Du trône ecclésiastique et de celui de l’amour et de la vérité

Extrait du Grand Évangile de Jean (Jacob Lorber) :

En version audio

Simon Juda demanda : « Seigneur, quand ces temps viendront-ils sur terre ?» Je lui dis : « Simon Juda, pour la force de ta foi, Je t’ai donné les clés du royaume de Dieu et t’ai nommé rocher sur lequel Je bâtirai Mon Église, que les portes de l’enfer ne pourront vaincre. Tu seras un nouvel Aaron et siégera sur son trône. Et tu le seras parce que, avec les autres frères, tu auras répandu Ma parole. Mais lorsqu’on saura cela chez les païens, dans une centaine d’années, on prétendra, à Rome, que c’est là que tu l’as fondé [le trône]. Et les peuples qui y auront été contraints par le feu et le glaive croiront les faux prophètes lorsqu’ils diront que tu as établi ce trône à Rome et que, premier prince de la foi, tu y régnais en Mon nom sur toute la terre, ses princes et ses peuples. Mais ce sera un trône fallacieux depuis lequel beaucoup de maux se répandront dans le vaste monde, et presque personne ne saura plus où tu avais établi le vrai trône, celui de l’amour, de la vérité, de la foi vivante et de la vie, et qui était ton vrai successeur. Quant à ce faux trône, il se maintiendra certes longtemps, bien plus de mille ans, mais il n’atteindra pas deux mille ans ! Si tu sais compter, compte ! Quand le faux trône sera vermoulu et n’aura plus aucun soutien, c’est alors que Je reviendrai avec Mon royaume. Alors, vous viendrez vous aussi avec Moi sur la terre et serez Mes témoins devant ceux en qui nous trouverons encore pure la vraie foi. Mais c’est aussi en ce temps-là qu’il faudra une grande purification, afin que les hommes Me reconnaissent et ne croient plus qu’en Moi. Mais ne dites encore à personne ce que Je vous révèle à présent en confidence. Un temps viendra ou vous pourrez le crier sur les toits. » Les autres disciples demandèrent : « Seigneur, tout cela ne peut-il être évité ? » Je dis : « Oh, bien sûr, mais pour cela, il faudrait que les hommes deviennent de simples machines ! Ne dites-vous pas aussi : « Mais pourquoi y a-t-il toujours en mer de tels vents et de si violentes tempêtes ? » Fort bien, vous dis-Je, supprimons-les, et la mer ne se soulèvera plus en vagues redoutables, et les marins pourront y naviguer en paix sans aucun danger. Mais ces eaux trop paisibles se mettront bientôt à croupir et empliront de pestilence toutes les parties de la terre, et aucune vie naturelle ne sera plus concevable, pas plus sur la terre ferme que dans la mer elle-même. Alors, il faudrait changer toute l’eau en pierre ! Mais où les créatures vivantes, plantes et animaux, trouveraient-elles leur nourriture principale et indispensable ? Pour que la mer et toutes les autres eaux demeurent ce qu’elles sont, il faut que les vents et les tempêtes continuent d’agiter la mer et d’entretenir son activité, afin que son sel de vie ne tombe pas au fond et qu’elle ne devienne pas croupissante et pestilentielle. Ce que les vents et les tempêtes sont à la mer, les combats et les épreuves spirituelles que Je permets le sont pour les hommes, qui sont tous plus ou moins contraints de les supporter sur cette terre afin de gagner de haute lutte la vraie vie. Et ce qui vaut en petit pour tout homme le temps de sa vie terrestre, vaut donc également pour des peuples entiers, pour une plus longue durée. Un petit ruisseau ne fait que peu de chemin avant de se réunir à une plus grosse rivière, qui parcourt à son tour une distance bien plus longue avant de se jeter dans un grand fleuve ; le fleuve, lui, traversera de vastes étendues de terre avant de s’unir à l’océan ; et celui-ci entoure et arrose la terre entière et la vivifie de son sel, qui, très finement dissous sous l’effet des vents et des tempêtes, emplit sous forme de vapeur toute l’atmosphère terrestre, y compris la terre ferme et toutes les créatures naturelles qui se trouvent dessus et dessous. Il est vrai