Explication du sens spirituel des versets 1, 2 et 5 du chapitre 1 de l’Apocalypse

Extrait de l’Apocalypse Expliquée (Emmanuel Swedenborg) :

En version audio

Explication du sens interne de l’apocalypse chapitre 1, verset 1:

Et qu’il a signifiées en l’envoyant par son Ange à son serviteur Jean :
signifie qui ont été révélées du ciel à ceux qui sont dans le bien de l’amour; car envoyer, c’est révéler; et par l’Ange; c’est du ciel; si envoyer signifie révéler, c’est parce que tout ce qui est envoyé du ciel est une révélation; car est révélé ce qui est là, c’est-à-dire, le spirituel concernant l’Église et son état, mais cela chez l’homme est changé en un naturel, tel qu’il est dans le sens de la lettre dans l’Apocalypse et ailleurs dans la Parole; ce qui vient du ciel ne peut se présenter autrement chez l’homme, car le spirituel tombe dans son naturel correspondant, lorsqu’il passe du monde spirituel dans le monde naturel; c’est de là que la Parole prophétique est telle dans le sens de la lettre, et qu’étant telle, dans son sein elle est spirituelle et elle est Divine: que par l’Ange il soit entendu du Ciel, c’est parce que ce qu’un Ange prononce est du ciel; car lorsqu’un Ange parle avec un homme de choses qui appartiennent au Ciel et à l’Église, il ne parle pas comme un homme, qui tire de sa mémoire les ordres d’un autre, parle avec un homme; mais chez l’Ange influe sans interruption ce qu’il prononce, et non pas dans sa mémoire, mais immédiatement. dans son entendement et par suite dans les mots; c’est de là que toutes les choses que les Anges ont dites aux Prophètes sont Divines, et que rien absolument ne venait des Anges: soit qu’on dise qu’elles ont été révélées du ciel, ou qu’elles l’ont été par le Seigneur, c’est la même chose, puisque ce qui fait le ciel, c’est le Divin du Seigneur chez les Anges, et que ce n’est nullement ce qui procède du propre des Anges. S’il est dit qu’elles ont été révélées du ciel à ceux qui sont dans le bien de l’amour, c’est parce qu’il est dit,  » en l’envoyant par son Ange à son serviteur Jean  » et que par Jean sont représentés et entendus ceux qui sont dans le bien de l’amour; en effet, par les douze Apôtres ont été représentés et signifiés tous ceux qui, dans l’Église, sont dans les vrais d’après le bien, par conséquent aussi tous les vrais d’après le bien par lesquels existe l’Église; et, en particulier, par chaque apôtre a été représenté et signifié quelque chose de spécial, par exemple, par Pierre la Foi, par Jacques la Charité, et par Jean le Bien de la charité ou le Bien de l’amour; et comme Jean a représenté ce Bien, c’est pour cela que la révélation lui a été faite; car une révélation du Ciel, telle que celle-ci, ne peut être faite à d’autres qu’à ceux qui sont dans le bien de la charité ou de l’amour; les autres, il est vrai, peuvent entendre des choses qui viennent du Ciel, mais non les percevoir; la perception spirituelle est seulement pour ceux qui sont dans le bien de l’amour; cela vient de ce qu’ils les reçoivent non-seulement par l’ouïe mais encore avec amour, et les recevoir avec amour, c’est les recevoir pleinement, puisqu’elles sont aimées; et ceux qui les reçoivent ainsi les voient dans leur entendement, là est la sensation de leur vue interne: que cela soit ainsi, c’est ce que de nombreuses expériences m’ont prouvé, et je pourrais aussi l’illustrer par de nombreuses raisons; mais je ne le ferai pas encore pour ne point m’écarter de mon sujet: ici, il doit seulement être mentionné que tous les Noms qui sont dans la Parole signifient des choses et non des personnes.
