ces dix Commandements ont été donnés par Dieu, et portent en eux, tout l’Ordre infini de Dieu. Par conséquent, celui qui d’une manière ou d’une autre sort de l’Ordre divin, sur l’un ou l’autre des points de la Loi, celui-là ne reste dans l’Ordre divin en aucun point, puisque l’Ordre divin est la Voie Droite.

Si quelqu’un s’écarte de cette Voie, quel que soit le point, peut-il dire: Je me suis éloigné de la Voie seulement d’un quart, d’un cinquième, d’un septième, d’un dixième ou d’un millième ? Certainement pas, car pour peu, ou bien pour très peu qu’il abandonne La voie, il est déjà complètement hors de toute la Voie; et s’il ne veut pas retourner sur la Voie, on pourra affirmer, de manière plus que sûre, qu’il a suffi de cet unique point où le pèlerin a abandonné la Voie, pour qu’il se soit éloigné de la Voie entière. Et ainsi sont les choses aussi avec chaque point particulier de la Loi divine. Il n’est pas si facile de trouver quelqu’un qui ait gravement péché contre la Loi entière, étant donné que ce serait même presque impossible. Mais il est suffisant que quelqu’un ait péché contre un point, et ici le pèlerin a quitté complètement la Voie, dès lors qu’il persiste en son péché; et s’il ne veut pas faire retour vers le Seigneur, le Seigneur ne fera pas non plus quelque chose pour, lui; et même s’il se repent de son péché, mais ne cherche pas d’aide du Seigneur, il ne pourra pas entrer dans l’Ordre divin. Ceci étant fixé, vous pouvez être certains que le plus grand mal dans le monde dérive hélas de l’incompréhension qui depuis le commencement était égoïste et méchante, ou plus encore, dérive du méchant détournement de la signification de ces deux derniers Commandements divins. Nous avons à présent suffisamment mis en vue les ridicules et les fausses interprétations de ce Commandement; c’est pourquoi nous voulons passer aussi à sa vraie signification, à la lumière de laquelle, vous apercevrez de manière incomparablement plus claire encore toutes les sottises dont il a été fait l’objet. A ce moment, quelqu’un qui a relu ce qui précède dira: Je suis vraiment très curieux de savoir quelle véritable signification durable a ce Commandement, étant donné que toute signification qui a jusqu’à maintenant été attribuée par nous à ce Commandement, on l’a irrévocablement fait finir dans l’insensé et dans le ridicule. Nous voudrions vraiment apprendre très volontiers qui est le Tu, le voisin, et enfin son épouse. En effet, dans le Commandement il n’est pas possible de l’établir avec certitude. Le Tu, naturellement, peut être chacun, mais si peut y être compris aussi la femme… là on se trouve en haute mer ! Le voisin, ou peut-être mieux le prochain, on peut l’établir plus facilement, si à ce mot on donne un sens large; dans quel cas, chacun qui a besoin de notre aide, est notre prochain. La femme par contre représente la plus grande difficulté, car on ne sait en ce cas s’il s’agit d’une femme mariée, ou bien de quelque jeune fille. Il est vrai qu’ici elle est prise plus au sens singulier que pluriel, mais, cela ne rend pas la chose plus claire. En effet, dans les parties du monde où la polygamie est en vigueur, le nombre simple engendrerait une difficulté de plus. Suite à tout cela, nous sommes d’autant plus assurés de connaître la vraie signification de ce Commandement, étant donné que celle littérale n’est accessible d’aucun côté. Et j’ajoute: Donc il est clairement établi qu’en prenant la pure signification littérale extérieure, on ne peut arriver qu’à la plus grossière absurdité, mais jamais à une Vérité solidement basée.