que des milliers de sortes d’eaux différentes se déversent dans le grand océan, pures et impures, douces, âcres ou amères, salubres et insalubres, mais toutes ne font plus qu’une dans la mer et ont le même sel, d’où une vie organique d’une diversité sans nombre tire sa substance, qu’elle transforme selon sa nature. Or, le grand royaume des esprits a le même rapport avec les diverses circonstances de la vie des hommes sur cette terre que le grand océan avec la grande créature qu’est la Terre. Chaque homme est comme un petit ruisseau, une communauté est un ruisseau un peu plus grand, une rivière est déjà comme une nation, le fleuve est un peuple, et la mer, particulièrement sur ses rivages immenses, représente tous les peuples de la Terre, qui, en elle, se changent en un même élément ; quant au grand océan, qui en soi n’a pas de rivages, il symbolise les humains du royaume des esprits, qui, parce qu’il contient l’infini, n’est tout entier que vie et donc à l’origine de toute existence. Comme il a été dit, la vie naturelle de toute créature dépend du mouvement constant de l’océan ; plus la mer est agitée par de grandes tempêtes et de grands fleuves, plus elle favorise l’activité vitale de toutes les créatures de la terre ferme et les fait donc prospérer. Selon cette correspondance, quand les hommes deviennent tièdes, paresseux et somnolents et que leur vie n’est plus éclairée, il se produit aussitôt dans le monde des esprits de grands mouvements, qui, par leur influence, provoquent à leur tour toutes sortes de mouvements et de remous chez les hommes qui vivent encore sur cette terre. Les peuples se soulèvent les uns contre les autres, les doctrines s’affrontent, et cela dure très longtemps, tant que les hommes n’ont pas retrouvé dans leur vie la plus grande activité possible. C’est ainsi que la lumière grandit peu à peu parmi les hommes. Leur détresse évidente les rend inventifs et les contraint à une activité toujours plus grande et plus ordonnée. Grâce à cette activité, des peuples qui, jusque-là, ne savaient presque rien les uns des autres, font connaissance et, avec le temps, se rendent mutuellement service ; avec le temps, ils deviennent toujours plus éclairés et éprouvent le désir croissant d’une vérité démontrée d’une manière quasi tangible. Quand ce besoin devient si universel que les hommes ne peuvent plus se contenter de croire aveuglément l’autorité, ce qui est toujours à l’origine de la superstition ignorante et paresseuse, le moment est venu de leur donner sur la vie une grande lumière d’une clarté et d’une vérité palpables. Voyez-vous, c’est ainsi que le très grand nombre des hommes qui, comme saisis d’un profond sommeil, sont à présent sur toute la terre la proie de la paresse et des ténèbres, devront être ébranlés par de grandes tempêtes jusqu’au jour fort lointain où ils seront assez éveillés pour commencer enfin à sentir ce qui leur fait défaut ! »
(Le Seigneur : ) « Quand les hommes seront parvenus à cet état, il sera temps alors de leur donner ce qui leur manque, autrement dit, ce n’est qu’alors que Je reviendrai vers vous en ce monde, et que Je ferai en grand ce que Je ne fais à présent qu’en particulier devant quelques témoins. À présent, Je sème la graine dans le sol, et ce n’est pas la paix que J’apporte ainsi aux hommes, mais le glaive de la discorde, des grands combats et des guerres. Seul celui qui recevra Ma doctrine et y conformera sa vie trouvera en lui-même la lumière, la vérité et la paix véritable, même s’il doit aussi supporter en Mon nom bien des combats avec le monde et bien des persécutions, comme vous le ferez vous-mêmes. Mais quand Je viendrai pour la seconde fois en ce monde, alors, ce sera pour les peuples de la terre la fin de l’effervescence, des combats et des persécutions, et les hommes retrouveront à jamais leur relation originelle avec les purs esprits des cieux. Après ce que Je viens de vous dire, vous comprendrez sans peine