Quand quelqu’un sait que, dans la Parole, tous les Noms signifient des choses, celui-là peut voir dans la Parole un grand nombre d’arcanes; par exemple, pourquoi le Seigneur imposa à Simon pour nom Pierre, et à Jacques et à Jean pour noms Boanerges; c’est-à-dire, fils de tonnerre; – Pierre, en effet, de même que le Rocher signifie le Seigneur quant au vrai d’après le bien ou la foi d’après la charité; et les fils de tonnerre signifient ceux qui reçoivent les vrais du ciel d’après l’affection appartenant à l’amour. Je vais rapporter quelques Arcanes que peuvent voir ceux qui savent que Pierre signifie la foi, et Jean le bien de la charité: Premier Arcane: Pourquoi le Seigneur a-t-il dit à Pierre : Moi, je te dis que tu es Pierre; et sur ce Rocher je bâtirai mon Église; et je te donnerai les clefs du Royaume des cieux? – il semble, d’après la lettre, qu’à Pierre a été donné cette puissance, lorsque cependant il n’en a été donné aucune à Pierre; mais ces paroles lui ont été adressées, parce que Pierre signifiait le vrai d’après le bien qui procède du Seigneur, et que toute puissance est au vrai d’après le bien qui procède du Seigneur, et par conséquent au Seigneur d’après le bien par le vrai; – Le second Arcane qui peut être vu, lorsqu’on sait que Pierre signifie la Foi, est celui-ci: Pourquoi le Seigneur lui a-t-il dit, qu’avant que le coq ait chanté, il Le renierait trois fois; ce qui aussi est arrivé? – par ces paroles il était signifié qu’au dernier temps de l’Église, il n’y aurait aucune foi au Seigneur, parce qu’il n’y aurait aucune charité; car le chant du coq, de même que le point du jour, signifie le dernier temps de l’Église; et trois, ou trois fois, signifie le complet et la fin. – Le troisième Arcane qui peut être vu, c’est ce que signifient les paroles suivantes au sujet de Pierre et de Jean: Jésus dit à Simon Pierre: Simon, (fils) de Jona, M’aimes-tu? II lui dit: Oui Seigneur; Toi, tu sais que je T’aime. Il lui dit : Pais mes agneaux. Il lui dit une seconde fois, Simon, (fils) de Jona, M’aimes-tu? Il lui dit, Oui Seigneur; Toi, tu sais que je t’aime. Il lui dit: Pais mes brebis. Il lui dit pour la troisième fois : Simon, (fils) de Jona, M’aimes-tu? Pierre fut attristé, parce qu’il lui avait dit pour la troisième fois: M’aimes-tu? Et il lui dit: Seigneur, Toi, tu sais toutes choses; Toi, tu connais que je T’aime: Et il lui dit: Pais mes brebis. En vérité, en vérité, je te dis: Lorsque tu étais plus jeune. tu te ceignais toi-même, et tu marchais où tu voulais; mais quand tu seras devenu vieux, tu étendras tes mains, et un autre te ceindra, et te conduira où tu ne veux pas, Et, ayant ainsi parlé, il lui dit : Suis-Moi. Pierre se retournant voit le disciple qu’aimait Jésus, qui suivait; et il dit: Seigneur. celui-ci. qu’est-ce? Jésus lui dit: Si je veux qu’il demeure jusqu’à ce que je vienne, que t’importe? Toi, suis-Moi. – Jean 21 15 à 24; – personne ne peut savoir ce que signifient ces paroles, à moins qu’il ne sache le sens interne, et que Pierre signifie la foi, et Jean le bien de la charité, ainsi Pierre ceux qui dans l’Église sont dans la foi, et Jean ceux qui sont dans le bien de la charité; que Jésus ait dit trois fois à Pierre, M’aimes-tu? et que Pierre ait répondu trois fois, je T’aime, et qu’alors Jésus lui ait dit, pais mes agneaux, et pais mes brebis, cela signifie que ceux qui sont dans la foi d’après l’amour doivent instruire ceux qui sont dans le bien de l’amour envers le Seigneur et dans le bien de la charité à l’égard du prochain; en effet, ceux qui sont dans la foi d’après l’amour sont, aussi dans les vrais, et ceux qui par là sont dans les vrais instruisent sur le bien et conduisent vers le bien; car tout bien spirituel, que l’homme possède, est acquis et implanté par les vrais; que les agneaux signifient ceux qui sont dans le bien de l’innocence et de l’amour envers le Seigneur; les brebis ceux qui sont dans le bien de la charité à l’égard du prochain; et que paître, ce soit instruire. Ensuite il est décrit par le