La signification spirituelle du nombre 666

Extrait des mystères de la vie (Gottfried Mayerhofer) :

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Vous aussi, Mon cher scribe, vous manquez grandement de ces trois vertus; et si on voulait aussi exprimer ces vertus par des nombres, comme le sont l’amour de Dieu, l’amour du prochain et l’amour de soi dans le nombre 666, en tant que nombre juste de l’homme spirituel : 600 : pour l’amour pour le Dieu, 60 : pour l’amour du prochain et 6 : pour l’amour de soi (avec le diable dans l’ordre inverse), le résultat numérique pour vous serait très bas et pas en votre faveur. Car vous n’avez que peu de foi, encore moins de confiance et presque aucune assurance que Mes Paroles que Je vous ai données s’accompliraient, bien que le jour et la nuit Je ne cesse de vous dire : « Laissez les gens parler, restez avec Moi, car avec Moi il y a la vérité et aucun mensonge! »

Extrait de l’apocalypse expliquée (Emmanuel Swedenborg) :

Et son nombre, six cent soixante-six, signifie que néanmoins sa qualité se compose de tous les faux et de tous les maux du faux dans le complexe: on le voit par la signification du nombre, en ce que c’est la qualité de la foi séparée d’avec la vie, et par la signification de six cent soixante-six, en ce que ce sont tous les faux et par suite tous les maux dans le complexe; si ce nombre les signifie, c’est parce que six signifie toutes choses, et se dit des vrais et des biens du vrai, et dans le sens opposé il se dit des faux et des maux du faux; car ce nombre est composé des nombres deux et trois multipliés l’un par l’autre, et le nombre deux se dit des biens, et dans le sens opposé il se dit des maux, et le nombre trois se dit des vrais, et dans le sens opposé il se dit des faux, puis le nombre composé signifie la même chose que les nombres simples dont il a été composé; c’est donc de là que six signifie tous les vrais et par suite tous les biens dans le complexe, et dans le sens opposé tous les faux et par suite tous les maux dans le complexe; pour que toutes ces choses soient signifiées jusqu’au plein, ce nombre est triple, et de la triplication résulte six cent soixante-six, car par le triple il est signifié absolument et le plein du commencement à la fin, ici donc, qu’il ne reste absolument rien du vrai ni du bien. Que par tout nombre dans la Parole il soit signifié quelque chose du sujet ou de l’état, et que la qualité en soit déterminée par les nombres qui sont apposés, on le voit ci-dessus. D’après ces considérations, il est maintenant évident que par le nombre six cent soixante-six, qui est dit être un nombre d’homme, et duquel il est dit que le compter, c’est avoir de l’intelligence, il est signifié la qualité de la foi séparée d’avec les bonnes œuvres, en ce qu’elle se compose de tous les faux et de tous les maux du faux dans le complexe; s’il est dit que compter ce nombre, c’est avoir de l’intelligence, cela signifie, non pas qu’il y ait intelligence à savoir ou à trouver la signification de ce nombre, mais qu’il y a intelligence à rechercher et à voir les faux et les maux qui constituent la qualité de la foi séparée d’avec la vie. Que la qualité de cette foi soit telle quant aux faux, on le verra dans ce qui va suivre; si elle est telle aussi quant aux maux, c’est parce que, quand les bonnes œuvres sont repoussées, et elles sont repoussées lorsque l’on croit qu’elles ne font absolument rien pour la justification ou le salut, il s’ensuit qu’au lieu des bonnes œuvres il y a les mauvaises œuvres, car l’homme sera ou dans les bonnes ou dans les mauvaises œuvres, il ne peut pas être dans les unes et dans les autres en même temps, ce qui est entendu par ces paroles du Seigneur: « Nul ne peut servir deux seigneurs; ou il haïra l’un et il aimera l’autre; vous ne pouvez servir Dieu et Mammon. » – Matt. 6.24; – de là vient que la foi repoussant les bonnes œuvres, qui sont les biens de la vie, est suivie de tous les maux dans le complexe. En outre, toute religion a pour fin la vie, car elle enseigne les maux qu’il faut fuir, et les biens qu’il faut faire; une religion qui n’a pas pour fin la vie, ne peut pas être appelée religion; ainsi, la où il est enseigné que les œuvres de la vie ne font rien, mais que la foi seule fait tout; et, lorsque cela est enseigné, tous les maux de la vie n’ont-ils pas été permis, en tant que les lois civiles ne les défendent pas et ne s’y opposent pas, car la foi seule cache, remet et enlève ces maux? Qu’il en soit ainsi, on peut le voir en ce qu’il est dit que la foi seule justifie la vie, et cependant il est enseigné que l’homme n’est sauvé par aucun bien de la vie, et aussi qu’il est sauvé d’après cette foi, même à la dernière heure de la mort; puis aussi, qu’il est justifié à l’instant même où il reçoit cette foi, outre plusieurs propositions de ce genre, qui persuadent absolument que la vie n’est pas la fin de cette religion; et si la religion n’a pas pour fin la vie, il s’ensuit qu’elle lâche les freins aux maux de tout genre. Que tous les faux dans le complexe soient chez ceux qui sont dans cette foi tant par la doctrine que par la vie, on peut le voir en ce que la foi seule qui justifie et sauve est cette foi, que le Père a envoyé le Fils, qui lui réconcilierait le genre humain par la passion de la croix, et ainsi en enlevant la damnation; mais il a été exposé ci-dessus quelle est cette foi, et ce qu’il y a de vrai ou de non-vrai en elle; et chacun peut voir que dans cette foi il n’y a absolument que la pensée, et rien de la vie, car il est dit que si nous croyons, c’est-à-dire, si par la pensée nous reconnaissons cela avec assurance et confiance, nous sommes sauvés. Si le salut est dans cette foi seule, qu’est-il donc alors besoin de savoir ce que c’est que l’amour envers le Seigneur, ce que c’est que la charité à l’égard du prochain, ce que c’est que la vie de l’homme et les biens et les maux de la vie, ce que c’est que la rémission des péchés, ce que c’est que la réformation et la régénération? Toutes ces choses ne sont-elles pas cette foi seule? Si l’on demande ce que c’est que la rémission des péchés, n’est-ce pas cette foi seule? Si l’on demande ce que c’est que la charité à l’égard du prochain, n’est-ce pas cette foi seule? Si l’on demande ce que c’est que l’Église, n’est-ce pas cette foi seule? Et ainsi du reste; de là il est évident que cette foi seule a absorbé et englouti, comme le dragon, tous les vrais et tous les biens de la Parole et par conséquent de l’Église, lesquels cependant sont innombrables, et par lesquels les Anges ont toute intelligence et toute sagesse, et les hommes tout salut. Comme par cette foi seule on a exilé tous les vrais et tous les biens de l’Église, il s’ensuit qu’à leur place il y a des faux et par suite des maux, et que par conséquent l’Église a été dévastée : bien plus encore, par ce vrai, que l’homme ne peut de lui-même faire le bien qui est le bien, on a rejeté tous les vrais et tous les biens de l’Église, comme s’il était permis à l’homme de renoncer à les faire, par la raison que, n’étant pas des biens, ils sont plutôt damnables que salutaires: et ce qui est étonnant, par un seul Vrai mal compris, tous les vrais et tous les biens de l’Église dans tout le complexe ont été rejetés. Ce sont là les choses qui, dans le sens spirituel, sont signifiées par six cent soixante-six, le nombre de la bête.