pourquoi il sera permis, à la longue, qu’un faux trône s’établisse durablement au milieu des païens à côté de l’authentique petit trône d’Aaron sur lequel Je siège à présent, et pourquoi même les faux prophètes et ceux qui prétendront enseigner en Mon nom pourront venir. Mais vous et votre vraie postérité, n’écoutez pas quand vous entendrez ces bouches fallacieuses prétendre que Christ est ici ou qu’il est là. Car Je n’aurai plus jamais Ma demeure dans un temple bâti de main d’homme, mais seulement dans l’esprit et la vérité de ceux qui Me chercheront, Me prieront, croiront en Moi seul et M’aimeront pardessus tout ; leur cœur sera Mon vrai temple où Je serai toujours pour leur parler, les instruire et les guider. Souvenez-vous-en tout spécialement, afin de ne pas être en colère quand tout cela arrivera, et songez que Je vous l’aurai annoncé et vous en aurai dit la cause ! » Simon Juda reprit : « Seigneur, nous reconnaissons bien là Ton ordonnance, qui, en dehors du parfait libre arbitre des hommes de cette terre, ne peut prendre d’autre direction que celle que Tu viens de nous décrire, comme Tu l’avais déjà fait à plusieurs reprises, pas aussi clairement, il est vrai ; mais pour l’humanité en général, cela ne promet assurément pas grand-chose ! Mais enfin, puisqu’il faut qu’il en soit ainsi pour que cette terre finisse par devenir une vraie école de vie pour Tes enfants, qu’il en soit comme le veut Ta sagesse ! Quant à nous, nous mettrons tout en œuvre pour semer en grand nombre la graine de la parole de vie dans le sol des cœurs humains, afin que les grands combats entre la lumière et les ténèbres viennent au plus tôt parmi les hommes. Que s’ouvrent toutes les tombes, afin que Ton évangile soit prêché même aux morts, et que la mer rende à la grande lumière les morts qu’elle a engloutis ! Je ne veux pas dire par là les cadavres et leur chair depuis longtemps pourrie, mais les âmes ; à elles aussi. Ta parole doit être annoncée en esprit. » Je dis : « Tu as bien parlé. En vérité, ce qui arrive maintenant ici-bas dans le monde matériel ne doit pas être refusé au monde des esprits, qui est encore bien misérable. Cependant, il y a beaucoup d’hommes dont le corps est vivant, mais qui sont enfouis dans les tombeaux des ténèbres de la vie, tout au fond du grand océan de l’illusion ; vous leur prêcherez l’Évangile, et, là encore, beaucoup quitteront leur tombeau pour aller vers la lumière de vie, et cette mer aussi rendra ses captifs. Quand cela arrivera pour le plus grand nombre, alors commencera à poindre pour tous les habitants de cette terre le grand jour de la rédemption universelle. Mais c’est un long et dur travail, et il y a encore bien peu de bons ouvriers ; aussi, travaillez également et avant tout à accroître votre nombre. Chacun des ouvriers de Ma vigne de vie recevra le salaire correspondant à son ardeur et à son zèle. Il est vrai que ce salaire sera toujours bien maigre pour votre corps tel qu’il était jusqu’ici, mais il sera d’autant plus grand pour votre âme et votre esprit. Car les biens terrestres ne sont qu’apparence ; à un cheveu près, ils sont pareils à ceux que bien des hommes possèdent en rêve. La seule petite différence est que la possession en rêve trompe l’âme un peu moins longtemps que celle des biens extérieurs du monde matériel. Mais toutes deux sont périssables, et, après leur disparition, tout cela n’est plus qu’illusion quand s’ouvrent les yeux de l’esprit vivant, qui seul sera véritablement en mesure de donner une réalité à toutes les apparences. Aussi, que chacun n’aspire avant tout qu’aux biens spirituels, qui sont la lumière, la vérité et la vie de l’âme ! Tout ce dont le corps a besoin, chaque ouvrier fidèle de Ma vigne le recevra de toute façon sur cette terre en juste quantité et comme allant de soi ; car nul ne sait mieux que Moi, assurément, de quoi l’être humain a besoin pour son corps. – M’avez-vous tous bien compris maintenant ? »