A ce point on dira certainement: Alors pourquoi le Seigneur n’a-t-il pas donné aussitôt une telle Loi, sous une forme qui ne résultât pas cachée pour chacun, mais qu’il apparût au contraire bien clairement en quel sens elle avait été effectivement donnée et comment réellement en ce sens elle devait être observée ? Cette objection, du point de vue extérieur, est justifiée et elle est valable, comme synthèse assez sérieusement fondée; cependant, examinée à la vraie Lumière, elle est si sotte qu’il serait difficile d’imaginer quelque chose de plus sot encore. Mais, afin que l’extraordinaire niaiserie de cette objection soit bien claire pour chacun, je veux vous faire remarquer en cette occasion, des observations naturelles, résumées brièvement. Admettons que, pour la réalisation de ses recherches, il vint à l’esprit de ce que l’on appelle un naturaliste et un botaniste, de demander: Pourquoi la force créatrice de l’Être Suprême n’a-t-elle pas crée les arbres et les plantes, de façon que le noyau fût à l’extérieur et l’écorce à l’intérieur, afin que l’on pût observer exactement avec une moindre fatigue, et à l’aide du microscope, la montée de la sève dans les branches et dans les rameaux, ainsi que leurs réactions et autres effets ? En effet, il ne pouvait être dans les intentions du Créateur de mettre sur la Terre l’homme pensant, de manière qu’il ne pût jamais pénétrer dans le secret de la merveilleuse activité dans la nature. Que vous semble-t-il de cette prétention ? N’est-elle pas sotte au plus haut degré ? Cependant, supposons que le Seigneur se laissât amener à suivre cette requête, et qu’Il retournât les arbres et les plantes, ne s’avanceraient-ils pas alors d’autres naturalistes disant: De quelle utilité est pour nous de pouvoir observer la sève extérieurement, alors que l’écorce si merveilleuse est cachée à l’intérieur ? Qu’en serait-il ensuite ? Le Seigneur devrait-Il se ranger aussi à cette demande, et mettre à la partie externe de l’arbre, tant l’écorce que la sève ? Mais supposons que le Seigneur, sérieusement, ait fait cela, et que la partie interne de l’arbre consistât seulement de bois, n’y aurait-il pas alors un autre naturaliste qui s’avancerait avec un nouveau besoin, et dirait: Avec l’écorce et en partie avec la moelle, est couverte maintenant toute la merveilleuse formation du bois; un arbre par contre ne pourrait-il pas être ainsi constitué que tout, moelle, bois et écorce fussent extérieurs, ou au moins, transparents comme l’air, ou bien l’eau ? Qu’il soit possible de réunir un arbre, qui a nécessairement un nombre infini d’organes, au point qu’il soit transparent comme l’air, ou du moins comme l’eau pure, est chose que nous laissons décider aux opticiens et aux mathématiciens. D’ailleurs, comment, sur des arbres formés complètement d’air, peuvent pousser des fruits… sur cela devrait se prononcer un habitant des régions du pôle Nord, ou du pôle Sud, en recourant à son expérience. En effet, il arrive là parfois des phénomènes, par suite du grand froid, comme chez vous en hiver sur les vitres des fenêtres. Mais là, apparaissent dans l’air, des arbres cristallins de glace. Cependant que sur de tels arbres poussent quelques espèces de fruits… Il ne semble pas que l’on en ait entendu jamais parler ! D’un autre côté cependant, en ce qui concerne ces arbres en lesquels tout: moelle, bois et écorce, devrait être éternel, vous pouvez être pleinement certains qu’il serait plus facilement possible de faire d’une boule sphérique une boule carrée, qu’un arbre semblable. Je suppose qu’après cette considération, la question de la sotte objection avancée avant, devrait être plus que bien éclairée. Mais, afin d’être encore plus clairs et plus convaincants, nous voulons ajouter encore quelques considérations. Imaginons-nous un docteur: Il doit beaucoup étudier, et quand, à l’instar d’un polype, il a englouti une pesante charge d’érudition, et qu’il est appelé auprès d’un patient, il se trouve devant le lit du malade, comme une paire de bœufs attachés au chariot pour la première fois, devant une rude