Seigneur quelle doit être la foi dans le premier temps de l’Église, et quelle elle doit être dans le dernier temps; le premier temps de l’Église est entendu par lorsque tu étais plus jeune, et le dernier temps par quand tu sera devenu vieux; lorsque tu étais plus jeune, tu te ceignais toi-même, et tu marchais où tu voulais, signifie que dans le premier temps de l’Église on puiserait les vrais dans le bien de là charité, et qu’on agirait d’après le libre, car agir d’après le libre, c’est agir par l’affection du vrai d’après le bien; quand tu seras devenu vieux, tu étendras tes mains, et un autre te ceindra, et te conduira où tu ne veux pas, signifie que dans le dernier temps de l’Église on ne puiserait plus les vrais dans le bien de la charité, qu’ainsi on ne les saurait que parce qu’un autre les prononce, et qu’on serait par conséquent dans l’état servile; car il y a état servile, quand ce n’est pas le bien qui conduit; que les vêtements signifient les vrais, et qu’ainsi se ceindre, c’est puiser les vrais et les apercevoir; que marcher, c’est agir et vivre; qu’agir d’après le libre, c’est agir d’après l’amour ou l’affection, puisque ce que l’homme aime il le fait librement; que toute Église commence par la charité, mais que par succession de temps elle se détourne vers la foi, et enfin vers la foi seule, Comme dans le dernier temps de l’Église la foi est telle, qu’elle rejette le bien de la charité, en disant que la foi seule fait l’Église et sauve, et non le bien de la vie, lequel est la charité, c’est pour cela que Jésus a dit à Pierre qui là signifie une telle foi: Suis-Moi; et Pierre, se tournant, voit le disciple que Jésus aimait, qui suivait; et il dit: Seigneur, celui-ci, qu’est ce? ce qui signifie que, dans le dernier temps de l’Église, la foi se détournerait du Seigneur; car il est dit de Pierre, qui signifie cette foi, que se tournant il voit, et qu’il dit du disciple que Jésus aimait, ou de Jean; par lequel est signifié le bien de la charité: Celui-ci, qu’est-ce? c’est-à-dire que ce n’est rien; mais « Jésus lui dit : Si je veux qu’il demeure jusqu’à ce que je vienne. que t’importe? Toi, suis-Moi, ce qui signifie que le bien de la charité devait suivre le Seigneur et Le reconnaître jusqu’au dernier temps de la vieille Église, et au premier temps de la nouvelle Église: que le dernier temps de la vieille Église soit appelé la Consommation du siècle; et le commencement de la nouvelle Église, l’Avènement du Seigneur. – Le quatrième Arcane qui peut être vu est celui-ci: Pourquoi le Seigneur a-t-il aimé Jean de préférence aux autres disciples, et pourquoi Jean d’après cela s’est-il penché sur la poitrine ou dans le sein du Seigneur? ; – ce fut parce que le bien de l’amour était en présence du Seigneur, quand le Seigneur voyait Jean, qui a représenté et signifié ce bien, parce que ce bien est ce qui fait le Ciel et l’Église. – Le cinquième Arcane, qui se manifeste, quand on sait que Jean a représenté le Bien de l’amour, c’est la signification des paroles que le Seigneur a adressées sur la croix à Marie sa mère et à Jean: Jésus voyant sa mère, et près d’elle le disciple qu’il aimait, dit à sa mère: Femme, voilà ton fils; et il dit au disciple:, Voilà ta mère. Et dès cette heure-là, ce disciple la prit dans sa propre maison; – là, par mère et par femme, il est entendu l’Église; par Jean, le bien de la charité; et par les paroles adressées à Marie et à Jean, que l’Église sera où est le bien de la charité: D’après ce qui précède, on peut maintenant voir combien, dans la Parole, il y a d’arcanes cachés, lesquels ne se manifestent qu’à ceux qui en savent le Sens interne ou spirituel; sans ce sens on ne peut pas non plus savoir ce qui est signifié par cela que les Apôtres doivent s’asseoir sur douze trônes, et Juger les douze Tribus d’ Israël; – là, par les Apôtres, il est entendu non pas les Apôtres, mais tous les vrais d’après le bien qui procèdent du Seigneur; ainsi ces paroles signifient que le Seigneur seul doit juger tous les hommes d’après les vrais qui proviennent du bien, ainsi chacun selon ces vrais,

