La sphère de vie extérieure de l’âme ( l’aura )

Extrait du Grand Évangile de Jean (Jacob Lorber)

En version audio

Comme Je venais de dire cela, un grand vol de grues traversa les airs, venant de l’ouest et se dirigeant vers les contrées marécageuses de l’est, celles de l’Euphrate. Quand toute cette troupe fut exactement au-dessus de nous, assez haut dans les airs, elle s’arrêta, pour ainsi dire, et se mit à tourner en grands cercles, se rapprochant peu à peu de l’endroit où nous étions. Le juge demanda : « Seigneur et Maître, cela signifie que nous aurons bientôt un autre orage ! Que penses-Tu, Seigneur et Maître, de cette supposition ? » Je répondis : « C’est ce qu’enseigne par expérience la croyance populaire, mais, qu’il y ait ou non des grues, il est bien évident qu’à la fin de l’automne, que suit inévitablement l’hiver, le temps ne manque jamais de changer tôt ou tard. Pourtant, cette année, le temps demeurera un peu plus longtemps tel qu’il est à présent. Cette fois, les grues qui tournent au-dessus de nous n’annoncent pas un changement de temps, mais ce sont leurs âmes qui perçoivent Celui qui n’est pas loin d’elles, et c’est à Lui qu’elles rendent gloire à leur manière en Lui offrant une sorte de salut matinal, parce qu’elles sentent en elles qu’Il est aussi leur Créateur. Un chien qui connaît bien son maître et lui est très soumis perçoit lui aussi son approche ; il court à lui et lui manifeste par toutes sortes de sauts, de mines et de flatteries qu’il aime son maître et le reconnaît bien ; mais il ne court pas vers les étrangers, et, si l’un d’eux s’approche de son maître, il l’attaque férocement, n’obéissant qu’à la voix de son maître. Pourtant, qui a dit au chien que cet homme-là était son maître, et pas un autre ? Vois-tu, Mon cher ami juge, ce n’est pas la chair du chien qui sait cela, mais son âme, qui est à un degré d’intelligence un peu plus élevé ! Comment cela se fait-il ? Aussi bien l’homme que les animaux sont entourés extérieurement d’une sphère ou d’un domaine nécessaire à leur existence, et qui a une grande affinité avec leur âme. Beaucoup d’hommes qui vivent simplement perçoivent souvent à des lieues de distance l’approche d’un ami bien connu qui a été longtemps absent, et ils peuvent même dire à quel moment cet ami arrivera chez eux. Les bêtes possèdent souvent plus nettement encore la faculté de déceler et de percevoir à une distance encore plus grande tout ce qui est ami ou ennemi. Les chiens et les chats ont cette faculté à un degré particulièrement élevé. C’est pourquoi, si tu laisses l’un de tes chiens à plusieurs jours de voyage de ta maison et qu’on le relâche ensuite, il revient très vite chez toi sans rien connaître de la géographie ni des chemins. Qui donc lui a montré le chemin, et qu’est-ce qui lui permet de s’orienter pour revenir vers toi ? C’est en premier lieu ta sphère de vie extérieure, qui est fort étendue et que son flair reconnaît fort bien, malgré toutes les autres qui la traversent. Ce qui, ensuite, le pousse vers toi, n’est rien d’autre que son amour et sa fidélité instinctifs. Et s’il ne se trompe pas de chemin et sait s’il se rapproche ou s’éloigne de toi, c’est parce que la sphère de vie extérieure qui, en quelque sorte, rayonne de toi, devient toujours plus dense à mesure qu’il se rapproche. Car il en va de même, dans un sens plus spirituel, bien sûr, qu’avec le rayonnement d’une lampe. Le rayonnement lumineux est le plus dense à l’endroit où se trouve la lampe elle-même, et, plus on s’en éloigne, plus le rayonnement devient diffus et faible, jusqu’à ce qu’on soit à une distance telle qu’on ne le perçoit quasiment plus ; et un homme à la vue un peu faible ne percevra plus du tout ce rayonnement, au contraire de celui qui a la vue perçante. Ainsi, hommes et bêtes perçoivent de très loin le rayonnement de ceux qui sont leurs amis, et cela d’autant mieux s’ils possèdent un flair prononcé. Or, Je suis le Seigneur de toutes les créatures de l’infini tout entier, donc assurément de cette terre aussi – et c’est ainsi que ces grues, comme Je te l’ai dit, M’offrent leur salut matinal ! Et, afin que tu voies cela, elles vont venir se poser tout près de nous, puis, sur un signe de Moi, se diriger vers l’étang que J’ai créé pour toi par l’intermédiaire de Raphaël, et y prendre leur repas matinal et la réserve d’eau dont elles ont besoin pour poursuivre leur voyage. » Et, dès que J’eus achevé ces paroles, voici que près de trois cent quarante grues se posaient autour de nous en une sorte de haie, leurs regards tournés vers Moi. Peu après, Je leur fis un signe de la main en direction de l’étang ; alors, elles s’envolèrent et se posèrent à nouveau sur l’étang, montrant par leurs petits cris la joie qu’elles éprouvaient à y trouver tant de nourriture et une eau pure pour remplir leur poche à eau. Tous contemplèrent avec grand plaisir ce spectacle de la nature et louèrent Mon amour, Ma sagesse et Ma puissance.