montée. Ceux qui assistent le malade lui demandent, comment il le trouve, ce qu’il a vraiment, et s’il peut l’aider de quelque façon ? A ces questions, le médecin prend un air très docte, mais en même temps très préoccupé et très embarrassé, et il dit: Mes amis, il n’est pas encore possible de se prononcer, je dois d’abord éprouver la maladie avec un remède, puis, suite à la réaction, je pourrai déjà savoir comment se présentent les choses. S’il y a des réactions, alors vous devez vous-mêmes admettre que nous ne pouvons pas regarder à l’intérieur, pour découvrir où se cache la maladie et de quelle nature elle est. Alors quelqu’un, plutôt laconiquement, dit: « Monsieur le Docteur, notre Seigneur Dieu aurait fait beaucoup mieux s’ Il avait construit l’homme comme les tiroirs d’une armoire, de façon à pouvoir les ouvrir et voir ce qu’il y a dedans. « Ou bien le Créateur aurait dû placer au-dehors, comme les doigts, les oreilles, les yeux et le nez, également ces parties plus scabreuses qui sont si difficiles à atteindre, afin que l’on puisse leur venir en aide avec quelques médicaments. « Mieux serait que tout, s’il avait fait l’homme transparent comme l’eau, et ne l’avait pas mis en compagnie de parties si dangereuses pour la continuation de la vie, mais l’avait fait plus simple, comme par exemple, une pierre. » Le docteur s’aperçoit des hypothèses absurdes, mais par politique, il répond: « Certes, mes chers amis, ce serait bon et meilleur, mais comme il n’en est pas ainsi, nous devons nous contenter si nous sommes en mesure de déduire, sur la base des expériences, avec le plus d’exactitude possible, l’état interne de l’être, et de diagnostiquer la maladie. « Si ensuite, l’homme était ouvrable comme une armoire, ce serait d’abord beaucoup plus dangereux que ce ne l’est maintenant; car il suffirait même d’un coup étourdi dans l’intérieur, et le dommage serait irréparable. « En ce qui concerne ensuite l’extériorisation des organes actuellement internes, ce serait plus que tout une chose tellement peu esthétique, au point que l’on ne ressentirait plus aucun désir de s’approcher réciproquement; et si ensuite, comme signalé auparavant, l’homme était transparent, alors il en serait fini pour toujours, car le dégoût ne contemple pas un autre dégoût. »

« Je suppose qu’après cette considération, l’absurdité de l’objection susdite sera pour chacun encore plus qu’évidente. » Mais voilà qu’ici encore quelqu’un dit: « Certes, appliqué à des choses matérielles naturelles, même seulement penser que l’intérieur pourrait être en même temps à l’extérieur, serait une chose extrêmement insensée, mais la parole n’est pas un arbre, ni un animal, ni un homme; mais certes elle est déjà en soi spirituelle, puisqu’elle ne porte en soi rien de matériel. « Pourquoi donc, devrait-elle avoir, comme un animal ou un homme, quelque signification intérieure insaisissable ? – Et même, comment cela pourrait-il être possible, si l’on observe l’extraordinaire simplicité et la plénitude de la parole ! » Bien, dis-je: Prenons alors le mot Père; que veut-il indiquer ? – Le mot indique-t-il lui-même le Père ou désigne-t-il un père réellement existant dont ce mot serait seulement un type extérieur de témoignage ? On dira: Évidemment, ici le mot n’est pas le père lui-même, mais seulement une désignation extérieure de celui-ci. Bien dis-je, mais maintenant je demande: Que doit-on alors entendre sous le mot, afin que l’on puisse le reconnaître comme un symbole extérieur qui indique exactement quelque chose ? Réponse: Le mot doit représenter un homme qui est marié, avec des enfants, et à qui celui-ci subvient paternellement, corporellement et spirituellement. Qui peut contester, même seulement en petite partie, que cette signification, plutôt étendue et on ne peut plus essentielle, doit se trouver dans le simple mot Père, sans laquelle il ne serait même pas un mot ? Donc, si déjà dans les rapports extérieurs, tout mot, même simple, est assujetti à une explication plus intérieure et à une analyse, à plus forte raison, tout mot extérieur doit avoir aussi une