Explication du sens interne de l’apocalypse chapitre 1 au verset 2 :

Lequel a attesté la Parole de Dieu et le Témoignage de Jésus-Christ
signifie que c’est pour ceux qui reconnaissent de Cœur le Divin vrai, et le Divin du Seigneur dans son Humain: on le voit par la signification de attester, en ce que c’est reconnaître de cœur, ainsi qu’il va être expliqué; par la signification de la parole ou du discours de Dieu, en ce que c’est le Divin vrai; et par la signification du témoignage de Jésus-Christ, en ce que c’est la reconnaissance du Divin du Seigneur dans son Humain; que ceci soit signifié par le témoignage de Jésus-Christ, c’est parce que attester signifie reconnaitre de cœur, et que reconnaitre de cœur Jésus-Christ, c’est reconnaitre le Divin dans l’Humain de Jésus-Christ; en effet, celui qui reconnaît le Seigneur, et non en même temps le Divin dans son Humain, ne reconnaît pas le Seigneur, car son Divin est dans son Humain et non hors de l’Humain; le Divin est, en effet, dans son Humain comme l’âme dans le corps, c’est pourquoi penser à l’Humain du Seigneur et non en même temps à son Divin, c’est comme si l’on pensait à un homme en faisant abstraction de son âme ou de sa vie, ce qui ne serait point penser à l’homme. Que le Divin du Seigneur soit dans son Humain et que le Divin et l’Humain soient ensemble une seule Personne, c’est ce qu’enseigne la Doctrine reçue dans tout le Monde Chrétien; elle l’enseigne en ces termes :  » Quoique le Christ soit Dieu et Homme. toujours est-il cependant qu’il y a non pas deux mais un seul Christ; il est un, mais non de telle manière que le Divin ait été changé en Humain, mais le Divin a tiré à soi l’Humain; il est absolument un, mais non de telle manière que les deux natures aient été mêlées, mais il y a une Personne Unique; parce que, comme l’Âme et le Corps font un seul homme, de même Dieu et l’homme sont un seul Christ. » – Extrait du Symbole d’Athanase. – De là, il est encore évident que ceux qui distinguent le Divin en trois Personnes, quand ils pensent au Seigneur, comme Seconde Personne, doivent penser en même temps à l’un et à l’autre, tant à l’Humain qu’au Divin; car il est dit qu’il y a une Personne unique, et qu’ils sont un comme l’âme et le corps: ceux donc qui pensent autrement ne pensent pas au Seigneur, et ceux qui ainsi ne pensent pas au Seigneur ne peuvent pas penser au Divin qu’on nomme le Divin du Père, car le Seigneur dit: « moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie, personne ne vient au Père que par Moi. – Comme cette reconnaissance est signifiée par le témoignage de Jésus-Christ, c’est pour cela qu’il est dit que le témoignage de Jésus est l’esprit de la prophétie. – Apocalypse 19 10 ; – l’esprit de la prophétie est la vie et l’âme de la Doctrine; que l’esprit, dans le sens interne de la parole, signifie la vie ou l’âme; et que la prophétie signifie la doctrine; et la reconnaissance du Seigneur est la vie même ou l’âme même de toute doctrine dans l’Église. Mais il en sera dit davantage sur ce sujet dans la suite. Qu’attester ce soit reconnaitre de cœur, c’est parce qu’il s’agit de choses spirituelles, et qu’à l’égard de ces choses on ne peut attester que d’après le cœur, car on ne perçoit pas d’autre part qu’elles sont de telle manière: or, attester, quand il s’agit de choses qui existent dans le monde, c’est attester d’après la science, ou d’après la mémoire et la pensée, parce qu’on a vu ou entendu ainsi; mais dans les choses spirituelles il en est autrement, car celles-ci remplissent toute la vie et la constituent; l’esprit de l’homme, dans lequel la vie de l’homme réside en premier lieu, n’est autre chose que sa volonté ou son amour et par suite son entendement ou sa foi, et le cœur dans la Parole signifie la volonté et l’amour et par suite l’entendement et la foi: on voit par là d’où vient que par attester, dans le sens spirituel, il est entendu reconnaitre de cœur. Comme le cœur signifie le bien de l’amour, et comme c’est lui seul qui reconnait le Divin vrai et le Divin du Seigneur dans son Humain, et que ce bien est signifié par Jean, voilà aussi pourquoi Jean dit qu’il atteste la Parole de Dieu et le Témoignage de Jésus-Christ. Comme il le dit encore ailleurs: Celui qui l’a vu l’a attesté, – et véritable est son témoignage, et celui-là sait qu’il dit vrai, – afin que vous, vous croyiez. – Jean 19 35 ; – et ailleurs: C’est ce disciple qui atteste ces choses, et qui les a écrites, et nous savons que véritable est son témoignage, – Jean 21 24