signification spirituelle intérieure, étant donné certes que, tout ce qui est désiré avec un mot extérieur, doit avoir au fond un contenu spirituel plein de force agissante. Un père a certainement aussi, en tant qu’homme physique matériel, une âme et un esprit; le terme indiquerait-il exactement le concept père si l’on en excluait son côté animique et spirituel ? Certainement pas; en effet, le père en réalité est constitué d’un corps, d’une âme et d’un esprit, c’est-à-dire qu’il possède des caractéristiques, extérieures, intérieures, et purement spirituelles. Donc, si dans la réalité le père vivant est ainsi constitué, ne doit-il pas, en cette constitution, se trouver réfléchi comme dans un miroir, dans le terme au moyen duquel, tel père essentiel est justement défini comme père, afin que la définition soit complète et bien établie ? J’estime que l’on ne peut pas exposer de manière plus compréhensible et plus claire le sens intrinsèque d’un mot; et de cela, il doit résulter aussi évident que le Seigneur, lorsqu’Il exprime Sa Volonté sur la Terre, Il doit la donner, pour les hommes extérieurs, selon Son Ordre divin; justement pas autrement qu’au travers de représentations imagées extérieures, en lesquelles se trouve basé évidement un sens intérieur, ainsi qu’un sens profond, avec lesquels ensuite l’homme tout entier est pourvu au plus profond de son être intime, ainsi qu’extérieur, selon l’Amour divin. Mais maintenant que nous avons exposé, de manière plus que tangible, la nécessité et la certitude d’une telle disposition, il sera extrêmement facile de trouver presque de soi, la vraie signification intérieure de notre Commandement, et de le reconnaître – du moins il faut l’espérer – tel qu’il sera exposé par moi, comme le seul indiscutablement vrai, et universellement valable; de sorte que nous pouvons passer immédiatement à cette exposition.

Le Commandement dit: Tu ne dois pas désirer la femme d’autrui, ou bien, Tu ne dois avoir aucun désir de la femme de ton voisin; ce qui est la même chose. Qui est donc la femme et qui le voisin ? La femme, c’est essentiellement, l’amour de tout homme, et le voisin, c’est tout homme quel qu’il soit, avec lequel on est en contact pour n’importe quel motif, ou bien celui qui, où qu’il puisse se trouver, a besoin de mon aide pour un motif quelconque. Quand nous savons cela, en réalité nous savons déjà tout. Donc, que veut vraiment dire le Commandement ? Rien d’autre, sinon qu’aucun homme ne doit vouloir l’amour de la femme du prochain, par amour de lui-même, ou pour son propre bien personnel. En effet, l’amour de soi-même n’est autre que d’attirer l’amour d’autrui pour sa propre jouissance, mais sans accorder soi-même en échange même une étincelle d’amour. C’est là, dans la réalité, le Commandement dans sa signification originelle spirituelle. Mais on dira: Ici, il est évidement repris dans un sens littéral que l’on aurait pu annoncer depuis le début, tout aussi bien que maintenant; avec quoi on aurait pu éviter tant d’erreurs. Mais je dis: C’est sans doute exact; si l’on coupe un arbre par le milieu dans le sens de la longueur, il est certain que la moelle se trouve aussi au-dehors, et l’on peut tranquillement l’observer, comme avant on pouvait observer la seule écorce lorsque l’arbre était entier. Le Seigneur a au contraire caché délibérément le sens intérieur dans une image extérieure naturelle, afin que ce sens intérieur, saint et vivant, ne fût pas saisi et détruit par de méchants hommes; à la suite de quoi tous les Cieux et tous les mondes auraient pu subir de très sérieux dommages. Pour cette raison, le Seigneur a aussi dit: Devant les grands et les puissants sages du monde cela doit rester caché, et n’être révélé seulement qu’aux petits, aux faibles et aux enfants. Du reste les choses sont ainsi déjà en ce qui concerne la Nature. Admettons que le Seigneur ait créé les arbres de telle sorte que la moelle et leurs principaux organes vitaux se trouvent à l’extérieur du tronc; dites vous-mêmes à combien de dangers mortels ils auraient été exposés à chaque seconde ? Vous savez que si l’on perce intentionnellement le noyau et la moelle intérieure d’un arbre, pour celui-ci la vie est finie. Si un méchant ver mange la racine principale du tronc, qui se trouve en étroite relation avec la moelle de l’arbre, l’arbre meurt. Qui ne connaît pas le pernicieux bostryche ? Que fait ce dernier aux arbres ? Il commence à ronger le bois, et mange ici et là, en creusant les organes principaux de l’arbre; et ensuite l’arbre meurt. Si l’arbre, déjà si bien protégé, rencontre tant de dangers, qu’en serait-il de lui, si ses organes principaux étaient exposés à l’extérieur ? Vous voyez, réellement ainsi, et même beaucoup plus encore, plus scabreuses sont les choses avec la Parole du Seigneur! Si l’on devait donner, dès le commencement, le sens intérieur tourné vers l’extérieur, alors déjà depuis longtemps, il n’existerait plus aucune religion parmi les hommes; car ils auraient rongé et effrité ce saint sens intérieur de l’Arbre de la Vie. Ils auraient aussi, et même déjà depuis longtemps, détruit la sainte Cité de Dieu, au point qu’il n’en serait pas resté pierre sur pierre, comme ils l’ont fait déjà avant avec la Jérusalem antique, et ensuite avec le sens seulement littéral et extérieur qui contenait en lui la Parole. En effet, la Parole de Dieu, dans son sens littéral extérieur, tel que vous l’avez devant vous dans l’Écriture Sainte, est aussi différent du texte d’origine qu’est différente l’actuelle malheureuse cité de Jérusalem par rapport à la Jérusalem Antique, qui était une cité mondiale. Toute cette altération, ainsi que la mutilation du seul sens littéral extérieur, ne sont toutefois pas préjudiciables pour le sens intérieur, étant donné que le Seigneur, avec Sa sage Prévoyance, a fixé déjà depuis toute éternité, l’Ordre selon lequel la seule et même Vérité spirituelle peut être conservée et donnée sans dommage, sous l’image extérieure la plus différente. Bien différent au contraire serait le cas si le Seigneur avait donné la Vérité Spirituelle intérieure nue, sans une enveloppe protectrice extérieure. Les hommes auraient rogné et détruit à leur gré cette sainte et vivante vérité, et cela aurait été la fin de toute vie. Mais étant donné que le sens intérieur est ainsi caché, et que le monde n’a pas la possibilité de le trouver, la vie est assurée, même si le vêtement extérieur est déchiré en mille morceaux. Certes, de cette façon, le sens de la Parole, quand il est révélé, s’exprime comme s’il était semblable au sens extérieur, tandis qu’il contient un sens spirituel vivant, et il est reconnaissable à ce qu’il embrasse l’Ordre divin tout entier, tandis que l’image qui le contient exprime seulement un sens circonstancié, qui ne peut jamais avoir une valeur générale. Mais comme le Commandement que nous sommes en train de traiter, est dans l’image seulement une enveloppe extérieure, pour montrer sa valeur intrinsèque spirituelle vivante, nous voulons vous le mettre immédiatement en pleine lumière, avec une brève considération supplémentaire. Le Commandement symbolique extérieur vous est connu; intérieurement il signifie: N’aie aucun désir pour l’amour de ton frère ou de ta sœur ! Donc, pourquoi ce Commandement ainsi chargé de sens et de vie est-il enveloppé dans l’image de la femme que l’on ne doit pas désirer ? En cette occasion, j’attire seulement votre attention sur une parole du Seigneur Lui-Même, où Il s’exprime sur l’amour de l’homme pour la femme: Le fils quittera son père et sa mère et s’unira avec son épouse. Le Seigneur veut indiquer par-là que: Le plus fort amour de l’homme en ce monde, il doit le réserver pour son épouse. En effet, dans l’ordre de sa vie, à quoi tient-il le plus au monde, sinon qu’à sa chère et brave épouse ? Dans la femme donc est placé tout l’amour de l’homme; et de même, la femme, dans l’ordre de sa vie, n’aime rien plus fortement qu’un mari qui correspond à son cœur. Ainsi aussi, dans ce Commandement, dans l’image de la femme, est placé l’amour complet, puisque la femme, en réalité, n’est rien d’autre qu’un délicat revêtement extérieur de l’amour de l’homme.