Explication du sens interne de l’apocalypse chapitre 1 au verset 5 :

Lui le Premier-né d’entre les morts
signifie de Qui tout bien est dans le ciel: on le voit d’après la signification de Premier-né, lorsqu’il s’agit du Seigneur, en ce que c’est le Divin Bien dans le Ciel, ainsi tout bien dans le Ciel. Si le Premier-né a cette signification, c’est parce que les Générations, en général et en particulier, signifient des générations spirituelles, qui sont celles du bien et du vrai, ou de l’amour et de la foi; c’est de là que le père, la mère, les fils, les filles, les gendres, les brus, les fils des fils, signifient des biens et des vrais qui engendrent et qui sont engendrés dans leur ordre; car dans le Ciel il n’y a pas d’autres Naissances; et comme il en est ainsi, par le Premier-né il est entendu non pas le Premier-né, mais le bien du Ciel et de l’Église, parce que le bien tient le premier rang; le Seigneur étant donc celui de Qui vient tout bien dans le Ciel et dans l’Église, c’est pour cela qu’il est appelé le Premier-né : s’il est appelé le Premier-né d’entre les morts, c’est parce que, quand il est ressuscité d’entre les morts, il a fait son Humain le Divin Bien par l’union avec le Divin qui était en Lui par conception; de là vient qu’il est nommé le Premier-né d’entre les morts, et qu’il est dit de lui dans David: « Moi, je L’établirai Premier-né, élevé sur les rois de la terre, » – Psaumes 89 28 ; – ce qui est entendu par élevé sur les rois de la terre, on le voit dans l’Article suivant. Que le Seigneur, quand il a quitté le monde, ait fait son Humain le Divin Bien; qu’ainsi il est sorti du Père et est retourné au Père; et qu’après l’union, le Divin Vrai, qui est le Consolateur, l’Esprit de vérité, procède de Lui, Comme le Seigneur quant au Divin Humain a été appelé le Premier-né, par la raison que tout bien procède de Lui, c’est pour cela que tout ce qui était Premier-né dans l’Église Israélite a été sanctifié à Jéhovah, et c’est pour cela que les Lévites ont été reçus à la place de tous les Premiers-nés en Israël, car les fils de Lévi ont représenté ceux de l’Église qui sont dans le bien de la charité; c’est aussi pour cela que le Premier-né eut deux portions d’hérédité; et tout cela, parce que le Premier-né signifiait le bien qui procède du Seigneur, et dans le sens suprême le Seigneur Lui-Même quant au Divin Humain de Qui procède tout bien; car toutes les choses qui ont été ordonnées dans l’Église Israélite étaient des représentatifs des Divins Spirituels et Célestes. Que tout ce qui était Premier-né dans l’Église Israélite ait été sanctifié à Jéhovah, on le voit dans Moïse aux passages suivants : Sanctifie-Moi tout Premier-né, l’ouverture de tout utérus, parmi les fils d’Israël; en l’homme et en la bête, qu’ils soient à Moi. – Exode 13 2 – Tu feras passer toute ouverture d’utérus à Jéhovah; et toute ouverture de la bête, ce que tu auras de mâles, sera à Jéhovah. – Exode 13 12 . – Les prémices de ton blé, et les prémices de ton vin, tu ne retarderas point : le Premier-né de tes fils tu Me donneras: ainsi tu feras pour ton bœuf, et pour ton menu bétail; sept jours il sera avec sa mère, au huitième jour tu Me le donneras; et des hommes de sainteté vous me serez. – Exode 22 28 29 30 ; – si l’on donnait aussi les Premiers-nés de la bête, c’était parce que les bêtes aussi représentaient; et, parce qu’elles représentaient, elles étaient employées aussi dans les holocaustes et dans les sacrifices.

Qui nous aime et nous lave de nos péchés dans son sang
signifie son amour et la régénération par les vrais qui procèdent de Lui: on le voit par la signification de laver les péchés, en ce que c’est régénérer; et par la signification de dans son sang, en ce que c’est par les vrais qui procèdent de Lui. Que le sang du Seigneur signifie les vrais d’après le bien, par conséquent les vrais qui procèdent du Seigneur, c’est ce qui peut difficilement être perçu et cru par l’homme qui n’a aucune connaissance du sens spirituel de la Parole; et en outre, il semble étrange qu’au lieu du sang du Seigneur, il soit entendu les vrais qui procèdent du Seigneur; mais toujours est-il qu’il n’est pas entendu autre chose par le sang du Seigneur dans le Ciel, et cela, par la raison que le Seigneur y est le Divin Vrai uni au Divin Bien; par suite personne n’y pense à son Sang ni à sa Chair; les Anges appellent matérielle la pensée qui concerne le sang et la chair, et une telle pensée n’existe pas chez eux; ils disent même qu’ils ne savent pas non plus que la Chair et le Sang soient nommés dans la Parole, par la raison que les choses qui sont du sens littéral de la Parole, sont changées chez eux en choses spirituelles, puisqu’eux-mêmes sont spirituels et non naturels; ainsi la Chair, lorsqu’elle se dit du Seigneur, est changée en Divin Bien, et le Sang en Divin Vrai. procédant l’un et l’autre du Seigneur: si la Chair et le Sang sont nommés dans le sens littéral de la Parole, c’est afin que les spirituels correspondants soient perçus dans le Ciel; car tous les Spirituels se terminent dans les naturels, et ont en eux leur dernier plan; aussi le Divin qui traverse les Cieux se termine-t-il dans le naturel, et y subsiste-t-il, – par comparaison comme une maison sur son fondement; – et alors il est dans son plein; de là vient que la Parole est telle dans la lettre, et que la Chair et le Sang sont nommés : mais néanmoins les Anges sont étonnés que l’homme de l’Église, qui d’après la Parole peut aussi devenir spirituel, ne se laisse pas élever au-delà du sens de la lettre, et persiste à penser au Seigneur, et à la Chair et au Sang du Seigneur, non pas spirituellement mais matériellement: toutefois, parce qu’ils s’en étaient étonnés, et qu’il leur avait été dit, que la plupart, surtout les simples, pensent spirituellement à ces choses, ils examinèrent en conséquence si quelqu’un y avait pensé spirituellement, et ils découvrirent que la plupart, et presque tous les simples, quand ils avaient participé à la Sainte Cène, n’avaient nullement pensé à la Chair ni au Sang, mais seulement à la sainteté qui leur venait alors du Seigneur, et ils perçurent que le Seigneur pourvoit continuellement à cela, afin que l’homme de l’Église soit alors dans une idée spirituelle et non dans une idée matérielle. Si la manducation matérielle a été entendue et reçue dans les doctrines, c’est parce que ceux qui les composèrent pensaient à l’Humain du Seigneur comme à l’humain d’un autre homme, et non alors en même temps au Divin dans son Humain, rejetant l’expression de Divin Humain; et ceux qui pensaient ainsi à l’Humain du Seigneur, n’ont pu que penser matériellement à sa Chair et à son Sang; il en aurait été autrement, s’ils eussent pensé au Seigneur selon la Doctrine universelle de l’Église, qui déclare que son Divin et son Humain sont une Personne unique, et sont unis l’un à l’autre comme l’âme et le corps.