A qui peut-il maintenant échapper que dans l’image: TU ne dois pas désirer la femme d’autrui il n’est pas dit autrement que: TU ne dois pas désirer l’amour du prochain à ton seul avantage, et avec cela il faut entendre naturellement, tout l’amour, étant donné que la femme dans le monde comprend également en elle tout l’amour de l’homme. Pour peu maintenant que vous examiniez cela de très près, vous comprendrez facilement que toutes les incertitudes extérieures que nous connaissons de la Loi symbolique extérieure, ne sont rien d’autre que d’authentiques certitudes intérieures générales, et nous le verrons aussitôt. Regardez, le tu est incertain, car dans le sens intérieur chacun est compris, et c’est la même chose qu’il s’agisse du genre masculin ou du genre féminin. De même, le terme femme est tenu dans le vague, et il n’est pas dit s’il s’agit d’une femme âgée ou bien d’une jeune, d’une seule ou de plusieurs, d’une jeune fille ou d’une veuve; pourquoi donc cela est-il ainsi indéterminé ? Car l’amour de l’homme est seulement UN, et il n’est ni pour une femme jeune ou âgée, une belle ou une laide, une veuve ou une jeune fille, mais il est l’AMOUR, et, en tout homme, semblable à une femme, qu’aucun autre homme n’a le droit de désirer, en premier lieu parce que cet amour est la vie-même de chaque homme, et en second lieu parce que chacun qui a de cet amour un sens égoïste et envieux de l’amour de son prochain, est, d’une certaine manière, comme quelqu’un qui a envie de combiner un massacre pour s’emparer de l’amour d’autrui (c’est-à-dire de la femme de son prochain, et non de toute sa famille) à son propre avantage. Quant au sens de prochain ou voisin, il est imprécis, parce que dans le sens intérieur on ne fait pas de distinction de degrés: chaque être humain est compris. Je suppose qu’avec cela, vous verrez suffisamment clairement que le sens intérieur, que je vous ai signalé, est le seul juste, parce qu’il englobe tout. Mais certains, peut-être insuffisamment éclairés par leur quartier de lune, pourront dire: « Eh bien, si les choses sont ainsi, alors celui qui a des relations avec la femme ou la fille de son voisin, ou si du moins il le désire, ne commet pas de péché. Mais je te dis: « Quand il est dit de ne pas attirer à toi l’amour de ton prochain, n’entend-on pas avec cela son amour intégral et naturel au complet, dans lequel est inclus tout ce qu’il conserve dans son cœur, et qui lui est aussi cher que sa vie ? Tu vois donc que, dans le Commandement, il n’est pas seulement inclus ton désir pour l’épouse ou les filles de ton prochain, mais bien plutôt tout ce qu’un tel amour englobe en lui. Au commencement, ces deux Commandements étaient donnés en un seul, et la seule chose qui les distingue, c’est que le neuvième Commandement, c’est-à-dire, l’amour du prochain à respecter, est exposé avec davantage de détails… Et dans le dixième Commandement est ainsi exposé, dans le sens intérieur, ce que l’on doit respecter, mais résumé en un terme commun. Donc, que le désir pour la femme ou pour les filles du voisin soit défendu, tout homme peut sans aucun doute le constater; et la chose se trouve réellement comme si quelqu’un devait s’approprier un bœuf; alors certes il ne pensera pas à laisser de côté les cornes, la queue, les oreilles et les pieds; mais s’il le prend, il prend en entier et en cachette tout ce que comporte le bœuf. Ou bien, dans un sens plus noble, c’est, comme si le Seigneur donnait un monde à quelqu’un mais à condition de n’être le maître absolu que de ce qui est à l’intérieur, tandis que la surface extérieure au complet serait la propriété du Seigneur. Je suis d’avis que tout cela ne pouvait pas être donné plus clairement pour la compréhension par l’homme de ce qui concerne le sens intérieur spirituel de ce Commandement, tel qu’il est éternellement valable en tous les Cieux, et tel qu’il conditionne le bonheur de tous les anges; et nous avons ainsi surmonté toutes les objections possibles. » Emmanuel Swedenborg, Jacob Lorber